Lune Rouge

Star Wars : édition, très spéciale

Darth Sionac'h et Gabrielle Zimmermann

 

 

Il y a quelques jours, à deux pas d'ici...

Le Blockade Runner, corvette coréllienne de série, était poursuivi par un destroyer impérial, une sorte de gros triangle surélevé d'une tourelle transversale, qui ne cessait de lui tirer dessus, sans pour autant parvenir à l'atteindre. Il faut dire que la précision des canonniers était plus qu'approximative en fin de journée, lorsqu'ils avaient bu leurs six litres quotidiens de bière.

Dans la corvette, l'équipage était terrorisé et, malgré les conseils rassurants des officiers, soldats et droïds couraient dans tous les sens en s'entrechoquant, augmentant encore la panique générale.

- Qu'est ce que c'est que ce bordel ? hurla un droïd doré à l'attention de l'espèce de cocotte minute qui traînait dans ses pattes tout en sifflant sans discontinuer.

- J'vois bien qu'on est arraisonné par un vaisseau de l'Empire, espèce de poubelle atomique ! C'est pas la peine pour autant de faire tous ces bips. C'est agaçant, et de toute façon, personne ne te comprend.

Des couloirs de l'engin sortaient les derniers soldats rebelles en pyjama rayé, que tout ce raffut avait réveillés au beau milieu de leur sommeil. Soudain une porte explosa dans un nuage de fumée et des soldats, entièrement revêtus d'une armure rose finement ciselée, surgirent en toussant. Derrière eux un être gigantesque, armé d'un fouet et vêtu d'une combinaison moulante en cuir noire, apparût. Son visage était masqué par une cagoule en cuir également. Il souffrait manifestement de problèmes pulmonaires car sa respiration était douloureuse et il ne cessait de cracher.

- Esclaves, éliminez-moi ces insoumis.

Les gardes roses s'exécutèrent et firent feu sur tout ce qui bougeait, tuant au passage quelques-uns de leurs camarades. Lorsqu'il n'en resta plus qu'un, l'homme en noir écarta ses soldats pour s'en occuper lui-même. D'un coup de fouet, il amena à lui le rebelle en pyjama qui était probablement un officier. C'est du moins ce qu'il en conclut, en voyant les deux pompons ornant ses pantoufles fourrées.

- Rampe à mes pieds, misérable larve, dit-il en s'adressant à lui.

- Oui, ô, grand maître.

- Où sont les plans de mes jouets collectors que les tiens m'ont dérobés ?

- Je ne vois pas de quoi vous voulez parler, Mon Seigneur.

- Alors tu ne m'es d'aucune utilité.

D'un violent coup de talon, il écrasa le crâne du malheureux dont la cervelle tâchait maintenant les tapis feutrés du vaisseau.

- Trouvez-moi ses compagnons, lança-t-il à ses hommes.

Quelques minutes plus tard, deux soldats revinrent, encadrant une jeune femme fort dévêtue. C'était la princesse Léïa, elle était connue pour être la femme la plus vulgaire de la galaxie et cette réputation lui collait aussi bien que le maquillage outrageusement provoquant de son visage. A tel point que certains la prenaient parfois pour une de ces danseuses exotiques que l'on s'attend à voir sortir d'un gâteau d'anniversaire.

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- Seigneur Vador ?

- Rends-moi les plans que tu m'as volés, chienne impure, ou je te ferai subir les pires humiliations.

- Seigneur Vador, vous pouvez me fouetter autant que vous le voulez, je ne parlerai jamais.

- C'est ce qu'on verra, Princesse Léia. Gardes ! Emmenez-la et mettez-la de corvée de vaisselle et de repassage. Après avoir repassé les combinaisons de la flotte entière, elle aura peut-être changé d'avis.

Dans les couloirs du vaisseau, les deux droïds maladroits essayaient de se cacher.

- Dégage de là, D2R2, avec tes conneries, on va en prendre pour cinquante ans en tant que machine outil aux usines Peugeot Space.

- Bidibidibidibidi !

- Je t'ai déjà dit que tu avais échoué au casting de Buck Rogers et que ce n'était pas la peine d'insister.

- Beep, Beep !

- N'en profite pas non plus pour jouer au roadrunner. Il est hors de question que je fasse le coyote. C'est chaque fois pareil, je finis dans un gouffre. Quoi ? De toute façon, je n'irai pas par là.

Le dôme coloré de D2 se mit à tourner sur lui-même à toute vitesse, pendant que tous ses voyants s'allumaient.

- Bon, c'est d'accord, si tu me fais une comédie. Mais c'est la dernière fois.

Les deux compères embarquèrent à bord d'un engin de survie. Sans doute était-ce là une fausse manœuvre du petit droïd, vu son intelligence limitée, car ce départ précipité provoqua l'autodestruction de la corvette. Heureusement pour eux, Vador et Léïa n'étaient plus à bord. Ce qui n'était pas le cas de la plupart des gardes qui avaient mené l'assaut. N'étant pas à l'abri d'une brutale décompression dans leur combinaison rose, leurs corps explosèrent en même temps que le vaisseau coréllien.

- Des avaries ? demanda Vador à un de ses officiers depuis la passerelle de commandement de son croiseur.

Immédiatement, l'officier se mit à tout détruire frénétiquement autour de lui.

- Mais non, crétin ! C'était une question. Y a-t-il des avaries ? dit Vador en prenant soin d'articuler.

- Autant pour moi, Seigneur Vador.

- Votre cas ne m'intéresse pas, reprit Vador sèchement.

- Eh bien, à part la perte négligeable d'une centaine de nos hommes, seul le vaisseau ennemi a été complètement détruit, lorsque cette capsule de survie s'est détachée.

- Et vous ne l'avez pas rattrapée ? hurla Vador.

- Il n'y avait pas d'êtres vivants à bord.

- Sombre andouille, c'est là que la Princesse Léïa a caché les plans. Vous n'avez pas lu le script, ou quoi ? Envoyez une équipe à sa recherche.

- Mais la Princesse Léïa est déjà dans le vaisseau, Seigneur Vador.

- Pas elle, abruti ! La capsule de survie ! Je suis vraiment entouré d'incapables.

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D2R2 et Z6-PO avaient atterri au milieu de nulle part et après maintes engueulades, avaient décidé de faire route séparément. Cela ne les avait pas servi pour autant, puisque tous les deux se retrouvaient maintenant prisonniers d'une tribu Jawa, un peuple récupérant les épaves dans le désert et qui, après les avoir sommairement remises en état, les revendait à des fermiers.

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- Tu as vu D2 ?

- Quoi donc ?

- Qu'est-ce que ça veut dire ? Tu peux parler maintenant ?

- Oups, pardon ! Bidibip, pouet, pouet !

- Ah ! Je préfère cela ! Regarde un peu, tous ces Jawas ont des capes en vinyle. Il y en a même qui poussent le vice à rester dans leur blister. J'en connais un paquet qui feraient n'importe quoi pour les avoir... Qu'est-ce qu'on va faire de nous ?

Comme pour lui donner la réponse, la porte de la pièce dans laquelle ils étaient enfermés s'ouvrit. Un Jawa entra et, les menaçant de son arme, les invita à le suivre.

A l'extérieur, la tribu entière s'activait. La lourde passerelle de leur engin s'abaissa pour permettre aux droïds d'en descendre. L'horrible grincement qu'elle produisit fit se dresser sur la tête les poils du troupeau de Banthas qui passait par là, les rendant encore plus ridicules qu'à l'accoutumée. C'est alors que la chaîne retenant la passerelle du véhicule céda, sans que les deux Jawas qui se trouvaient en dessous n'aient le temps de bouger. Ecrasés par l'imposante masse métallique, le sang de leurs corps malingres contribua à repeindre la carcasse de l'engin.

- ça vous apprendra à récupérer et refourguer de la merde ! leur lança le vieillard bougonnant qui venait vers eux.

- Luke ! Luke !

Le jeune garçon qui le suivait, à la coiffure aussi ridicule que son accoutrement, se retourna soudain et se pencha au dessus de l'oubliette du fond de laquelle provenait la voix qui l'appelait.

- Qu'y a-t-il, Tante Verrue ?

Jetée au fond de ce puits depuis qu'elle avait attrapé la lèpre, suite à une malédiction, la Tante Verrue cachait son visage atrocement mutilé derrière un masque. Autrefois grande cantatrice d'un Opéra spatial, sa carrière avait été brisée par la maladie. Son corps inerte était condamné à errer dans un monde inconnu tant qu'elle ne trouverait pas le royaume d'Hadès. En attendant, elle passait son temps à tenter de retrouver sa voix en chantant les airs qui l'avaient rendue à une époque si célèbre. Elle ne parvenait plus cependant qu'à émettre des sons rauques, depuis qu'une exposition trop forte de rayons gamma l'avait fait muer. La saisissante métamorphose qui s'était opérée en elle, lui avait fait perdre toute sa pilosité et cet événement avait été si soudain qu'il avait marqué les esprits. Un journaliste peu scrupuleux en avait d'ailleurs tiré une pièce de théâtre, " La Cantatrice Chauve ", relatant ces faits. Il essayait en vain depuis des années de mettre la main sur la malheureuse qui avait fini par échouer au fond de cette oubliette. Elle y était restée quelques années durant avec sa fille à qui elle avait refilé sa maladie. Mais celle-ci, plus chanceuse, s'était mystérieusement rétablie le jour où le grand Moff du coin avait crû bon de crucifier un pseudo Jedi, soi-disant envoyé par son père, le jour d'une course de speeder... Mais il s'agit là d'une autre histoire, bien trop abracadabrante du reste pour être relatée ici.

- Dis à ton abruti d'oncle Owen de ne pas oublier ma pommade contre les hémorroïdes.

- J'y penserai, Tante Verrue. Mais tu sais, ils ne vendent que des droïds, dit Luke en se retournant vers son oncle.

De son côté, Owen avait choisi les droïds dont il avait besoin. Il ne lui restait plus qu'à régler les quelques formalités d'usage.

- Bon, alors la garantie, je l'ai. Ah oui ! J'oubliais. C'est comme la fois dernière ? Si dans les 48 secondes, je trouve moins cher, tu me rembourses le triple ?

Le Jawa acquiesça de la tête. Se retournant vers Luke, Owen reprit.

- Bon, Luke, KOF, KOF, KOF !

- Dis, tonton, pourquoi tu tousses ?

- Laisse tomber, gamin. Tu t'occupes de ces droïds. Je les veux comme neuf dans deux heures.

- Mais, Oncle Owen. Je devais enterrer la vie de garçon de mon copain Biggs.

- Ouais, bah, pour commencer, c'est un big big boy in a big big world. Alors si tu ne fais pas ce que je dis, c'est moi qui vais t'enterrer avec ta tante.

- Ouiiiin ! J'veux pas aller avec Tante Verrue, dis Luke en s'ébouriffant la tête.

Etant resté très jeune d'esprit, c'était pour lui une façon d'exprimer son mécontentement. Il partit, suivi de près par 6PO et D2R2.

A bord de l'Etoile Noire, la Princesse Léïa était suspendue par les bras, quasi-nue, au plafond de sa cellule.

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Vador, dans une nouvelle tenue noire en cuir clouté, entra pour procéder à son interrogatoire, escorté d'un droïd en forme de tube cathodique. Le sombre Seigneur appuya sur une touche de l'engin et immédiatement apparut l'image d'un bouffon jaune hurlant des " Bip-Bip " à la foule qui assistait à ses délires. Contrairement aux apparences, eux étaient consentants. Il faut dire qu'ils avaient préalablement subi une lobotomie partielle qui leur avait ôté toute faculté de jugement. Ce n'était pas encore le cas de la Princesse qui disposait toujours d'une partie de sa conscience et qui allait devoir supporter ce pitoyable spectacle pendant des heures.

- Maintenant, Princesse Léia, je suis sûr que vous allez me dire où sont les plans de mes jouets que vous avez volés, lui dit Vador tout en se raclant la gorge pour extraire le glaviot qui se trouvait au fond.

Le droïd s'approcha plus près encore du visage de la Princesse qui tournait la tête pour éviter de devenir aussi débile que ces pauvres spectateurs. Sa tentative d'échapper à ce contrôle mental était vaine, car le petit engin déploya des appendices pour maintenir ses paupières ouvertes pendant toute la durée de l'émission.

Pendant que Z6PO barbotait dans son jacuzzi d'huile bouillante, Luke jouait avec une maquette qu'il avait montée lui-même. Comme il était un piètre modéliste, il avait choisi un modèle en snap, qui lui avait nécessité tout de même près de dix heures pour le montage, malgré le faible nombre de pièces.

- Quel plaisir, Messire Luke, après toutes les batailles auxquelles nous avons participé, cela réconforte d'avoir un chez soi.

- Vous avez vu des batailles ? demanda Luke, qui, soudain intéressé par ces propos, avait délaissé son jouet pour tenter d'enlever tout le tartre des mâchoires de la bouche de D2.

- Quel péquenot, ce Messire Luke ! s'écria 6PO. Evidemment, nous ne sommes pas tombés ici par hasard ! Mais au fait, où sommes-nous ?

- Attends un peu... Je n'ai pas d'atlas galactique, mais Oncle Owen m'a offert une chaîne sur laquelle il a fait graver mon nom et mon adresse. Je me suis déjà perdu plusieurs fois, mais j'étais heureusement tombé sur des gentils hommes des sables qui m'ont ramené. Oncle Owen n'était pas content, car il a dû leur donner 20 000 crédits lorsqu'ils m'ont rendu à lui. Alors... C'est écrit : Vous êtes... Ici !

- Tiens, je ne connaissais pas l'existence de cette planète.

- Laquelle ? demanda Luke, qui ne comprenait décidément rien à rien.

- Celle dont vous venez de parler, Messire Luke.

- Oui, oui ! Je le cire ton D2. Mais on dirait qu'il a quelque chose de coincé là.

Alors qu'il astiquait le dôme arrondi de D2, celui-ci se mit soudain à grandir sous l'effet de cette caresse et cracha brusquement un flot d'images au milieu de la pièce. La princesse Léïa apparut en hologramme. Après s'être remaquillée, elle commença à énoncer un message. Malheureusement, celui-ci était incomplet. Luke n'aurait de toute façon pas eu l'intelligence suffisante pour le comprendre.

- Tu as vu, dit-il en s'adressant à 6PO, elle a parlé d'un certain Obi-Wan Kenobi. Je connais bien une association portant ce nom, mais ça m'étonnerait qu'il s'agisse de la même chose. Dis à ton copain de repasser tout le message.

D2 émit une série de bips.

- Je suis désolé, messire Luke, mais il prétend qu'il vous faut continuer de l'astiquer de la sorte pour qu'il crache la suite du message.

Au loin, une voix se fit entendre.

- Luke ! Luke ! A table !

- Bon, faut que j'aille manger le ragoût infect de Tante Verrue. J'en ai pour quelques heures, car Oncle Owen ne me laisse pas sortir de table tant que je n'ai pas fini. Vois si tu peux faire quelque chose pour le message.

- Je n'y manquerai pas, Messire Luke.

Luke quitta les deux droïds pour aller retrouver son oncle qui dînait déjà en compagnie de sa femme qu'il avait, pour une fois, remontée de son oubliette. Luke, à qui elle faisait peur, vint s'asseoir à côté d'elle pour ne pas avoir à la regarder en face. Il tournait la tête dans la direction opposée et se cachait le visage dans les mains pour être sûr de ne pas la voir.

- Tu sais, Oncle Owen, dit-il, je pense que ces droïds pourront me remplacer facilement lorsque je partirai à l'académie.

- Non, répondit simplement Owen.

- Pourquoi ?

- D'abord, parce que j'ai encore besoin de toi, et ensuite parce que t'es trop con pour aller à l'académie.

- Mais, Oncle Owen...

- Il n'y a pas de : " Mais Oncle Owen ". Et si tu veux aller à l'académie, tu dois déjà apprendre à dormir sans ton Rancor en peluche.

- C'est pas vrai, je dors même plus avec.

- Ah, oui ? Alors pourquoi il était encore sur ton lit, ce matin ?

- C'était pour garder la chambre.

- Quand je t'entends, je me dis que suis franchement heureux que ta connasse de Tante ait préféré bouffer ses gosses plutôt que de les garder.

- Oncle Owen. Il y a un des droïds qui m'a montré un message où on parlait de Obi-Wan Kenobi. Tu crois que c'est le vieux Ben ?

- Ce vieux schnock ? La dernière fois que j'en ai entendu parler, il était à l'hôpital après avoir fait une overdose de Viagra. A l'heure qu'il est...

- Huit heures trente, le coupa Luke, tout fier.

- Il doit être mort, poursuivit Owen sans même prêter attention aux propos de Luke, tant il était habitué à ses jeux idiots. Ce serait pas une grosse perte d'ailleurs puisque cet enfoiré t'as enlevé à ton père pour te placer chez nous lorsqu'il a entamé sa cure de désintoxication.

- Il connaissait mon père ?

- Oublie ça, veux-tu. Demain, tu partiras à l'aube pour m'amener ces droïds à la casse. J'en ai marre qu'on se mêle de mes affaires.

Désappointé, Luke prit une décision qui allait changer le cours de son existence : il se leva de table sans demander l'autorisation et partit sans avaler une miette de la mixture que la Tante Verrue avait préparée.

- Allons, Owen, dit celle-ci. Laisse-le un peu tranquille. Luke n'a rien d'un fermier. Il ressemble bien trop à son père.

- Si c'est pour me sortir des remarques aussi connes, tu ferais mieux de la boucler ! Tu sais où il a fini son père ? A force de pratiquer des séances de SM, il s'est foutu en l'air la santé. Luke est peut-être le dernier des crétins, mais on nous a promis un sacré pactole pour le garder en bonne santé.

Dans sa salle de jeux obscurcie par la nuit, Luke alluma la lumière tout de suite en entrant.

- Je te préviens méchant Rancor, que j'ai pas peur de toi.

Il prononçait cette phrase chaque fois qu'il pénétrait dans une pièce mal éclairée. Il avait été traumatisé dans son enfance par la vision de la Tante Verrue qui, détestant la lumière, penchait son visage défiguré au-dessus de son berceau plongé dans la pénombre. Il avait depuis trouvé cette méthode pour bannir la peur du noir qui était en lui.

- Non, Messire Luke, dit 6PO en se relevant. Ne me faites rien.

Luke, qui avait déjà oublié la présence des droïds, fit un bond en arrière et se cogna contre son coffre à jouets qui laissa échapper toutes ses peluches. Il se mit à les ranger frénétiquement, de crainte que 6PO ne se rende compte qu'il dormait avec.

- Que se passe-t-il ?

- Il s'agit de D2, Messire Luke. Il s'est échappé pour retrouver cet Obi-Wan Kenobi. J'ai peur qu'il ne soit victime du terrible Steve Sansweet, un serial-collectionneur qui sévit dans la région. Ils en ont parlé aux infos.

- De toute façon, Oncle Owen a branché le champ de force pour ce soir, et il ne m'a pas donné la permission de minuit. On ira le chercher demain.

Le lendemain matin, Luke partit très tôt à la recherche du petit droïd en compagnie de Z6PO. Pour ne pas éveiller l'attention de son oncle, il emprunta la route numéro 7, un chemin secret situé en dessous de la maison.

- Métamorphose ! cria-t-il au moment d'attacher sa ceinture de sécurité. Landspeeder, GO !

L'engin partit d'un coup et dévala la rampe sur laquelle il se trouvait, avant de traverser une série de tunnels qui s'achevait par une cascade qu'ils franchirent.

- Avec toute cette eau, je ne vais pas tarder à rouiller, s'exclama 6PO.

- Aucun risque, la planète est tellement aride, que la source est à sec.

En plein milieu du désert, ils tombèrent sur un étrange personnage à l'accoutrement bizarre, qui leur fit signe de s'arrêter.

- S'il te plaît, dessine-moi un mouton, dit-il à Luke.

- Ecoute, je voudrais bien, mais non seulement je ne sais pas dessiner, mais en plus, je serais bien incapable de savoir ce qu'est un mouton.

Il reprirent aussitôt leur route, et quelques instants plus tard, parvinrent à un canyon où ils virent D2R2 qui tentait de fuir à toutes roulettes en les voyant.

- Eh là, Eh là ! dit Luke. On veut partir, il se plaît pas le gentil droïd, chez tonton Luke.

D2 gazouilla.

- Qu'est-ce qu'il dit ? J'ai oublié mon lexique humain/droïd.

- Il dit que ce n'est pas la peine de le prendre pour un abruti, il y a déjà suffisamment à faire avec vous.

Luke s'ébouriffa les cheveux. Ce qui était devenu chez lui un automatisme, chaque fois qu'il ressentait une offense ou un choc émotionnel, avait au moins le mérite de remettre un peu d'ordre dans sa chevelure dont la coupe était à l'avant-dernière mode.

- D2 ajoute qu'on ferait mieux de se barrer, parce qu'il y a toutes les chances que les hommes des sables nous tombent dessus.

- Comment peut-il en être sûr ?

- Probablement parce qu'il y en a deux derrière vous, Messire Luke.

Le jeune homme se retourna et se retrouva face à face avec l'un d'eux brandissant une arme et éructant quelque injure obscène.

- Qu'est-ce que vous dites ? lui demanda Luke.

Otant son masque, l'homme des sables tenta d'articuler pour mieux se faire comprendre. Mais il avait oublié que ce masque protégeait du soleil sa peau sensible. Celle-ci se mit alors à fondre et il poussa des cris encore plus effrayants.

- Ah, c'est malin, dit Luke. Maintenant, je ne saurai jamais ce qu'il voulait.

Malheureusement, le deuxième pillard du désert fit preuve de plus d'intelligence que son acolyte - ce qui n'était pas bien difficile. Il asséna un coup terrible sur la tête de Luke qui sombra dans l'inconscience, puis lui attacha les mains pendant que ses congénères fouillaient le speeder à la recherche d'objets qu'ils pourraient revendre. Ils commençaient à s'énerver, car après avoir vidé tous les compartiments à bagages, ils n'avaient trouvé que les peluches dont Luke ne se séparait jamais. Ils cessèrent leurs investigations lorsqu'une sorte de hurlement les effraya.

Debout, sur un rocher surplombant le canyon où ils se trouvaient, une silhouette inquiétante, vêtue d'un manteau sombre à capuche et tenant dans une main une immense faux, semblait les observer.

Celui que les hommes des sables avaient, à tort, pris pour un spectre, descendit de son belvédère en boitant et en s'appuyant sur sa faux.

- Saloperie de saloperie, c'est plus de mon âge ces conneries !

- Puis-je vous être d'une quelconque utilité ? demanda 6PO, qui, alerté par ce raffut, venait à sa rencontre.

- J'en doute. A moins que tu n'aies quelques compétences médicales. Je viens de m'enfoncer la lame de ma faux dans le pied. Encore une chance qu'il s'agissait de ma jambe de bois. Ça fait tout de même mal rien que d'y penser.

Luke, qui était à ses pieds, revenait progressivement à lui.

- J'veux mon Rancor en peluche ! hurla-t-il entre deux sanglots.

- Courage mon garçon ! Les hommes des sables l'ont emporté, mais tu en trouveras un autre.

- Non ! C'est celui-là que je veux et pas un autre.

- Allons, allons. Arrête cette comédie. Il vaut mieux quitter les lieux avant que les hommes des sables ne reviennent. Viens, mon garçon. Je t'offrirai des bonbons chez moi.

- Oncle Owen m'a interdit d'accepter quoique ce soit des étrangers et puis, qui êtes-vous d'abord ?

- Tu ne me reconnais pas ? Pourtant tu m'as eu sur le dos pendant quelques années. Je suis Obi-Wan Kenobi.

- ça alors ! ça tombe bien, c'est justement vous que je cherchais. Mais qu'est-ce que vous êtes vieux !

- C'est pour cela qu'il vaudrait mieux se dépêcher, avant que je passe l'arme à gauche.

Quelques instant plus tard, Luke, 6PO et D2R2 se retrouvaient sirotant un verre d'orangeade chez le vieil homme.

- Alors, mon garçon, pourquoi voulais-tu me voir ?

- Bah, c'est à cause de ce droïd, il a un message à vous délivrer. Mais mieux vaut attendre qu'il ait fini son verre, car il est assez capricieux.

 

Slurp, slurp, slurp !

- D2 ! gronda 6PO, tu sais bien que c'est impoli de faire du bruit avec sa paille.

- Bidi, beep.

- Délivre tout de suite le message à maître Luke.

Se positionnant au milieu de la pièce, le projecteur holographique de D2 se mit en marche et l'image de la princesse Léïa, dans son habituelle tenue très légère, apparue au centre de la pièce. Très mauvaise actrice, elle déchiffrait son texte avec peine, butant tous les deux mots :

 

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" Général Kenobi, vous avez jadis fait de belles conneries. Ne serait-il pas temps pour vous de quitter votre retraite, rempiler et réparer tout cela ? Je vous attendrai sur Alderaan. Evitez les gaffes ce coup-ci. Amenez à bon port ce droïd. Les informations qu'il contient sont vitales pour l'Alliance. Au secours Général Kenobi, vous êtes hélas notre seul espoir. "

L'image s'estompa. Le silence dans la pièce était pesant. Luke ne savait trop quoi penser du vieillard qui était gêné de voir ses erreurs étalées au grand jour devant le gamin. Obi-Wan tenta de rétablir la situation à son avantage.

- Il va falloir m'accompagner sur Alderaan, si tu veux te la faire !

- Quoi, Alderaan ! Mais, je sais même pas où c'est !

- Luke, je suis trop vieux pour me faire une poulette comme celle-ci. J'ai des problèmes de prostate : toutes les nuits je dois me lever plusieurs fois pour aller pisser et comme je suis un peu lent quand je marche, j'ai bien souvent fini avant même d'être arrivé aux chiottes.

- Mais Oncle Owen a besoin de moi.

- Luke, tu dois apprendre à maîtriser la Force pour m'aider.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda naïvement Luke.

- En fait, il vaut mieux que tu me suives sur Alderaan sans réfléchir. J'ai déjà tenté d'expliquer tout cela à ton père, mais il a tout compris de travers.

- Vous connaissiez mon père ?

- Hélas oui. Autrefois, il était un Chevalier Jedi.

- Meuh l'autre, hé ! Même pas vrai ! C'était un connard de première, m'a dit Oncle Owen.

- Oui aussi. Mais, j'y pense, il m'a laissé un petit cadeau pour toi, dit Ben en ouvrant une malle contenant un paquet entouré d'un énorme ruban rouge.

- Ouais, génial, s'exclama Luke impatient à l'idée de déballer ce présent inattendu.

Il arracha fébrilement le papier cadeau et enleva le couvercle de la boîte sans prendre la peine de décoller avec soin les scotchs collectors du précieux paquet.

- Qu'est-ce que c'est ?

- Un sabre-laser, répondit solennellement le vieillard. Luke, à personne tu ne peux te fier. Pas même aux hommes, pas même aux femmes, pas même aux bêtes. A ça, tu peux te fier, poursuivit-il en empoignant le manche pour le tendre à Luke qui s'en empara fermement, décidé à ne pas se laisser voler son nouveau jouet.

- Comment ça marche ?

- Et bien, tu appuies là et...

Bzzz ! Le sabre émis quelques éclairs bleus avant de s'allumer. Malheureusement, les piles d'origine, depuis le temps qu'elles étaient dans la boîte, s'étaient complètement déchargées et la lame s'éteignit.

- C'est nul, ça marche même pas.

- Attends, je vais te montrer, lui dit Ben se croyant plus habile.

Secouant le manche pour vérifier si le problème venait des batteries ou de l'arme elle-même, il redonna quelques sursauts à l'engin. Du coup, la lame taillada les murs, créant ainsi de nouvelles aérations.

- Attends un peu, je vais le brancher sur le secteur, dit Ben en prenant une rallonge électrique.

Immédiatement, la lame se mit à illuminer la pièce qui baigna dans une lumière électrique bleue. Ben, qui tenait à faire une démonstration de ses talents d'escrimeur, avait oublié que l'arme ainsi branchée devenait peu pratique. Il ne tarda pas à se retrouver emmêlé dans les fils.

- Luke. Tu pourrais m'aider ? Je suis coincé.

- D'accord. Mais vous arrêtez de vous agiter avec mon sabre ; j'ai pas envie d'être coupé en deux.

Comme pour anticiper les propos du jeune homme, le sabre s'éteignit au même moment. Obi-Wan avait juste oublié que son compteur électrique n'était pas capable d'encaisser une telle énergie et les plombs avaient sauté. La pièce n'était plus éclairée que par les minces raies de lumière provenant des fentes créées un instant plus tôt par le sabre laser. Luke parvint non sans mal à libérer Ben dans la pénombre.

6PO qui se souvenait de la peur de Luke lorsqu'il était dans le noir avait intelligemment allumé les lampes de ses yeux dès l'extinction des lumières.

- Bon, je crois qu'il serait temps de quitter cet endroit, déclara Ben.

Ils partirent ensemble à bord du speeder, vers le port de Mos Esley où Luke s'était engagé à déposer le vieux Ben.

En chemin, ils tombèrent nez à nez avec l'engin de la tribu Jawa qui leur avait vendu 6PO et D2R2. Il venait de brûler. Heureusement, l'escouade tatouiniaise de pompiers était intervenue. Le sol était jonché de cadavres de Jawas. Luke et Ben s'approchèrent de l'un deux qui, agonisant, eut toutefois le temps de délivrer à Luke un message avant de mourir dans ses bras.

- Il y a un autre... uh-uh-uh, un autre... sand...craw...ler.

- Qu'est-ce qu'il a voulu dire, Ben ? demanda Luke en jetant violemment à terre sa dépouille encore chaude, d'un geste de dégoût.

- Aucune idée.

- Pourquoi les hommes des sables s'en sont-ils pris à cette tribu Jawa ? Ils n'ont peut-être pas voulu leur racheter mes peluches ?

- Non, Luke. Ça n'est pas du boulot d'hommes des sables. Ils auraient tout salopé. En plus, les traces sont parallèles, or les hommes des sables marchent toujours en dansant la macarena pour cacher leur nombre. Et tu vois, ce tas de canettes de brandy corellien vides ? Non ! Tout ça, c'est le travail des troupes de choc de l'Empire.

- Mais pourquoi massacrer des Jawas ? Heu... J'veux dire à part pour déconner... Et pourquoi en tuer autant à la fois ? Ils sont comestibles, mais ça donne des gaz.

Luke regardait dépité le triste spectacle autour de lui. Une montagne de Jawas jonchait le sol. Z6PO et D2R2 avaient commencé à en faire cuire quelques-uns pour ne pas laisser perdre toute cette viande. La vue des droïds fit tilt dans l'esprit du jeune homme, qui pour la première fois de sa vie, fit preuve de déduction.

- Mince alors ! S'ils ont retrouvé les Jawas, ça veut dire qu'ils sont sur la trace de ces deux tas de boulons. Et s'ils sont sortis après l'échangeur d'Anchorhead, sans s'arrêter par la case départ, ni prendre les 20 000 crédits, ça veut dire qu'il étaient vraiment pressés. Et là... Ils ont dû tomber directement sur la maison...

Luke se précipita sur son speeder et fit un bond pour sauter dedans. Ayant mal calculé son coup, il s'étala lamentablement par terre et finit par ouvrir la portière pour prendre place.

- Attends, Luke ! S'ils te chopent, ils vont te transformer en Krispröls grillés.

- J'm'en fous ! Mon Oncle me doit du pognon.

Luke roula aussi vite que possible, tout en respectant la signalisation et les feux tricolores, comme on le lui avait appris. Il avait déjà suffisamment de soucis comme cela sans se faire en plus retirer son permis. Quelques minutes après, il arriva à la ferme de l'Oncle Owen et de la Tante Verrue.

Trop tard ! Un promoteur peu scrupuleux, qui convoitait la ferme des Lars depuis longtemps, était passé par là. Il avait déjà installé l'enseigne de son restaurant qui proposait des grillades bon marché aux voyageurs égarés.

- Une p'tite brochette, l'ami ? demanda-t-il à Luke et lui tendant un morceau. La viande n'est pas très tendre, ni de bonne qualité, mais c'est tout de même à point.

Luke était horrifié, non pas de voir feux, ses oncle et tante, en train de cuire empalés sur un tournebroche, mais par les pustules de la Tante Verrue qui s'écoulaient dans un récipient placé sous eux. Le gérant du restaurant récupérait le liquide pour en faire une sauce dont il aspergeait régulièrement les corps pour en relever la saveur. Luke se mit soudain à pleurer.

- Qu'est-ce qui ne va pas, mon garçon ?

- C'est juste que mon Oncle Owen avait caché mes peluches quelque part, et que maintenant je ne saurai jamais où elles sont. En plus, il me devait mon argent de poche du mois.

- Allons, ce n'est rien. Tiens, dit le restaurateur en tendant un pot. Prends ça, c'est du pâté de tonton. C'est délicieux. Je te l'offre de bon cœur.

- Merci, dit Luke poliment en ouvrant la boîte pour déguster ce mets.

 

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- Luke ? Crrr ! Luke ? Crrr !

- Ah, je crois qu'on veut te parler.

- Oncle Owen, tu m'entends ? dit Luke au contenu de la boîte.

- Non, je crois qu'il s'agit plutôt de la radio dans ton speeder.

Le jeune homme se précipita dans son engin et attrapa le micro.

- Aigle Noir, à base Alpha !

 

- Pardon ?

- Non, je plaisantais, Ben ! Qu'est-ce qu'il se passe ?

 

- J'ai chopé une dysenterie terrible à cause des Jawas que ces foutus droïds m'ont faits bouffer. Alors il serait temps que tu rentres pour qu'on aille à Mos Esley. Là, je trouverai des chiottes.

- J'arrive ! De toute façon il n'y a plus rien qui me retienne ici.

Luke retournait désespéré vers Ben : le contenu de la boîte qu'il avait ingurgité lui laissait un goût amer dans la bouche. Il s'arrêta donc en chemin à une station service pour y acheter un paquet de Clorets, histoire de masquer l'haleine putride que lui avait donné le pâté de tonton.

Quelques minutes plus tard, il retrouvait Ben assis au milieu du tas de Jawas en décomposition.

- Cette odeur est vraiment immonde, Ben. Comment peux-tu supporter cela ?

- Oh, tu sais, les pets, c'est comme les gosses, on ne supporte que les siens.

- Bon, je vais vous accompagner sur Alderaan et devenir plombier par intérim, comme mon père.

- Euh, tu veux dire Jedi.

- Oui. Je ne connais pas encore les termes techniques.

Ils repartirent à bord du speeder en direction de Mos Esley.

Dans la grande salle de réunion circulaire, les généraux étaient en pleine effervescence.

- La cause rebelle gagne la sénat.

- C'est sans importance, dit le grand Moff Tartine en pénétrant dans la salle.

Il était suivi de Vador toujours de noir vêtu, mais avec un nouveau masque sur le visage, blanc celui-là, dont on aurait dit qu'il fondait. Cela lui donnait l'aspect d'un spectre ou d'un clown triste.

- Je viens d'apprendre, poursuivit Tartine, que le sénat impérial venait d'être dissout par l'Empereur.

- Comment ça ? demandèrent plusieurs généraux.

- L'empereur a réuni tous les sénateurs présents et les a plongés dans un bain d'acide chlorhydrique. C'est aussi simple que cela.

- On prétend pourtant que les rebelles sont dangereux, remarqua le Général Taggli-atel.

- Dangereux pour vos chasseurs, mais pas pour l'Etoile Noire, s'enorgueillit l'Amiral Mott-a.

Ces éternelles querelles entre Taggli-atel et Mott-a passaient bien au-dessus de Vador qui crût bon d'intervenir.

- Votre jouet ne m'impressionne pas, Amiral. D'abord, depuis que vous l'avez déballé de son blister, il a perdu beaucoup de sa valeur auprès des collectionneurs et ensuite, il est bien peu de chose en comparaison de la Force.

- Oh, ça va, Vador ! On la connaît la rengaine : "Avant c'était l'bon temps. Aujourd'hui, les jeunes ne veulent plus rien foutre". En attendant, c'est à vous qu'on a chourré la notice de montage de notre jouet et... Arrgggll ! ! !

Ne pouvant plus en supporter davantage, le Seigneur Vador se précipita sur l'Amiral Mott-a et lui enfonça un poignard laser dans le cœur. Les autres personnes présentes n'en revenaient pas.

- ça défie toutes les règles du genre, dit le général Taggli-atel. Mott-a n'était pas adolescent et n'avait couché avec personne récemment. Il ne s'était pas absenté non plus en nous disant : "je vais revenir". C'est incroyable !

- Vador, dit sèchement Tartine. Je crois que cette petite démonstration a porté ses fruits.

- A votre guise, répondit Vador en essuyant le plat de sa lame tachée de sang sur l'uniforme de Mott-a, fraîchement refroidi pour l'occasion, ce qui eut pour effet de les mettre en lambeaux.

Peu avant d'arriver à Mos Esley, Luke et Ben s'arrêtèrent en haut d'une colline surplombant l'astroport. Le vieillard souhaitait faire quelques recommandations à son apprenti, avant qu'ils ne pénètrent dans ces lieux.

- Voici l'astroport de Mos esley. Cet endroit est le pire que je connaisse. C'est d'ailleurs pratiquement le seul. C'est le repaire des pickpockets, des clodos et des péripapeu- nan- des paripipu - nan- des péritipa... Bon des putes quoi. Donc, fais gaffe et reste derrière moi.

Luke était impressionné. Il n'avait jamais vu ‘'la'' ville. Lorsqu'il avait passé son permis de speeder, il n'avait même pas eu à se déplacer. Pour éviter qu'il ne se perde, l'oncle Owen avait préféré qu'il restât à la ferme, pendant qu'il était parti acheter une pochette surprise. Luke y avait trouvé au fond son permis.

Pour se rendre au coeur de la cité, ils empruntèrent l'artère principale et débouchèrent par l'aorte dans le ventricule gauche. La vie battait à pleins poumons dans ce quartier.

C'est là que Luke eut droit à une première démonstration de la Force par le vieux Ben. Un groupe de gardes roses faisait barrage et arrêtait systématiquement toute personne accompagnée de droïds.

- Permis d'conduire, carte grise et soufflez dans le ballon, plizz.

Ben se chargea de cette dernière opération. Luke n'était de toute façon pas censé avoir bu. Selon la législation en vigueur, complètement absurde, car adaptée à la planète, pour les jeunes de moins de vingt-et-un ans, il était interdit de boire de l'alcool, mais ils pouvaient en revanche se procurer toutes les armes qu'ils souhaitaient quelqu'en soit le calibre.

Ben attrapa l'Alcotest. Luke était inquiet car il ne faisait aucun doute en voyant le visage rougeaud du vieillard, tout comme en humant son haleine, que le brandy corellien était le principal ingrédient de son petit déjeuner. Ben souffla avec peine et bientôt, l'appareil mesureur passa par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, avant de se stabiliser sur un jaune à pois verts.

- Chef, qu'est-ce que vous pensez de ça, chef ?

- Penser, c'est désobéir ! Alors, on la boucle et on les laisse passer.

Luke était subjugué.

- Comment est-ce possible ?

- La Force, Luke. Elle permet de trafiquer les Alcotests. Et l'alcoolémie est très puissante dans ta famille. En temps voulu, tu sauras en faire autant.

Ils continuèrent d'avancer au milieu de la foule de miséreux qui se trouvait là. Parmi eux, se trouvaient des mendiants, brandissant des écriteaux sur lesquels était écrit :

" Réfugié Jawas, sivouplé doné pour la Jawani ".

Luke mit la main à son portefeuille.

- Surtout pas, malheureux ! le reprit Ben. As-tu déjà vu des Jawas de deux mètres avec deux appendices sur la tête ?

- Non, je ne crois pas.

- Ce sont en fait des Twi'leks. Ils prétendaient, il y a encore deux jours, être des réfugiés Gamoréens.

- Ils n'ont vraiment pas de chance de se trouver chaque fois au mauvais endroit au mauvais moment !

Un peu plus loin, un homme leur proposa ses services. Il était prêt à leur vendre deux caisses de Soleil Vert, des tablettes garanties pure protéine, car uniquement à base de cadavres calamariens. Ben refusa tout net. Il détestait le poisson.

Son flair l'avait ramené à sa cantina habituelle où il faisait régulièrement des sauts, chaque fois que ses réserves de brandy corellien étaient épuisées... C'est-à-dire souvent. Luke gara le speeder devant. Immédiatement, un Jawa se précipita pour lui nettoyer le pare-brise.

- Ah ! Ces Jawas sont répugnants, dit Z6PO.

Ben s'occupa de mettre de l'argent dans le parcmètre. Luke, qui de son côté avait marché dans une bouse de ronto en sortant, attachait le speeder avec une chaîne à un poteau. Le jeune garçon était intrigué par l'accoutrement dont on avait affublé le dewback qui se trouvait à l'entrée. Il portait en effet un costume à paillettes qui reflétait la lumière des soleils de Tatooïne.

- Ne sois pas surpris par les étranges créatures que tu vas rencontrer ici, mon garçon. C'est un club privé très apprécié de certaines minorités. Enfin, je ne t'en dis pas plus, tu comprendras en rentrant.

A peine rentré, quelqu'un fit une remarque à Luke.

- Eh. On ne veut pas de droïds ici. Il n'y a que des bêtes à poils et en chair. Ça doit sentir l'homme, pas la machine. Compris ?

- 6PO, dit Luke. Tu ferais mieux de nous attendre dehors avec D2. Et puis surveille le Jawa parce qu'à force d'astiquer mon speeder, il va enlever toute la peinture.

- Bien, Messire Luke. Je vous souhaite de bien vous amuser, mais si quelqu'un vous demande de ramasser le savon qui tombe à terre, je vous conseille de ne pas vous pencher.

- Pourquoi dis-tu cela ?

- Simple intuition droïdesque, répondit 6PO en voyant le groupe musical qui venait de prendre place sur la scène.

La salle s'était mise à applaudir à leur entrée. Il y avait là différents genres réunis : le chanteur était déguisé en Biker scout impérial. Derrière lui, cinq danseurs, également travestis, frappaient dans leurs mains au rythme de la musique : un gardien de troupeau de Banthas, un Swoop Biker, un officier de la marine impériale, un ouvrier des chantiers d'Imdaar et un dernier dont on ne savait d'où il venait avec des plumes sur tout le corps. Leur chanson devait être très connue, car toute la salle chantait avec eux :

"In the Navy..."

(Retrouvez le texte de la chanson ici : http://www.digiserve.com/eescape/closet/silly/YODA.html )

La salle applaudit à tout rompre. Luke observa les clients. La plupart des races lui étaient inconnues. Il y avait là un géant vert très musclé à la mine patibulaire, vêtu d'un simple short en haillons, qui proposait du maïs en boîte.

Un peu plus loin, un humain ne cessait de répéter : " Ils sont parmi nous ! Ils sont parmi nous ! ". Depuis qu'il avait erré pendant des semaines dans le désert de Tatooine, alors qu'il cherchait un raccourci que jamais il n'avait trouvé, il était devenu fou. Pas pour tous cependant, car certains voulaient à toute force croire à son histoire et cherchaient toute preuve permettant d'étayer une telle hypothèse. Tel cet humain en costume à la coupe classique, escorté d'une pulpeuse rousse qui ne savait trop quoi penser de son ami et passait son temps à découper les cadavres des créatures qui jonchaient le sol. Elle y prenait d'ailleurs un malin plaisir, à en voir sa mine épanouie lorsqu'elle attrapait son scalpel pour commencer la dissection.

Au fond de la cantina, se tenait un vieil oracle que les touristes venaient consulter. C'était d'ailleurs l'une des attractions les plus réputées de l'astroport. Autrefois maître Jedi respecté, " Yoda les bons tuyaux ", comme on l'avait surnommé, attirait les clients en délivrant des messages pleins de bon sens. La plupart des clients n'étaient cependant pas dupes et riaient franchement des pitoyables prédictions du gnome informe en l'interrogeant sur n'importe quel sujet.

- Eh Yoda, donne-moi un numéro pour cet après-midi dans la troisième à Longchamp d'astéroïdes !

- Quand finie la course sera, le résultat tu connaîtras.

- Et ça, tu crois que j'peux y arriver ? dit un autre en tendant la main vers une table, tel un Jedi pour la soulever.

- Si tu n'y crois pas, ne le fais pas !

- La carte jeune c'est utile ?

- Si tu paies le prix, t'as rien compris.

La plupart des clients étaient hilares, seul le gérant faisait grise mine.

- Eh ! C'est pas un jeu. Faites gaffe, c'est un " collector " de 900 ans. Ça vaut une fortune !

L'homme prit Yoda dans ses grosses mains velues et le mit dans un placard qu'il ferma à clef, après lui avoir donné quelques rognures en guise de repas. Cela pouvait paraître inhumain, mais Yoda n'était pas humain. Qui plus est, il détestait la lumière à l'abri de laquelle il devait rester, sous peine d'attraper une insolation. Il exigeait également qu'on lui jette à manger avant minuit. Un problème restait hélas sans solution : allergique à l'eau, Yoda ne pouvait se laver et l'odeur qu'il dégageait après 900 ans, était insoutenable.

Pendant que Ben était parti à la recherche d'éventuels pilotes susceptibles de les amener sur Alderaan, Luke jouait les grands et avait commandé un verre de " ça ", une boisson qui allait faire de lui un homme. Du moins, d'après les dires de l'homme qui se tenait à ses côtés en le raillant.

- Allez, gamin. Bois " ça " ! ça te donnera meilleure haleine pour emballer les filles.

Cette seule perspective suffit à Luke, qui désespérait de trouver l'âme soeur, pour qu'il avale son verre d'une gorgée. Un instant après, il se retrouvait à terre, vomissant tripes et boyaux.

- Qu'est-ce que c'est que cette saloperie ? demanda-t-il entre deux quintes de toux.

- De l'urine de Bantha. Il paraît que c'est aphrodisiaque.

Toute la salle éclata de rire à l'encontre de Luke, victime d'une bien mauvaise plaisanterie. Ben, qui venait d'assister à la scène, aida le jeune homme à se relever.

- Allons, mon garçon. Que cela te serve de leçon.

- Tu aurais pu m'aider, Ben.

- Tu ne crois quand même pas qu'à mon âge, je vais m'amuser à faire des pirouettes. Et mon arthrite ? Allez, viens, je crois que j'ai trouvé quelqu'un qui pourrait nous aider.

- Ah, oui ? Qui ça ? Le sullustéen unijambiste ou le rodéen bicéphale ?

- Non, il s'agit de Yan Salo, un grand pilote à ce qu'il paraît.

Yan était, selon ses dires, l'homme le plus macho de l'univers. Tout vêtu de cuir, à l'exception de sa chemise à fleurs des îles galactiques, il laissait fièrement dépasser de celle-ci sa toison pectorale, certain de cet attrait sur les femmes. En réalité, il était imberbe et avait dû se faire mettre... des implants. Malgré sa couardise légendaire, personne ne lui aurait fait une remarque, car tout le monde savait bien qu'il serait immédiatement allé le rapporter à Chewie M'gum, son ami Wookie. Et il était préférable de ne pas se frotter à cette créature, qu'une terrible maladie de peau faisait aujourd'hui ressembler à une vieille carpette. Son épiderme rosé, qui apparaissait par endroits, était parsemé de pustules qu'il s'amusait à exploser avec ses griffes pour en extraire le liquide jaunâtre dont il se délectait. Yan et Chewie étaient inséparables depuis que le corellien avait libéré le Wookie de ses chaînes dans une prison impériale. C'est du moins ce qu'il racontait, car la vérité était toute autre. En essayant d'esquiver une corvée de nettoyage des cellules de Wookies, alors qu'il avait été enrôlé de force dans la marine impériale, Salo avait maladroitement trébuché. Dans sa chute, il avait dessellé les entraves de Chewie. Depuis, celui-ci était persuadé de lui être redevable de quelque chose. L'intelligence ne caractérisait décidément pas les wookies.

Luke et Ben s'installèrent à la table où Salo et Chewbacca sirotaient tranquillement le contenu d'un verre dont il valait mieux ignorer la composition.

- Bon, le prix c'est 10 000 crédits, sinon je vous dénonce.

- Top là, jeune homme, dit Ben, en tendant la main.

Yan frappa dans celle du vieillard, un peu trop fort peut-être à en croire l'horrible craquement d'os que l'on entendit.

- ça va, Ben ? s'enquit Luke.

- Ne t'inquiète pas, mon garçon, de toute façon je suis gaucher et à mon âge les plaisirs solitaires se font rares.

Ben et Luke quittèrent la table sans se retourner. La transaction n'avait pas duré plus de trente secondes. C'est à ce moment qu'un étrange extraterrestre, dont la tête ressemblait à un vieux tapis de bain bleu retourné dont on verrait les ventouses, vint rejoindre Salo à sa table.

- Salut Greedo D'douch, comment vas-tu ?

Greedo (c'était son nom) n'eut même pas le temps de répondre. Salo qui jouait avec son blaster avait bêtement appuyé sur la gâchette. La décharge d'énergie de son arme rebondit plusieurs fois contre les murs avant de toucher Greedo en plein milieu du front. Des bouts de cervelle du malheureux ornaient désormais les murs de la cantina, tels des trophées de chasse.

- De toute façon, tu m'as toujours énervé, lança crânement Salo en quittant la cantina, pour donner l'impression qu'il avait réalisé cet exploit volontairement.

Il y avait des moments où il n'était pas d'humeur à discuter, surtout lorsqu'il devait réparer son vaisseau, ce qui était fréquent. A tel point que certains le surnommaient le " Charles Ingalls des garages galactiques ", sans que l'on connût l'origine de ce surnom.

Il sortit en chantonnant un air célèbre dont il avait quelque peu modifié les paroles :

 

" Je n'reconnais plus personne,

en Pigeon Voyageur.

Je file à 20 parsecs... "

La chanteuse à l'origine de cette chanson avait connu un succès relatif, bien des années auparavant. Mais ayant peu à peu sombré dans un délire paranoïaque, elle s'était laissée aller, avait pris autant de rides que de kilos et ne se produisait plus que dans des cabarets de plus en plus minables.

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Salo fut interrompu dans ses rêveries au moment de rejoindre Chewie au Hangar où était entreposé son engin. Une mauvaise surprise l'attendait : Jabba le forestier.

Jabba portait invariablement le même costume pour se donner un air distingué, avec une cravate assortie à la couleur de ses écailles. Persuadé que son chapeau lui donnait un air agressif, le seigneur de la pègre galactique avait imposé à ses hommes le port de ce détail vestimentaire. Comme il ne supportait pas la lumière et qu'il était affreusement myope, ses yeux étaient protégés par d'épaisses lunettes noires qui grossissaient encore d'avantage leur taille. Jabba avait bâti sa fortune en vendant de l'alcool frelaté, à une époque où l'Empire en avait interdit toute consommation. Depuis quelques temps, il s'était diversifié et avait ouvert une chaîne de pizzerias qui portait son nom. Le symbole en était la hache de forestier. De fait, il se promenait sans cesse avec, pour soi-disant impressionner ses interlocuteurs. Mais chacun savait en fait que Jabba vomissait chaque fois à la vue du sang. La seule chose qui pouvait alors le calmer était les saladiers entiers remplis d'huîtres qu'il avalait goulûment.

- Eh ! Corrélien de mes quatre.

La race d'aliens, dont Jabba était issu, était dotée d'une particularité physique les rendant incroyablement actifs sur le plan sexuel il s'entourait d'ailleurs toujours de nombreuses danseuses dans des tenues affriolantes.

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- Un cachou, Salo ?

- Tu sais ce que tu peux en foutre de tes cachous, Jabba ?

- Si tu ne me rembourses pas ce que tu me dois, je te ferai... Qu'est-ce que je pourrais faire d'ailleurs ? dit Jabba en se parlant à lui-même.

- Faudra d'abord que t'y réfléchisses, abruti, répondit Salo. T'as de la boue dans le crâne, ou quoi ?

- Mais ce n'est pas ma faute, balbutia Jabba, si j'ai une grosse tête et rien dedans.

Il était au bord des larmes. Le Seigneur de la pègre était en fait un grand timide qui tentait de masquer sa vraie personnalité par une apparente brutalité. Peu habitué à ce qu'on lui tienne tête, il ne savait que faire dans ces moments-là.

- Je le descends, Patron ? demanda l'un des gardes du corps de Jabba, qui s'était autorisé à ne pas porter de chapeau, mais un casque confectionné par ses soins, à partir d'une corbeille en ferraille.

- Non, laisse. Je lui donne encore un délai. Après tout, Salo nous a rendu de fiers services, lorsqu'il nettoyait la cage du rancor.

- Bon, c'est pas tout ça, dit Salo qui commençait à s'impatienter, mais il faut que je prépare mon décollage.

Il essaya d'enjamber la queue ondulante de Jabba, mais sa maladresse habituelle prit le dessus. Il s'emmêla les pieds dedans et alla se cogner la tête contre un des pistons de l'écoutille d'accès. A moitié assommé par le choc, il parvint à monter à bord de son vaisseau, soutenu par Chewie. Il se reprit cependant rapidement pour faire bonne figure devant Luke et Ben qui venaient de pénétrer dans son vaisseau.

- Bienvenu à bord du Pigeon Voyageur.

- Ouais, mais tu aurais pu nous préciser le point de rendez-vous. Ça fait des heures qu'on tourne en rond. Heureusement, on est tombé sur un type sympa. Lorsqu'on lui a dit que nous étions les rebelles recherchés par l'Empire qui essayaient de quitter Tatooïne, il nous a tout de suite dit où vous étiez. Comme quoi, les gens sont serviables parfois.

- T'es malade ! C'était sûrement un espion. L'Empire risque de nous tomber dessus. Bon, allez. Sur ce, on s'casse. Il n'y a pas de temps à perdre.

Salo n'avait de capitaine que le titre et aucunement les compétences. Cela tenait du miracle qu'il parvienne à piloter son vaisseau. Tellement peu sûr de lui, il avait été contraint de rajouter des tonnes de gadgets censés lui faciliter le travail, mais qui, en fait, ne faisaient que ralentir la vitesse de son fer à repasser. A peine avait-il mis la clef de contact que le Pigeon fit une embardée et cala.

- Qu'est-ce qui se passe ? demanda Luke.

- Rien ! J'avais enclenché la première pour ne pas utiliser le frein à main. Mais fais pas chier ! C'est mon vaisseau. Alors tu vas à l'arrière avec l'ancêtre et tu t'accroches.

Vexé, Luke partit s'installer dans la cabine de relaxation.

- Et surtout, lança Salo depuis le cockpit, tu dis au vieux débris que s'il a des incontinences, il n'a qu'à aller aux chiottes avant de partir, pour pas saloper mes sièges. C'est vrai, quoi, poursuivit Salo à l'attention de Chewie, c'est pas lui qui nettoie après.

L'intérieur du Pigeon Voyageur contrastait étrangement avec l'extérieur. Autant il paraissait usé et pourri de dehors, autant l'intérieur était travaillé... Mais avec le plus mauvais goût. Au rétroviseur intérieur du cockpit, pendait un bout de queue de Dewback, censée porter bonheur, tout comme le fer à Bantha soudé à l'avant sur l'entrée de l'aération. Un petit ventilateur permettait de rafraîchir les pilotes, d'autant que les sièges en peau de Rancor avaient tendance à tremper leur dos. Le velours rouge capitonnant les murs donnait assez vite la nausée, mais pour se divertir, Salo avait tout prévu. Adepte du " vaisseau-tuning ", il investissait des fortunes dans des enceintes et autres amplis surpuissants qui remplissaient la zone passagers. A tel point que ceux-ci étaient assez à l'étroit malgré la taille raisonnable de l'appareil. De même, Salo avait dû réduire le volume de ses cargaisons, dans la mesure où les soutes étaient occupées par les batteries nécessaires à l'alimentation de ces systèmes. Ils étaient du reste bien inutiles, vu que la seule source d'entrée dont ils disposaient était l'intercom.

- ça va derrière ?

10 000 Watts vinrent atterrir dans les oreilles de Luke et Ben, ce qui, dans le cas de ce dernier, avait tout juste suffit à le sortir de sa torpeur, tant sa surdité était importante.

- T'es malade, ou quoi ? J'ai la tête dans les enceintes.

- Oups ! Désolé, s'excusa Yan. Pourtant le volume était au mini. Bon, j'ai de mauvaises et de bonnes nouvelles à vous annoncer. Alors, les mauvaises, c'est que les batteries sont à plat, vu que j'ai oublié d'éteindre mes lumières la dernière fois que j'ai volé et que donc, il va falloir pousser. Mais bonne nouvelle, je suis en descente, vu que les démarrages en côte, j'ai encore du mal.

- Non, mais c'est pas vrai ! Quand je pense qu'il va falloir en plus payer cet escroc. Allez, viens Ben, on doit sortir pour pousser.

- Quoi ? demanda le vieillard qui avait l'intention de commencer sa sieste.

- Le Monsieur te demande de sortir pour pousser ! lui hurla Luke dans les oreilles.

Ils empruntèrent ensemble l'écoutille et commencèrent à pousser, tandis que Salo libérait le frein à main depuis le cockpit.

- Si vous pouviez vous dépêcher, les gars. J'ai l'impression qu'il y a des zygotos de l'Empire qui arrivent.

- Il aurait pu dire qu'il volait au diesel, dit Luke alors qu'il tentait désespérément avec Ben de faire démarrer le Pigeon en le poussant.

Celui-ci fit une embardée et Ben s'affala lamentablement par terre dans une bouse de bantha.

- C'est malin, dit Luke en aidant le vieillard à se relever. Déjà qu'avec cette robe de bure tu avais l'air d'un clochard, maintenant en plus, il y a l'odeur.

Ils s'agrippèrent in extremis à la porte du cargo coréllien au moment où il prit son envol. Yan mit les moteurs à plein régime, ce qui eut pour effet d'augmenter plus le niveau sonore qui régnait à l'intérieur du vaisseau que sa vitesse. 6PO était inquiet. Il détestait les voyages interplanétaires, qui avaient tendance à lui faire vomir écrous et boulons. Il demanda à D2 un chewing-gum à l'huile et attacha sa ceinture de sécurité, non sans mal, vu qu'elle était coincée sous le siège.

Ils étaient pris en filature par un chasseur rouge à bandes blanches qui leur adressa un message d'avertissement : " Ici ZEBRA 3. Veuillez éteindre vos réacteurs et vous ranger sur le bas-côté ".

- Tu ne vas quand même pas leur obéir, dit Luke qui venait de rejoindre Yan dans le cockpit.

- Ecoute bien, gamin, dit Yan. T'étais encore dans les couilles de ton père, que je savais déjà piloter. Alors tu prends ta pelle et ton seau et tu vas à l'arrière faire des pâtés de sable. Compris?

Luke s'exécuta, non sans s'ébouriffer les cheveux et rejoignit Ben qui nettoyait ses vêtements.

- Que se passe-t-il, Luke ?

- Il veut pas jouer avec moi, lui répondit le jeune garçon entre deux sanglots.

- Allons, ça n'est rien. Sois patient. Nous allons y retourner ensemble.

Ils retournèrent au cockpit où Salo essayait de rester concentré sur ce qu'il faisait : insérer un CD dans le lecteur, pour piloter plus à l'aise.

- Tiens ? ça sent bizarre, dit Yan qui se retourna soudain. Mais qu'est-ce que vous faites là ? Je croyais vous avoir dit de ne pas rester dans mes pattes !

- Le gamin voulait voir à quoi cela ressemble, vu d'ici.

- Bon, pour vous prouver que je suis pas complètement abruti, viens par ici, Luke, et monte là-dessus.

Tout fier, Luke se mit debout sur la plate-forme du cockpit. D'où il se tenait, les verrières du vaisseau lui dévoilaient l'immensité de la galaxie. Il avait l'impression de flotter dedans.

- Alors, qu'en dis-tu ?

- Je suis le maître du mooonde ! hurla Luke.

- Bon, bah, t'excite pas ! J'ai deux croiseurs à larguer moi.

- C'est quoi cette lumière rouge là ? Et cette bouteille de lait ? Dis, comment on fait les Ewoks ?

- Bon, alors cette lumière rouge, ça signifie que mon café est prêt. Accrochez-vous si vous en voulez, il est serré.

Prenant une tasse de sa mixture noirâtre, Yan la but d'un trait. Son café était si fort que ses gestes en devinrent saccadés. Il appuya par inadvertance sur le bouton de l'hyperdrive et instantanément, le vaisseau passa en hyper-espace.

Tartine avait gagné ses galons de grand Moff grâce à son passe-temps favori : la chasse aux vampires. Il n'avait fait en réalité qu'obéir aux ordres de l'Empereur qui voyait en eux de dangereux rivaux. Depuis, Tartine avait relaté ses exploits dans des livres plus particulièrement destinés aux enfants pour les endoctriner dès le plus jeune âge. Les vacances de Tartine, Tartine à la ferme et Tartine et le chaudron magique étaient ainsi des best-sellers galactiquement connus.

La célébrité ne lui avait cependant pas apporté que des bienfaits. Le grand Moff avait rapidement sombré dans la drogue et, même s'il s'en était tiré, ces dures épreuves l'avaient marqué dans ses chairs. Son visage cadavérique masquait difficilement ses souffrances passées.

- Seigneur Tartine ! Vous ne chassez plus les zombies ?

- Charmante. Savez-vous ma chère, quand ôtant le maquillage qui vous colle si bien au visage, vous seriez la plus belle pièce de ma collection des horreurs. Dites-nous où sont les plans de l'Etoile Noire, Princesse Léïa. Ou bien, je ferai exploser Alderaan.

- Non ! Faites-moi tout ce que vous voudrez. Titiller par les griffes d'un Rancor, sodomiser par un bantha, mais ne faites pas sauter Alderaaaan ! hurla la Princesse en se roulant par terre.

- Tout ce que je voudrai ? reprit Tartine. Parfait, déshabillez-vous.

- Pardon ?

- J'ai dit : déshabillez-vous et mettez-vous à genoux, ordonna Tartine d'un ton sec et cassant en ôtant son uniforme.

Le grand Moff vint se placer derrière la Princesse et la pénétra profondément d'un violent coup de reins.

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- Tu vas me dire où sont les plans maintenant, salope, lui dit-il en la pistonnant sauvagement.

Les va-et-vient de Tartine se faisaient de plus en plus rapides. Des gouttes de sueur commençaient à couler sur les deux corps mêlés. Elevée dans un couvent sur Alderaan, dont certaines rumeurs prétendaient que les dirigeants abusaient largement de leur pouvoir et de leurs pensionnaires par la même occasion, Léïa était habituée à ce genre d'exercices. Pourtant, cette fois-ci, c'était différent. Il y avait en elle une grande tension qui l'empêchait de s'abandonner pleinement au plaisir. Qui plus est, les tortures mentales auxquelles Vador l'avait soumise, l'avaient profondément affaiblie. Elle avait l'impression d'entendre encore cet horrible bouffon à l'accoutrement si étrange lancer ses fameux "Bips-bips" à son assistance. Sa raison commençait à vaciller, et elle ne tarda pas à lâcher les informations que Tartine souhaitait entendre.

- Dan-too-ïne. La base rebelle, où sont les plans, hummm, se trouve sur... Oh, oui ! Dan-too-ïïïïne! Dit-elle soudain, au moment précis où une formidable décharge électrique raidit le corps de Tartine qui s'agrippa fermement à son bassin.

Quelques minutes plus tard, Tartine se rhabillait, sous les yeux de Vador qui avait assisté à la scène et dont les vêtements dégageaient de la vapeur tant la tension qui l'habitait était grande. Il n'avait pas bronché une seconde en voyant cette petite scène, préférant masquer le désir qu'il avait éprouvé en voyant... Tartine nu.

- Vous voyez, Seigneur Vador, ça n'était pas bien difficile. Un peu de Viagra et le tour est joué.

S'adressant alors aux officiers qui étaient là, il leur donna l'ordre de faire exploser Alderaan.

- Quoi ! s'exclama la Princesse indignée. Mais vous aviez promis...

- Rien du tout. Et estimez-vous heureuse, j'avais mis un préservatif.

Toujours nue au milieu de la salle, Léïa allait assister impuissante à la destruction de sa planète. Le rayon destructeur du superlaser de l'Etoile Noire frappa de plein fouet Alderaan et la fit exploser en une multitude de débris. On eut encore le temps de reconnaître la tour d'ivoire de la princesse et un dragon à tête de chien, monté par un jeune garçon, avant que le néant ne vienne remplacer l'espace qu'occupait auparavant Alderaan.

Laissant ses vêtements derrière elle, Léïa regagna sa cellule en pleurs, encadrée par deux gardes roses. L'un d'eux en profita pour ramasser les effets personnels de la Princesse. Il lui remit sa robe, mais garda ses sous-vêtements, certain qu'il pourrait tirer un bon prix de sa petite culotte usagée dans des boutiques spécialisées de la partie orientale de la galaxie.

A bord du Pigeon Voyageur, Luke s'entraînait sans grand succès au maniement du sabre laser sous les conseils avisés du vieux Ben, lorsque celui-ci tomba à la renverse.

- ça ne va pas, Ben ? demanda Luke au vieillard en l'aidant à se relever.

- ça me fait chaque fois cela, dès qu'un abruti fait péter une planète. ça crée des interférences avec mon stimulateur cardiaque. Mais ne t'inquiète pas, et poursuis tes exercices. J'aimerais cependant que tu continues avec ceci, dit-il en prenant un casque qu'il mit sur la tête de Luke en en baissant la visière.

- C'est débile ! Avec la visière baissée, je vais tout foutre en l'air.

- Fie-toi à ton instinct Luke.

Yan, qui venait de les rejoindre dans la salle de repos de son appareil, semblait sceptique.

- Je vous parie que le gamin va se couper un bras.

- Tu ne crois pas en la Force ? lui demanda Luke.

- Si, d'ailleurs, je connais un bled qui porte ce nom. Pour le reste, c'est du pipeau.

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Luke alluma son sabre et se mit en garde face au petit droïd sphérique qui s'activait autour de lui. La visière sur les yeux, il se tenait prêt à l'assaut. D'un coup, plusieurs décharges partirent de l'automate et atteignirent Luke entre les jambes. Sous l'effet de la surprise et surtout de la douleur, il se plia en deux et toucha par inadvertance l'engin qui explosa dans une gerbe d'étincelles.

- Tu vois, Luke, dit Ben au jeune homme encore à terre qui essayait de reprendre son souffle.

- Contre un engin téléguidé, c'est facile, dit Yan, contre Jean-Claude Van-Damme, c'est une autre histoire. Il aura vite fait de vous transformer les burnes en omelette spatiale si un de ses rôts ne vous a pas déjà asphyxiés.

Depuis le poste de pilotage, une alarme retentit.

- Quel est ce son mélodieux ? demanda Ben.

- C'est une sirène pour indiquer que l'Odyssée s'achève. Etant donné le bruit assourdissant que cela fait, il vaut mieux se boucher les oreilles, sinon on ne pourra même plus contrôler le pilotage.

- Pas pour moi, dit Ben. Je veux écouter cette douce musique. Attachez-moi au mât, et continuez de ramer.

- Qu'est-ce qu'il raconte le vieux ? demanda Yan à Luke. Il débloque à plein tube.

- Graow, groumpf !

- Que se passe-t-il, Chewie ? demanda Salo alerté par les cris du Wookie.

Ils se précipitèrent dans le cockpit. Salo trébucha sur quelque chose.

- Qu'est-ce que c'est que ça ?

- Bah, tu m'avais bien dit d'aller à l'arrière faire des pâtés, non ?

Le Pigeon Voyageur avait quitté l'hyper-espace et se retrouvait maintenant en plein milieu d'un champ de patates géantes. Mais ce qui effrayait d'avantage Luke, outre la taille anormalement grande de ces légumes, c'était ce dragon blanc à tête de chien qui continuait de voler entre les objets flottants en criant : " Bastien ! Bastien ! ". Le jeune garçon se cachait derrière le siège du copilote pour ne pas être vu de l'animal.

- Où est Alderaan ? s'enquit Ben.

- C'est bien ce que je me demande, répondit Salo. Attendez, j'interroge l'ordinateur.

La réponse ne se fit pas attendre et le module vocal communiqua le résultat de son analyse : " Yan, le chemin d'Alderaan est effacé de ma mémoire ".

- Qu'est-ce que cela signifie ?

- Notre position est correcte, mais on se trouve en plein milieu d'un champ de patates.

- C'est peut-être normal, répondit Ben. Alderaan, que je connais bien, est réputée pour ses jardins potagers.

- Dans ce cas, on est arrivé. Il va falloir trouver où nous poser.

Une autre alarme se mit soudain à retentir.

- V'là un vaisseau à 18h30.

- Quoi ? 18h30 déjà ? Mais je vais rater le Bigdil, s'exclama Luke.

- Et moi, Question pour un vieux con, ajouta Ben.

- Regardez-là, dit Yan. C'est un Tie-cray-ion. J'vais m'le faire.

- Ce vaisseau est bien trop petit pour s'aventurer seul ici. Il ne se serait pas éloigné autant de sa base, dit Ben en expert avisé.

- Regardez ! dit Luke. On dirait qu'il s'approche de ce tubercule géant.

- Ce n'est pas un tubercule. C'est une base sidérale

- C'est impossible, répondit Yan. Il y a bien trop de pépins.

Le Pigeon se mit à vibrer de partout... C'est-à-dire, encore plus qu'à l'accoutumée.

- On dirait qu'on est attiré par le tubercule. Chewie, vas dans la cale et commence à ramer en sens inverse.

- C'est inutile, dit Ben. Le champ magnétique est bien trop puissant.

- Je ne vais pas me laisser coincer comme un bleu. Si vous croyez que je vais laisser faire, pépé.

- Il y a d'autres moyens de combattre. Ce sera plus long et plus embêtant, mais on touchera les heures sup'.

Slalomant entre les tubercules, le Pigeon Voyageur s'approchait de la station impériale, inexorablement attiré par l'énorme aimant en U qui l'amenait vers un hangar. Là, des gardes roses s'activaient à enlever les décorations de Noël qu'ils avaient accrochées quelques jours plus tôt, et qui pendaient encore aux parois. Plusieurs d'entre eux, affalés par terre et n'ayant toujours pas dessaoulé, furent écrasés par les trains d'atterrissage du cargo corellien lorsqu'il se posa.

Vador entra, entouré d'une section de gardes, plus frais que ceux qui étaient déjà en place. Un officier, les yeux encore rougis par les festivités de la veille, s'approcha pour lui transmettre son rapport.

- Il n'y a personne à bord, Seigneur Vador. Plusieurs capsules de survie manquent. Qu'avez-vous Seigneur Vador ? Vous semblez avoir chaud.

- Je sue une odeur. C'est quelque chose. Passez-moi ce vaisseau au peigne fin, dit le Sombre Seigneur en se retournant pour partir prendre une douche.

Dans un compartiment secret du Pigeon Voyageur, les fuyards se tenaient cachés.

- La vache ce qu'il fait noir, là dedans, dit Luke qui aurait été rassuré par la présence de ses peluches préférées.

- Chewie, c'est mon pied. Aie ! Mais dégage, bon sang, tu me coupes la circulation!

- Tout cela ne me dit rien qui vaille, dit solennellement Z6PO.

- Oh, toi, ça va ! N'en rajoute pas.

- Chhhht vous deux, dit Ben dont l'ouïe était efficace dans certaines circonstances. Je sens du monde au dessus.

- Bon ! Vous la bouclez, les gars, sinon on va se faire repérer. De toute façon, je ne sens rien moi, chuchota Yan.

 

PRROUUUT !

- Ah, là, ça se précise, reprit Ben. Maintenant, je sens vraiment quelque chose. Pas vous ?

- Qu'est-ce que c'est que cette abomination ? demanda Luke.

- Chewie! Ne me dis pas que tu as encore mangé du ragoût de Bantha aux haricots ? demanda Yan au Wookie.

- Groumf, groumf !

- Oh, non! C'est chaque fois pareil. Dès qu'il mange cette saloperie, cela lui donne des diarrhées terribles. Après ça, il en a plein les poils. Je vous déconseille de vous asseoir sur son siège. Il doit être tout collant.

- Merci du conseil, répondit Luke. En attendant, je ne reste pas une seconde de plus ici, ou bien je vais mourir asphyxié.

- Allez, dit Yan. A trois, on dégage.

Yan souleva le panneau du plancher en dessous duquel ils se trouvaient. Prenant soin de vérifier l'absence de garde à l'intérieur de son vaisseau, il aida Luke à dégager le vieux Ben qui s'était coincé le dos en faisant un faux mouvement.

- Merci, jeune homme. Mais j'aurais pu me débrouiller seul, lui dit Ben, frustré d'avoir recours à une aide extérieure.

- C'est possible, pépé, mais je pense que cette station aurait eu le temps de complètement rouiller avant que vous réussissiez.

A l'extérieur de l'appareil, deux techniciens impériaux s'apprêtaient à monter à bord en embarquant une caisse de matériel.

- Faites attention à vous, dit le garde rose posté à l'entrée. Si jamais vous vous écorchez sur cet engin, vous allez choper le tétanos.

- Bien vu. Nous allons enfiler des gants.

Avec un maximum de précautions, ils empruntèrent la passerelle d'accès. A peine arrivé, le premier s'accrocha l'épaule à une écharde de métal qui dépassait d'un panneau. Il hurla de douleur alors que son corps se liquéfiait sous l'effet des bactéries qui recouvraient le vaisseau.

- C'est un système de sécurité, indiqua Salo, justifiant ainsi le fait qu'il ne nettoyait qu'occasionnellement l'intérieur de son engin.

Il profita de la surprise du second technicien pour lui tirer une décharge de blaster dans le dos. La quasi-absence de témoins lui permettrait plus tard de relater cet exploit en omettant ce détail. Alerté par ce raffut, un des gardes resté à l'extérieur monta à son tour dans le vaisseau. Effrayé à la vue de Chewie et des pustules recouvrant son corps, il s'effondra à terre, foudroyé par une crise cardiaque.

- Luke, dit Yan. Aide-moi à le déshabiller.

- Ah non ! Je laisse ça pour tes copains chanteur de la cantina. En plus, il est mort.

- Mais ce n'est pas de ça dont il s'agit. Je veux juste récupérer ses fringues.

- Pourquoi faire ? Je trouvais tes vêtements plus sympa.

- Crétin ! C'est pour passer inaperçu. Et de toute façon, c'est toi qui va les mettre.

- Je vais avoir l'air ridicule !

- Pas beaucoup plus qu'avec ta coiffure.

Dans le poste de contrôle du hangar, un officier, fraîchement sorti de sa torpeur, venait de remarquer quelque chose qui ne collait pas : il restait des confettis à terre.

- J'croyais avoir donné des ordres pour tout ranger, grommela-t-il. Je vais voir ce qui se passe. Vous autres, restez là, lança-t-il aux soldats affalés sur leur console qui n'avaient même pas pris la peine de relever la tête.

Il franchit le seuil de la porte au moment précis où Salo, qui n'avait pas vu qu'elle venait de s'ouvrir, appuyait sur la commande extérieure, ce qui la fit se refermer. Le malheureux se trouva broyé en dessous.

- C'est malin, dit Luke en arrivant. On a intérêt à nettoyer ça vite fait, sinon, on va être de corvée sur toute la base.

- Je préfère cela à un jeu de cache-cache à la con. Remarque, on pourrait aussi jouer à colin-maillard ou saute-mouton. Mais cache-cache, c'est vraiment trop nul. Tu ne me feras pas changer d'avis.

Ben arriva avec peine à les rejoindre, s'aidant de son déambulateur. Il reprit son souffle en s'asseyant sur un siège et commença à fouiller fébrilement dans les innombrables poches de sa robe de Jedi à la recherche de ses pilules.

- Bon, qu'est-ce qu'on fait maintenant, demanda Salo qui commençait à s'impatienter.

- On pourrait brancher D2 sur la Nintendo 64 pour jouer à Pode Racer, répondit Luke.

- C'est pas terrible comme jeu. Une fois que tu as testé tous les parcours, c'est vite répétitif.

- Les enfants, reprit Ben d'un ton paternaliste, avant de jouer, il faut faire ses devoirs. Commençons donc par localiser le rayon magnétique qui nous paralyse.

Pour se connecter sur le réseau, D2 sortit d'un de ses compartiments une petite planche de surf et commença à naviguer. Son forfait lui donnait droit à cinq heures gratuites par mois, sans tenir compte de la facturation des communications téléphoniques ni de l'abonnement, le tout hors TVA. En fait, ce n'était carrément pas intéressant.

Quelques secondes plus tard, et après avoir visionné un grand nombre de sites classés X où des droïds copulaient avec d'autres droïdEs, il fit connaître le résultat de ses investigations en émettant une série de bips ininterrompue.

- Je crois que c'est le fax, dit Ben.

- Vous avez du courrier, traduisit 6PO. D2 signale que le rayon magnétique est relié au réacteur central par 1254687 points de contact. La coupure d'un seul suffirait à le neutraliser.

- Je crois que je pourrais y arriver. Mais je dois agir seul, car je n'ai qu'un couteau suisse sur moi.

- C'est pas moi que ça va gêner, dit Yan. Je suis juste taxi, pas gérontologue, après tout.

- J'veux aller avec vous, dit Luke en sanglots.

- Non, gamin ! Tu dois veiller sur les droïds, leur passer du polish matin, midi et soir. Et deux couches. Pense aussi à te laver les dents et fermer le gaz en sortant. Que la Force soit - KOF, KOF, KOF - aFec toi. A Famais, mon garFon, dit Ben en ramassant son dentier tombé à terre.

Butant sur le cadavre encore coincé sous la porte au moment où il sortait, le vieillard manqua de s'étaler. Yan et Luke restèrent avec Chewie et les droïds.

- Maintenant que Ben est parti, on pourrait peut-être faire une partie ?

- T'as pas entendu ce qu'il a dit ? Il faut que tu nettoies ces fichus droïds.

- C'est toujours à moi de tout faire ici, se plaignit Luke en sortant un chiffon.

Alors qu'il s'approchait de D2 pour commencer à l'astiquer, celui-ci se mit à siffler comme une cocotte-minute.

- Qu'est-ce que tu as fichu ?

- Rien ! J'allais juste le nettoyer quand il est devenu comme fou.

- Il dit : " Je l'ai trouvée ! Je l'ai trouvée ! ", hurla 6PO.

- Qui ça ? demandèrent en coeur Yan et Luke

- La Princesse.

- Quelle Princesse ? s'étonna Salo.

- Celle du message, bien sûr.

- Quel message ?

- Celui du droïd.

- Quel droïd ?

- Celui qui est devant toi.

- Et alors ?

- Il faut la libérer !

- Très peu pour moi, dit Salo d'un air dédaigneux, de toute façon, Ben a dit de rester ici.

- Mais elle est en danger !

- Et alors ?

Luke se mit à réfléchir. Il sortit une photo de sa poche pour la montrer à Yan qui détournait le regard. Chewie la voyant par-dessus son épaule, se mit à siffler.

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- Tiens, regarde, dit Luke. Si tu m'aides, tu auras peut-être droit à une petite récompense.

- Quel genre ? demanda Salo soudain intéressé.

- A ton avis, avec ce genre de filles ? La cerise sur le gâteau, ou une petite gâterie.

- Fais gaffe ! Je suis très gourmand ! Bon, c'est quoi ton plan ?

- Attends, je prends ce masque de fer, là et je le mets sur Chewie...

- GRRWFF !

- Bon, OK ! Fais-le toi-même.

- Ne t'inquiète pas, Chewie. Je crois que je devine son plan. Mais c'est idiot, car tu n'as même pas de frère jumeau.

Après avoir posé le masque de fer sur le visage du Wookie, les trois compagnons quittèrent la salle de contrôle, laissant les droïds jouer sur la Nintendo en les attendant. Ils s'engagèrent dans les nombreux couloirs de l'Etoile Noire cherchant le chemin qui les mènerait au quartier des détenus. Vu la dimension de la station, plusieurs lignes de métro partaient en étoile du centre de la base. Ils arrivèrent assez vite à une bouche d'entrée et passèrent par-dessus les portillons automatiques pour éviter de payer. Ils imitaient en cela ce drôle de jeune homme à la coiffure hirsute habillé en smoking et dont la démarche rappelait étrangement celle d'un gorille. Il n'avait de toute façon plus toute sa tête, car il ne cessait de crier : " Laissez-moi sortir de la forteresse ! ".

De nombreux couloirs plus loin, alors qu'ils s'étaient perdus, ils demandèrent leur chemin à un joueur d'orgue de barbarie.

- Le quartier des détenus ? Vous prenez la ligne 6, en changeant à ‘‘Empire'' vous y serez tout de suite.

- Merci, lui dit Salo et lui assénant une décharge de blaster en pleine tête.

- Pourquoi l'as-tu tué ? demanda Luke.

- Il me rappelait mon vieux.

Luke ne comprit pas l'allusion mais préféra ne pas s'attarder dans la zone. Un convoi de matière dangereuse avait explosé, provoquant une inondation de plusieurs stations et les secouristes que l'on y envoyait n'étaient pas franchement certains de pouvoir libérer les victimes sans faire exploser tout le réseau.

Ils parvinrent enfin aux ascenseurs menant aux cellules. Malheureusement pour eux, le premier était coincé entre deux étages. La grosse femme qui était prisonnière à l'intérieur ne cessait de crier : " Minuterie ! ", pour éviter qu'elle ne se retrouve dans le noir. Ils s'approchèrent donc du second.

- Attends une minute, Luke. Tu ne sais pas lire : " ascenseur pour l'échafaud ". On va peut-être prendre celui d'à côté.

Effectivement, le suivant était celui qu'ils cherchaient. Il était d'ailleurs clairement spécifié dessus : " Allez tout droit en prison, ne passez pas par la case départ, ne recevez pas 20000 crédits ". Ils pénétrèrent donc dans la cabine. Salo gronchonnait.

- Avec tout ça, je perds 20000 crédits. J'espère que quelqu'un tombera chez moi. Cela me permettrait de me refaire.

Quelques instants plus tard, ils arrivèrent au niveau désiré où un officier impérial les attendait, les ayant aperçus grâce aux caméras de surveillance.

- Où allez-vous, avec cette... chose ? dit-il en voyant par terre une main galoper sur ses doigts.

- Désolé, mais nous ne sommes pas ensemble. Nous, on transfère juste cette carpette, répondit Salo en s'approchant.

Peu habitué à porter le casque des gardes roses qui l'empêchait de voir ses pieds, il trébucha contre une marche et ses doigts se crispèrent sur la détente de son blaster. Une décharge partit toute seule et ricocha contre les parois de la station, atteignant les uns après les autres les impériaux présents, tout comme les systèmes de surveillance qui diffusaient en continu des clips au lieu d'être utilisés comme ils auraient dû l'être.

- La vache ! dit Salo surpris par son propre exploit. Bon, c'est pas tout ça, mais où elle est ta Princesse ? Tu m'as promis quelque chose, maintenant j'attends. Alors tu vas la chercher.

Luke partit en direction des cellules. Il ouvrit la porte de la première. Au fond se trouvait un homme qui portait un bicorne et avait une main sur son foie, enfouie sous sa redingote verte. La Princesse n'était pas là, il continua ses recherches et la trouva enfin.

Encore attachée dans sa cellule, la robe à terre, nue, les jambes écartées, Léïa semblait offerte au premier venu. Cela tombait bien, Luke était celui-ci. Son sang ne fit qu'un tour. Il n'avait jamais assisté à un tel spectacle et se précipita sur elle pour tenter de la violer, oubliant qu'il portait un uniforme peu adapté à ce genre de situations.

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- Qu'est-ce que vous allez faire ? lui demanda Léïa d'une voix lascive, encore sous l'emprise des drogues auxquelles on l'avait soumise.

- Mmmm, mmmm !

- Enlevez votre casque. Je ne comprends rien.

- Ah oui, le casque. Je suis Luke Skywalker, je viens pour vous violer. Je suis avec Ben Kenobi et votre droïd.

- Oh oui ! Beennn !... Mais attendez, se reprit soudain la Princesse. Vous ne seriez pas mon frère ?

- Pardon ?

- Rien vous comprendrez dans deux épisodes. Libérez-moi. J'ai envie de Ben. Euh, de le retrouver je veux dire. Et je vous conseille de me donner mes vêtements et de changer de tenue, parce que votre uniforme a soudain rétréci entre vos jambes.

- Ah, oui ! Je me demande pourquoi d'ailleurs. Si vous aviez une explication à ce sujet, ça m'arrangerait. C'est d'ailleurs un phénomène qui m'arrive souvent le matin au réveil et je n'ai toujours pas compris pourquoi.

- Bon, pour les rêves humides, on verra plus tard.

De son côté, Yan avait fort à faire. Les intercoms s'étaient mis à retentir, et il ne savait quel combiné prendre. La console en était pleine et ressemblait à un vrai standard téléphonique. Il prit le premier combiné qui lui tomba sous la main.

- Heu... Salut. Oui. D'accord. Deux pizzas royales avec double ration de fromage, des champignons, des olives, et...

 

- Bloc AA23 ? Qu'est-ce que c'est que ce délire, les caméras de surveillance ont été coupées !

- Heu... On a eu un p'tit pépin de blaster, une arme qui s'est emballée... mais tout va bien, maintenant.. Elle est dans son paquet cadeau.

 

- On vous envoie une escouade.

- Non, surtout pas ! J'veux dire, négatif, négatif. On a un réacteur qui fuit. Une grosse panne. On dirait Tchernobyl. C'est très dangereux...

 

- Mais qui est là ? Quel est votre code de service ?

Agacé, Salo tira une décharge de blaster sur la console, espérant sans doute, fort naïvement, que son interlocuteur lui ficherait ainsi la paix.

- Luke ! Luke ! Au lieu de draguer, dépêche-toi, on va avoir de la visite, hurla-t-il.

- Vous aviez prévu des invités ? demanda Luke à la Princesse.

- Sombre idiot ! Ils veulent nous capturer. Il faut sortir de là, et vite.

Luke suivit de près, de très près même, la Princesse Léia qui prit rapidement un vêtement au passage, plus pour éviter d'attraper froid que pour ne pas apparaître totalement dénudée. Yan était occupé avec la garde qui tambourinait à la porte en criant : " Ouvrez, et livrez-nous ces pizzas royales ! ".

Ne pouvant faire face à la demande, il dut battre en retraite en direction du couloir où Luke et Léia se trouvaient déjà.

- Quel est votre plan ? demanda la Princesse. Vous avez de quoi préparer des pizzas ou non ?

- Le cerveau, c'est Luke, pas moi !

- Vous n'allez tout de même pas leur donner son cerveau. Outre le fait que cela ne fera pas lourd, c'est très dangereux pour la santé. Vu son état mental, je crains qu'il soit atteint d'une encéphalite spongiforme.

- De quoi ? demanda Luke qui venait de réaliser qu'on parlait de lui.

- Rien ! Laissez-moi faire, dit la Léia. Il faut toujours que ce soit les femmes qui s'occupent de tout.

Sortant son rouleau à pâtisserie, la Princesse se mit à préparer de la pâte avec les ingrédients qui par chance se trouvaient dans le petit réfrigérateur du quartier des détenus. En quelques instants, elle prépara les deux pizzas royales, juste à temps avant que les premiers gardes roses qui venaient d'arriver à leur hauteur ne se mettent à tout casser en provoquant une bagarre générale.

- Et maintenant ? demanda Yan. On ne va quand même pas se mettre à servir à dîner à tous les soldats de la station. Si d'autres arrivent, que ferons-nous ?

- Nous allons jeter les restes dans le vide-ordures, et nous en profiterons pour nous échapper par là.

- Le vide-ordures ? Quelle bonne idée.

- Mais il doit faire noir, là-dedans, dit Luke horrifié.

- De toute façon, on a pas trop le choix. Votre copain Wookie passe le premier. Comme ça, il nettoiera le conduit avec ses poils. Vous autres, vous me suivez.

Jamais à cours d'idées, Luke sortit d'une de ses poches un drôle d'objet en plastique qu'il se mit à gonfler.

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- Qu'est-ce que c'est que ce machin ? demanda Salo.

- C'est mon Landspeeder gonflable. Je ne m'en sépare jamais. Je vais même à la mer avec. Regarde, dit Luke en sortant une photo de vacances.

- Je savais bien qu'il était atteint, mais pas à ce point. Allez, saute !

- Youpii ! Comme à l'Aquaboulevard !

Yan était désabusé. Laissant quelques secondes d'avance à Luke, le temps que la lumière rouge située au-dessus du conduit passe au vert, il emprunta à son tour l'étroit passage.

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La pauvre Léia avait bien mal choisi sa position. Dans tous les sens du terme, et dans tous les sens tout court, vu qu'en arrivant, elle s'était empalée droit sur Chewie qui l'avait précédée. S'étant tout juste retirée de cette étreinte, elle avait encore du mal à serrer les jambes en marchant lorsque le Landspeeder de Luke atterrit à côté d'elle, l'éclaboussant au passage.

Sa robe trempée lui collait à la peau, ce qui ne laissa pas Salo indifférent.

- Vous n'avez jamais songé à participer à des concours de T-shirt mouillés ?

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- Très drôle, mais figurez-vous que oui. Et en général, je gagne. Mais au lieu de raconter des idioties, vous feriez mieux de nous aider à nous sortir d'ici.

- Attendez, je vais tirer une décharge de blaster contre cette porte et...

- NON ! ! crièrent en coeur Luke et Léia.

Trop tard ! Yan avait déjà dégainé. Il tira en direction du sas les retenant prisonniers dans le vide-ordures. Telle une bille d'acier dans un flipper, le jet d'énergie rebondit de mur en mur, manquant de peu Léia, Luke et Chewie, jusqu'à ce qu'une lumière rouge clignote et qu'un affichage lumineux indique : BONUS - 1 PARTIE GRATUITE.

- Vous avez vu ? Attendez, je recommence pour tenter d'améliorer.

- Lâchez ça ! fit sèchement la Princesse en empoignant l'arme du contrebandier. Vous allez tous nous tuer.

- J'vais vous dire, c'est pas l'envie qui m'en manque... Juste le courage...

- Il y a quelque chose qui bouge entre mes jambes.

- Moi aussi, Luke. Chaque fois que je vois une jolie fille.

Soudain, un tentacule caoutchouteux s'enroula autour du jeune garçon qui disparut dans l'eau crasseuse du vide-ordures.

GLOUGLOU BLUBBLUBBlubblubblub...

- Luke, Luke ! cria Léia.

- On n'a pas idée de se laver les cheveux dans ce jus de poubelle.

- Ce n'est pas drôle. Aidez-moi plutôt à le retrouver.

La tête de Luke fit surface un bref instant avant de replonger sous l'eau.

- Le revoilà ! Mais tirez donc sur ce machin en plastique !

- J'peux pas. Vous m'avez piqué mon arme.

- Alors trouvez autre chose.

- Attendez un instant. Cette bestiole me rappelle quelque chose.

Sortant un livre relié en peau humaine de sa poche, Yan en lut un passage.

 

" ... car Ubbo-Sathla est la source et la fin. Avant la venue de Zhothaqquah ou de Yok-Zothoth ou de Cthulhu des étoiles, Ubbo-Sathla demeurait dans les marécages écumants de la Terre nouvelle née ; une masse sans tête ni membres, engendrant les têtards gris et informes de l'origine et les hideux prototypes de la vie terrestre... Et toute vie de la Terre, est-il dit, devra faire retour à travers le grand orbe du temps, à Ubbo-Sathla. "

Après cela, Salo se mit à réciter des incantations dans ne langue inconnue : " Ph'nglui mglw'nafh Cthugha Fomalhaut n'ghaghaa naf'l thagn ! Iä Cthulgha ! " s'écria-t-il plusieurs fois de suite. Sous les yeux effarés de ses compagnons, une hideuse créature sortit de l'eau. Elle semblait obéir aux ordres de Salo. L'odeur putride qu'elle dégageait était insoutenable. De ce qui semblait lui servir d'orifice buccal s'échappaient des sons indescriptibles. Elle semblait remplir tout l'espace du vide-ordures. Petit à petit, la bête s'éleva dans les airs, laissant traîner derrière elle, nonchalamment, ses tentacules. Elle ne tarda pas à arriver jusqu'à l'embouchure par laquelle les fugitifs étaient arrivés. Elle disparut alors tandis que l'on entendait des bruits de succion provenants sans doute de son corps qui glissait contre les parois de l'étroit goulot.

- Comment as-tu fait ça ? demanda Luke soufflé.

- Facile, je ne me sépare jamais de mon Nécronomicon. Bon, on continue...

Un horrible crissement semblable à des ongles rayant un tableau noir résonna dans la pièce.

 

Criiiiiiissss !

- Que se passe-t-il maintenant ? demanda Léia.

- Regardez ! Les murs bougent, dit Luke.

La Princesse ne perdit pas son sang froid. Grimpant sur une pile d'immondices, elle empoigna un coton-tige géant pour tenter d'éviter que les parois ne se rapprochent davantage.

- Aidez-moi donc, dit-elle à Luke et Yan.

De son côté, Chewie tentait de pousser sur les murs, mais en vain. Ils continuaient à se rapprocher inexorablement.

- Attendez ! dit Luke. J'ai une idée.

Le jeune garçon saisit son intercom resté à sa ceinture.

- 6PO ? 6PO, tu m'entends ?

Dans la salle de contrôle où les deux droïds se trouvaient, le son de la course de Pode sur la Nintendo 64 couvrait tout autre bruit.

- Comment ça, tu as gagné ? Je te rappelle que nous avons encore la belle à faire. Ecoute, on dirait qu'on nous parle.

 

- 6PO ? 6-P-O ? MAIS REPONDS BORDEL !

- Oui, ça va, ça va ! dit le droïd doré. Que se passe-t-il encore, maître Luke ?

 

- 6PO, nous sommes dans un vide-ordures dont les murs se rapprochent.

- Dois-je vous rappeler, Maître Luke, que vous devez nous passer du polish tous les jours et que si vous le faites en étant vous-même sale, il faudra recommencer.

 

- 6PO, dis-nous plutôt ce que nous devons faire pour sortir de là.

- Attendez un instant, Messire Luke. Je branche le moniteur de contrôle pour avoir l'image... Ah, oui ! Je vois très bien maintenant. Et bien, l'épreuve consiste à trier les ordures en moins de trois minutes, sinon l'épreuve est perdue et vous n'aurez pas la clef d'or.

 

- Quoi ? Qu'est-ce que c'est que ce délire ?

- C'est très simple : le verre avec le verre, les cartons et papiers dans le sac bleu, les emballages plastiques et boîtes de conserve dans le sac jaune, les déchets organiques dans la poubelle marron et tout le reste sauf l'aluminium dans la poubelle noire.

 

- Mais comment veux-tu qu'on s'y prenne ?

- Vous n'avez plus que deux minutes trente, Messire Luke. Dépêchez-vous, vous devez trouver d'abord les sacs et poubelles quelque part dans la pièce.

Dans le vide-ordures, Léia et Yan s'activaient déjà. Ils avaient commencé à trier différents déchets, lorsqu'ils parvinrent à dénicher les sacs jaune et bleu, ainsi que les poubelles marron et noire.

- Et pour le verre ? demanda Salo.

- On verra une fois tout terminé, lui répondit Léia. Je pense qu'il suffit de le mettre à part.

Luke s'occupait de son côté plus spécifiquement des déchets organiques avec Chewie, lorsqu'ils tombèrent par hasard sur un cadavre.

- Il doit s'agir du précédent concurrent. Yan ? Dans quoi dois-je le mettre, à ton avis ?

- Poubelle marron, c'est logique. Mais dépêche-toi ! Il ne reste plus que vingt secondes.

- Tu as raison. Vite, Chewie ! Après cela, nous aurons fini.

Un gyrophare rouge s'était mis à clignoter, signe que l'épreuve touchait à sa fin. Toutes les ordures étaient triées. Les murs cessèrent de se rapprocher. L'épreuve était finie et les quatre étaient exténués.

- Alors, 6PO, demanda Luke par l'intercom. On a gagné ?

- Hélas non ! Messire Luke. Il y avait un piège. Le cadavre que vous avez trouvé aurait dû être dévêtu et ses hardes données à la Croix Rouge. Néanmoins, comme vous êtes les premiers à avoir accompli un tel exploit, on vous envoie quelqu'un pour vous ouvrir la porte.

Quelques instants plus tard, un bruit de serrure résonna dans le vide-ordures. La porte d'accès s'ouvrit et un gnome informe, sans doute muet, leur expliqua par signe qu'ils pouvaient quitter les lieux, ce dont ils ne se firent pas prier.

Ben avait l'impression de marcher dans les couloirs de l'Etoile Noire depuis des heures. Il faut dire que le décor était assez monotone ; les mêmes éléments se répétaient à l'infini. Il pensait en lui-même que l'architecte aurait pu faire un effort. Mais comme bien des fois lorsque l'on édifiait ce genre de bâtiment, il avait été sacrifié pour que ses plans ne soient jamais découverts. On l'avait ainsi enfermé au plus profond de la station en compagnie d'autres victimes innocentes. C'est que le vieux Jedi avait réussi à découvrir en lisant les inscriptions gravées dans la pierre des murs.

Pour retrouver son chemin, il avait utilisé une vieille technique Jedi : il avait attaché un fil de sa robe de bure et, pour plus de sécurité, il semait derrière lui de petits cailloux blancs. Mais, rapidement à cours de pierres, il en était venu à les remplacer par de petits morceaux de pains. Hélas pour lui, cette méthode n'était guère judicieuse, car un lapin le suivait, dévorant chaque miette et regardant constamment sa montre qu'il sortait de ses vêtements en disant : " Je suis pressé, pressé ! ". Obi-Wan ne savait pas très bien si ces visions étaient réelles ou une pure invention de son imagination qui le travaillait depuis que, jeune apprenti, il avait largement abusé de substances illicites, alors très prisées de la jeunesse, pour entrer en transe Jedi plus facilement.

Il vit soudain au loin l'interrupteur qu'il cherchait. Il était temps : sa tenue ressemblait maintenant davantage à une brassière qu'à une robe de Jedi. Les obstacles pour y parvenir étaient cependant nombreux. Cela commençait par l'échelle de corde, suivie du coupe-jarret après quoi, il fallait faire un rampé sous des barbelés pendant quinze mètres. Passés les plots, un saut par dessus les barres parallèles permettait de continuer pour grimper à l'échelle de barreaux. Après quoi suivaient le tronc d'arbre sur lequel il fallait trouver son équilibre et la planchette irlandaise par-dessus laquelle on passait. Le souffle coupé, venait alors le moment du dessus-dessous, et de quelques autres fossés peu larges, mais qui empêchaient de vraiment récupérer. Enfin, on arrivait au mur qui précédait la fosse et là, le but était presque atteint, puisqu'il ne restait plus que la " girafe " à passer ainsi qu'un petit labyrinthe.

Obi-Wan parvint enfin au rayon magnétique. Son stimulateur cardiaque commençait à donner des signes de faiblesse. Il prit donc de nouvelles pilules pour récupérer de ses efforts et commença à faire un numéro d'équilibriste autour de la plate-forme pour tromper la vigilance des gardes roses qui étaient à proximité. Par chance, ceux-ci étaient plongés en pleine discussion.

- Tu as vu TPM ?

- Non, pas encore, mais j'ai un copain qui l'a vu sur le CD pirate.

- Et alors ?

- C'est pourrave à c'qui paraît.

- ça ne m'étonne pas !

Obi-Wan ne prêtait pas attention à leur propos. De toute façon, son ouïe était si faible qu'il en aurait été bien incapable. Il essayait de se concentrer sur ce qu'il avait à faire : utiliser une version archi-bugguée de WINDAUBE 98 pour neutraliser le champ magnétique. En quelques clics de souris, il parvint à trouver le fichier qu'il cherchait. Il n'était hélas pas au bout de ses peines. Un message apparut à l'écran :

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Ne sachant que faire, il jugea préférable de laisser WINDAUBE gérer ce nouveau Bug. Il était probable que le système d'exploitation tournerait en boucle indéfiniment sans réactiver le champ magnétique. Il lui fallait maintenant trouver une autre astuce pour éviter les gardes. Son numéro de funambule avait fonctionné une fois, mais ne marcherait pas la deuxième. Il lui vint soudain une idée. Sortant de sa poche des lunettes de soudeur, il s'approcha des gardes et leur proposa de les chausser pour voir en direct une éclipse totale. Les gardes s'exécutèrent et le vieux Ben en profita pour s'éclipser discrètement.

Dans la salle de réunion de la station, Vador était plongé en pleine discussion avec Tartine.

- Obi-Wan est ici même en ce moment.

- Comment pouvez-vous en être si sûr ?

- Je sens d'ici son odeur de vieux en décomposition.

- Allons, depuis le temps, il doit être mort.

L'intercom de Tartine sonna.

 

- Seigneur Tartine, on nous signale que des livreurs de pizzas se sont introduits dans le bloc de détention AA23.

- Qu'est-ce que vous voulez que cela me fasse ?

 

- Elles sont excellentes, Seigneur Tartine. Vous devriez les goûter.

- Nous n'avons aucun chef cuisinier valable, ici. Il ne peut s'agir que de la Princesse, dit Tartine à Vador.

- Obi-Wan est avec elle.

- Dans ce cas, il ne doit pas s'échapper, Seigneur Vador.

- Il n'en a pas l'intention. Ni la possibilité. Personne ne connaît les plans de cette station. Je doit l'affronter seul à seul. Vous savez, une lame, ça pénètre comme dans du beurre dans les plis du cou d'un vieillard.

Vador quitta Tartine. Il devait encore aiguiser la lame de son sabre laser avant d'aller affronter Obi-Wan.

Du côté du vide-ordures, les fuyards tentaient de remettre de l'ordre dans leur tenue. Jetant un coup d'oeil derrière la cloison où la Princesse s'était installée pour se changer, Yan ne put réprimer un sifflement en la voyant en si petite tenue.

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- Dites donc. Sacré caverne, il a dû y en avoir un paquet qui sont passés par là. Espérons qu'elle ne soit pas envahie de Mynocks.

- Fichez-vous de moi ! On voit bien que le Grand Moff Tartine ne vous est pas passé dessus. Et en plus, il y a eu votre copain Wookie et ses poils dégoûtants.

- Oh, pour Chewie, ne vous inquiétez pas. Il a tout prévu.

Chewbacca venait en effet de sortir de sa musette une fourrure toute propre, fraîchement repassée. Il écarta délicatement les poils de son ventre pour actionner la fermeture éclair de sa tenue. Après avoir ôté ses chaussures, fourrées également, et ses gants de wookie, il enfila sa fourrure propre et refit les lacets de ses souliers griffus.

- Groumpf, groumpf, grroar !

- Qu'est-ce qu'il raconte ? demanda Léïa.

- Il dit qu'avec " Soupleen Galactic ", son poil retrouve la brillance de ses 100 ans.

- Bon, pas de temps à perdre, reprit Léïa, il faut quitter l'Etoile Noire.

- Laissez faire un pro, dit Salo. J'ai été arrière gauche en deuxième division de l'équipe Corellienne, alors c'est pas cette équipe de tubes de tipp-ex qui va me faire peur.

- Ce garçon a du courage. Il me fait penser à Harrisson Ford... en moins bien.

- Ouais ben si ce crétin se fait tuer, répondit Luke à Léia, on aura l'air bien cons pour quitter cette base. Parce que moi j'veux bien piloter les pires coucous de la bordure extérieure, mais jamais je ne toucherai à son lave-vaisselle volant. Allez venez par là, Princesse, on va pas planter des choux ici.

- Mais c'est qu'il se fait autoritaire, le gamin, quand son copain n'est pas là !

Salo se rua en hurlant derrière deux soldats qui, pris de panique, s'enfuirent en jappant. Très sensible aux cris stridents depuis que Yan lui avait balancé 10000 Watts dans les oreilles, Luke fit une grimace. Surprise, Léia fit un bond en arrière.

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L'un des soldats perdit une botte et s'étala pendant la course. Salo, lui, sauta par-dessus en continuant de gueuler. Soudain, arrivant au bout du couloir où le garde avait tourné, il se retrouva au milieu d'une rave-party organisée par les officiers supérieurs. Une centaine de gardes roses dansaient en prenant plein de pilules de toutes les couleurs. Des nuages de poudre blanche limitaient le champ de vision. De nombreux soldats sautaient en l'air en humant les volutes blanches et retombaient, ivres de bonheur. Salo s'arrêta net. Il ne supportait pas l'odeur du tabac, encore moins lorsque cela ressemblait vaguement à de l'eucalyptus. Il repartit dans l'autre sens en direction du couloir qu'il avait quitté.

De leur côté, Luke et Léia fonçaient dans un couloir, sans pour autant savoir où il les mènerait. Soudain, Léia stoppa sa course et fit un pas en arrière. Luke, qui n'avait pas été aussi prompt à la détente que la Princesse, tomba dans le vide et se rattrapa d'une main à la corniche.

- NOOON ! cria Luke. Je ne veux pas mourir ! Pas maintenant et pas comme ça !

- De quelle façon préfériez-vous donc ? lui demanda Léia.

- Je ne sais pas, et je m'en fiche. Je veux mon Rancor en pelucheuuu !

- Luke. Obi-Wan ne t'as jamais dit ce qui est arrivé à ton Rancor ?

- Il m'en a dit assez ! Il m'a dit que les hommes des sables me l'avaient piqué.

- Non, Luke... Il est dans le vaisseau avec Salo.

Cette révélation donna des ailes à Luke. D'un battement de celles-ci, il se retrouva sur la plate-forme aux côtés de la Princesse.

- Dans ce cas, poursuivons ! dit Luke, parfaitement remis de ses émotions.

- Vous savez où nous sommes ?

- On n'a pas du tourner où il fallait.

- Merci, j'avais pas remarqué.

Un tir de blaster atteignit la paroi à côté de Léia.

- On nous tire dessus. Luke, vous avez des armes ?

- Oh, non, c'est bien trop dangereux. Et vous ?

- Il faut décidément que je me charge de tout ! Poussez-vous un peu.

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Léia fit un petit pas en arrière suivit d'un vers l'avant, s'accroupit, se releva, fit trois tours sur elle-même et enfin un saut en arrière. Elle se retrouva alors les mains remplies d'armes en tout genre.

- Comment avez-vous fait ?

- C'est un code spécial pour obtenir toute les armes que l'on souhaite. En attendant, il faut trouver un moyen de tenir à distance les gardes qui font un poker devant la porte.

Regardant autour de lui, Luke aperçut une caisse portant l'inscription : " ACME JOKE ". L'ouvrant, il prit les planches et les clous qui se trouvaient à l'intérieur et commença à barricader la porte.

- ça devrait les tenir un moment.

- Où est la com-mande de la passe-relle ?

- Oh mince ! Je crois bien que j'ai cloué mes planches dessus.

- Quelle truffe, ce Skywalker !

- Attendez ! Regardez ce qu'il y a d'autre dans la caisse.

Luke sortit deux espèces de bottes en-dessous desquelles étaient fixées deux mini-fusées. Il lut la notice d'utilisation des " ACME ROCKET " et les enfila en prenant la commande de contrôle à la main. Derrière les planches, les gardes roses qui avaient fini leur poker, commençaient à chercher à les déclouer.

- Allez, grouillez-vous, avant qu'ils ne décrochent la dernière planche.

- Agrippez-vous à moi, dit Luke en faisant signe à la Princesse.

Léia sauta dans ses bras et l'embrassa fougueusement. Elle détourna presque aussitôt la tête et cracha sur le côté.

- Vous pourriez vous laver les dents.

- Ce n'est pas ça. J'ai mangé de l'ail hier soir pour éloigner les vampires.

- Dites donc. Vous avez un blaster dans la poche de votre pantalon, ou c'est la joie de me serrer dans vos bras ?

Luke se mit à rougir.

- En tout cas, poursuivit Léia, c'est un petit calibre. Et je m'y connais.

Luke appuya sur le bouton de mise à feu des bottes et un instant plus tard, il se retrouvait avec la Princesse de l'autre côté du précipice. Aveuglés par la fumée des petits réacteurs, les gardes, qui venaient d'arracher la dernière planche les séparant des fuyards, tombèrent un à un dans le vide. Luke et Léia entendirent un léger " SPLOTCH" atténué par la distance, au moment où les gardes rencontrèrent le sol.

D'où ils étaient, Yan et Chewie pouvaient apercevoir leur vaisseau dans le hangar. Quelques soldats montaient distraitement la garde tout en échangeant des Trading Cards, activité qui semblait les motiver davantage. Léia arriva en courant à côté d'eux.

- Qu'est-ce que vous faisiez, bon sang ? Chewie et moi, ça fait dix minutes qu'on fait le poireau !

- Heu... Nous avons rencontré quelques vieilles connaissances, alors on s'est dit qu'on pourrait faire un barbecue et de la glace à la fraise avec un peu d'azote liquide.

Luke arriva derrière à bout de souffle.

- La vache ! Elle est rapide, la Princesse.

Léia observa par la baie vitrée le vaisseau qui semblait rouiller à vue d'oeil dans le hangar.

- Superbe, dit-elle admirative. C'est un scratch ? Vous avez accompli un fort beau travail de vieillissement.

- Oui, merci ! Un coup d'aérographe, brossage à sec, quelques vieux appareils pour les détails rajoutés. Le truc classique, quoi.

- Je ne voudrais pas vous ennuyer, mais je plaisantais. Je trouve ce vaisseau minable et sans classe. Tout comme son propriétaire d'ailleurs. Mais puisqu'il n'y a pas d'autre moyen de partir, on fera avec.

- Charmante, ta Princesse, Luke. Ou je la tue, ou je tombe amoureux.

- Remarque, tu peux faire les deux, rétorqua Luke. Comme ça, tu récupères le magot, et pour un crime passionnel, tu en as pour cinq ans au plus.

- C'est pas bête. Je vais y réfléchir.

Yan, Luke et Chewie suivirent Léia en direction du vaisseau pour tenter de monter coûte que coûte à bord du Pigeon et quitter l'Etoile Noire.

De son coté, Ben sentait son but tout proche. Il remontait patiemment sa robe en tricotant le fil qu'il avait laissé derrière lui quelques heures plus tôt. Il était penché en tirant dessus lorsqu'il sentit un légère résistance. Il suivit le fil jusqu'à sa source et se trouva nez à nez avec une botte noire.

- Bienvenu, Obi-Wan.

- Dark ! dit Obi-Wan en relevant la tête. Comme tu as grandi.

- C'est pour mieux te dominer, vieux débris.

- Comme tu as un joli casque.

- C'est pour mieux te voir, vieux schnock.

- Comme tu as une belle arme.

- C'est pour mieux de trucider, vieillard sénile.

S'emparant du blaster qu'il portait à la taille, Vador tira sur Obi-Wan. Légèrement touché au bras, le vieux Jedi s'agrippa au décor qui menaçait de tomber et de dévoiler les projecteurs.

- Comment va ta prostate, Obi-Wan ?

- T'as qu'à venir voir, si tu veux le savoir.

- Non merci, je ne suis pas si curieux que ça. Obi-Wan ? Allez, sors ta tête. Juste une petite décharge entre les deux yeux. Je ne te ferai pas souffrir... En souvenir du bon vieux temps !

- Fais pas l'con, Vador. Lâche ce flingue. C'est moi que tu veux. J'ai plus qu'un bras. Tu peux me battre.

Obi-wan se releva, bravant Vador.

- Allez, Vador ! Jette ce blaster de trouillard. C'est pas drôle d'appuyer sur la gâchette. Tu veux m'enfoncer le sabre laser dans le bide et me regarder dans les yeux pour savoir ce que je ressentirai, pendant que tu tourneras ? C'est ça que t'as envie de faire ?

- Je vais te tuer, Obi-Wan !

- Eh bien, lâche ce blaster, c'est entre toi et moi. Ne te prive pas de ce plaisir. Allez, viens, Vador. On va s'marrer !

- T'as raison Obi-wan. J'ai pas b'soin de ce putain de blaster, dit le seigneur Vador en jetant violemment son arme à terre. Je vais te tuer maintenaaant !

Il en se rua sur le vieillard tout en allumant son sabre laser.

Abrités derrière des tables de saloon, Yan, Luke, Chewie et Léia échangeaient des coups de blaster avec les gardes roses. Les droïds les avaient rejoints. Luke aperçut Obi-Wan en fâcheuse posture contre celui qu'il détestait plus que tout au monde, Vador. Depuis que le vieux Ben lui avait relaté toutes les méchancetés auxquelles le Seigneur Noir s'était livré - fermer les boutiques de jouets le jour de Noël, torturer des peluches, ou pire : extraire les figurines rares de leur blister - Luke lui vouait une haine farouche.

Le vieux maître était à bout de souffle.

- Tu te fais vieux, Obi-Wan !

Vador assena un coup terrible à Kenobi qui chancela et se retrouva un genou à terre. Vador en profita pour porter des coups encore plus violents au vieux Jedi, qui tentait tant bien que mal de se protéger.

- Qu'est-ce que c'est bon. Comme au bon vieux temps ! Qu'est-ce qu'on ressent quand on est un homme mort, Obi-Wan ?

- Dis pas de conneries !

A la surprise de Vador, Obi-Wan se releva et lui rendit coup pour coup. Vador reculait. Il ne vit pas le disjoncteur situé derrière lui et dont il se rapprochait lentement. Il entra en contact avec, dans une gerbe d'étincelles, mais contrairement à ce qu'espérait le vieillard, cette décharge lui donna encore plus d'énergie qu'auparavant. Le Seigneur Sombre fonça vers Kenobi en hurlant.

- C'est pas entre les yeux, que je vais te buter, Obi-Wan. C'est entre les couilles !

Son Sabre laser décrivit un arc de cercle partant du bas vers le haut, mais s'arrêta net entre les jambes du vieillard.

- Tu avais oublié mon anus artificiel en titoxyde de carbure, gamin.

Ces paroles furent les dernières du vieillard. Vador profita de l'excès de confiance d'Obi-Wan en ses implants bioniques pour le feinter et sa lame le trancha net à la hauteur de la ceinture. La robe de Jedi tomba telle un spectre se désincarnant. Dans un bruit mat, l'anus artificiel d'Obi-Wan tomba à terre. C'était la seule trace de la présence, quelques instants plus tôt, du vieillard. En tâtant du pied pour vérifier qu'il n'y avait pas là quelque entourloupe, Vador déposa malencontreusement sur sa botte un peu de matière fécale provenant de l'appareil de Kenobi. Il s'essuya sur la robe du Jedi qui gisait à terre.

Luke qui venait d'assister à la mort de son maître était pétrifié.

Casse-toi, Luke !

Le jeune garçon ne savait pas très bien d'où venait cette voix qu'il entendait, mais jugea préférable, vu la situation, de suivre ce conseil. Il rejoignit les autres à bord du Pigeon.

- Les gars ! Il va encore falloir pousser, dit Yan.

- Oh, non !

- Poisson d'Avril ! Allez, on s'arrache.

Yan fit vrombir plusieurs fois le moteur de son appareil avant de décoller. Les malheureux soldats qui se trouvaient derrière périrent asphyxiés par les gaz d'échappement du vaisseau qui prit laborieusement son envol. Dans le cockpit, c'était l'euphorie.

 

" ON EST DES CHAMPIONS, ON EST DES CHAMPIONS, ON EST, ON EST, ON EST DES CHAMPIONS... ", chantaient Yan, Luke, Léia et Chewie pour lequel c'était moins évident.

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- Allez, gamin, un peu de brandy corellien. Tu l'as bien mérité aussi.

- Au lieu de vous réjouir, regardez plutôt vos radars, dit Léia.

- Oh, la rabat-joie ! Profitez-en aussi, c'est la maison qui paye.

- Mais vous ne voyez rien ? Nous sommes suivis.

Quatre Tie-cray-ions avaient en effet pris en filature le Pigeon Voyageur et étaient maintenant à portée de tir.

- Allons-y, tous aux canons.

- Au clair de Ya-vi-neu, se mit à chanter Luke décalé de deux secondes avec Léïa.

- C'est pas vrai, c'est à croire qu'ils sont génétiquement aussi cons !

Yan indiqua à Luke l'emplacement des tourelles de tir et s'introduisit dans celle supérieure pour engager le combat contre les Tie-cray-ions. Luke n'était pas encore familier du vaisseau, mais cet exercice lui semblait distrayant.

- Yan comment ça marche ?

- Tu introduis le CD marqué "Disc 1" dans le lecteur et tu attends. C'est un auto-exécutable.

Quelques secondes plus tard, le programme se mit en route. Comme Yan fonctionnait encore sous Windaube 3.11, le graphisme était assez rudimentaire. Une carte 3D Waoudoudou 3 avec 16 Mo de RAM aurait été la bienvenue, car l'apparence filaire des Tie n'était pas franchement réaliste.

- Et maintenant ? demanda Luke.

- Tu prends le joystick et tu shootes tout ce qui passe.

Le jeune garçon se prit au jeu, mais commença à être rapidement énervé.

- On est en niveau "Top Ace", ou quoi ? J'arrive pas à les descendre, ils sont bien trop rapides.

Yan tirait sans relâche sur les vaisseaux ennemis. L'un d'eux vint se placer derrière le Pigeon, espérant tromper ainsi la vigilance des tireurs. C'était l'occasion que Salo attendait. Il appuya sur un bouton, ce qui libéra de l'huile d'un réservoir secret. Le Tie-Cray-Ion, déstabilisé, glissa et finit par se disloquer en projetant des débris dans toutes les directions.

Dans le même temps, Luke en descendit un autre. Yan, qui n'avait pas envie d'en rester là, décida d'utiliser un vieux truc de contrebandier : il entra au clavier un "shit" code et se retrouva avec un niveau de performances supérieur à celui de ses adversaires. Ceci lui permit d'éliminer un autre Tie sans aucune difficulté.

Luke n'avait pas la chance de connaître de telles astuces. Il dut se fier à son instinct pour se débarrasser du dernier de leurs poursuivants. Un exploit incroyable pour le jeune garçon.

 

" ET UN, ET DEUX, ET TROIS, ET QUATRE-ZE-RO! ON EST DES CHAMPIONS, ON EST DES CHAMPIONS, ON EST, ON EST, ON EST DES CHAMPIONS... "

- Voilà qu'ils remettent ça, dit la Princesse Léia. J'espère que dans un an, ils auront un autre sujet de conversation.

Yan la rejoignit dans l'espace passager du Pigeon.

- Belle victoire, non ? Vous savez qu'il m'arrive encore de m'étonner moi-même ?

- Mouais. J'avoue que ce n'était pas mal, mais avec les "shit" codes, vous n'avez aucun mérite.

- Ah oui. Et ce décollage de l'Etoile Noire ? Vous n'allez pas me dire que c'était avec un "shit" code, non plus ?

- Vous êtes vraiment une truffe, vous aussi. On nous a laissés fuir, c'est évident. A tous les coups, ils nous ont collé un émetteur qui leur donnera la position de la base. C'est maintenant qu'il va falloir se bastonner. Auparavant, c'était du gâteau.

- A propos de gâteau, je crois que j'ai droit à ma part. On m'a parlé de certaines petites sucreries.

- Ne craignez rien. Je vous en donnerai à l'overdose, si ce n'est que cela. De toute façon, la seule chose que je sois en mesure de vous proposer pour le moment, c'est un steak tartare.

- Yan, j'ai un problème, dit Luke qui n'était toujours pas redescendu de sa tourelle de tir.

- J'ai un copain qui bossait à Houston, il a aussi entendu ce genre de message. Qu'est-ce qu'il y a ?

- Je suis collé au siège. Je ne peux plus bouger.

- Oh, non ! J'avais oublié. La dernière fois que Chewie s'était assis là, il avait mangé du ragoût de Bantha. Ne bouge pas, Luke. Sinon tu vas abîmer les sièges. Je vais chercher de l'eau chaude pour te décoller.

Quelques minutes plus tard, les deux hommes rejoignaient les autres dans la salle principale du Pigeon Voyageur.

- Félicitations ! lui dit Léïa. Mais, Luke, vous avez l'air très émotif. Il fallait mettre un pantalon marron si vous vouliez que votre peur soit moins visible.

- Mais c'est pas ça. C'est de la faute à Chewie, qui a mangé trop de...

- Voilà, voilà. Toujours des excuses en rejetant la faute sur les autres. Et puis d'abord, on ne dit pas A Chewie, mais DE Chewie. Vous savez, je suis parfaitement capable de comprendre que vous ayez eu peur.

- C'est même pas vrai, dit Luke en s'ébouriffant une fois de plus les cheveux. En plus, vous m'aviez promis mon Rancor en peluche et je l'attends toujours.

- Je vous jure que vous en aurez un, mais seulement si vous parvenez à détruire l'Etoile Noire. Parce que faut pas compter sur votre copain pour ça. Quand il s'agit de parler, il sait utiliser sa langue. Pour le reste, je demande à voir.

- Je veux bien vous montrer, moi.

La Princesse partit s'asseoir dans un coin calme du vaisseau. Luke alla rejoindre Yan qui était vautré dans son siège.

- Qu'est-ce que tu penses d'elle, demanda Luke.

- Oh, moi, je préfère ne pas y penser. Mon pantalon ne sera jamais sec, sinon. Et toi ? Tu crois qu'une Princesse et un type comme moi...

- Non ! Luke s'ébouriffa les cheveux rien qu'à cette idée et partit bouder dans un coin en attendant la fin du voyage.

Quelques heures plus tard, le Pigeon Voyageur arrivait en bordure du système de Yavin. Les rebelles avaient installé leur base secrète sur la quatrième lune de ce système. La présence de ces nombreux satellites naturels avait pour conséquence de perturber quelque peu les cycles humains et la Princesse Léia n'échappait pas à la règle, ce qui était vraiment le cas de le dire. Prise de fortes migraines, son caractère était devenu détestable... Enfin, plus qu'avant.

- Posez-vous par là, dit-elle à Salo. Non, pas là. Là ! Près de cette pyramide. Et dépêchez-vous, on a pas tout le temps.

- Tu veux que je te dise, Chewie. Je vous envie, vous les Wookies, avec vos cycles lunaires de vingt-deux ans. C'est un truc que vous n'avez pas à supporter.

- Graorf, graaorf, graorf, répondit en riant Chewbacca.

Les habitants originaires de la planète étaient restés à un stade très primitif. Cela n'avait pas empêché, malgré tout, l'Alliance de les enrôler dans ses rangs, pour servir de vigie. Ainsi en voyant le vaisseau de Salo approcher, le Yavinais qui était de garde dans la tourelle d'observation signala à ses supérieurs que : " le gros oiseau en métal s'approchait ". Les officiers eurent toutes les peines du monde à lui expliquer que lancer des flèches empoisonnées contre lui ne servirait à rien.

Le temple où la base rebelle se trouvait était immense. De nombreux chercheurs tentaient depuis des années de découvrir son origine. L'un d'entre eux, plus entêté que les autres était encore là. Salo en le voyant eut un choc.

- Il faut que je vous laisse deux secondes, dit-il à ses amis en débarquant.

- Que se passe-t-il, Yan ? demanda la Princesse.

- Je viens de voir un cousin à moi.

- Qui donc ?

- Le type là-bas, avec un chapeau et un fouet, poursuivi par des sauvages Yavinais. Je vous retrouve au briefing.

L'accueil officiel réservé à la Princesse surprit Luke. Il crût reconnaître quelqu'un en voyant le Général Dandinna se porter à la rencontre de la Princesse. Habillé tout en rouge avec un long bonnet dont le pompon pendait dans le dos, seul ressortait de son allure sa longue barbe blanche. Il salua chaleureusement Léia.

- Princesse Léia Orgasma ! C'est trop cool de vous voir ici. Nous craignions le pire après la catastrophe d'Alderaan. Nous vous imaginions déjà accrochée à un grillage et réduite en poussière par l'explosion nucléaire.

- Nous pleurerons plus tard, Général. Je vous ai apporté les plans de l'Etoile Noire, planqués dans cette cocotte minute bleue, dit-elle en désignant D2-R2 qui n'arrêtait pas de siffler. Vous avez la possibilité de décoder ses informations ?

- Il ne fonctionne pas sous WINDAUBE, au moins ? Nous n'avons que des BUGS avec ce logiciel. Et le passage à l'heure d'été de Yavin n'a fait qu'accentuer le phénomène.

- Je crois qu'il est compatible NINTENDO.

- Un adaptateur PLAYSTATION devrait faire l'affaire. Mais votre modèle est dépassé, vous savez. Il existe maintenant....

- Général, pour le Darty Show, on verra plus tard. Il faudrait peut-être se grouiller.

- Oui, tout à fait. La HOTLINE va s'en occuper.

Une équipe technique vint se charger de récupérer les données de D2-R2, ce qui ne se fit pas sans quelques difficultés. Le petit robot planta le système. Du coup, les clôtures retenant les animaux sauvages à l'extérieur n'étaient plus électrifiées. La situation aurait pu devenir périlleuse si une gamine, qui n'était autre que la petite-fille de Dandinna, n'avait pas su rebrancher à temps le réseau.

Dans la salle de briefing, les pilotes étaient plongés en pleine discussion. Certains révisaient avant l'interrogation. Lorsque Dandinna pénétra dans la pièce, tous se levèrent. Il commença son exposé.

- Messieurs, un peu de silence. Rangez vos calculettes. Sortez un papier et un stylo et mettez votre nom et votre grade en haut de la page.

- Capitène, sa prant un ou deu " n " ? demanda un pilote à son voisin.

- Bonnans ! Taisez-vous. Essayez de faire un effort sur l'orthographe et l'écriture, ce coup-ci.

- A vaux eaurdre, Jénéral !

- Reprenons... Nous avons bossé pendant une heure et demie pour préparer ce sujet, alors vous avez intérêt à écouter. Nous avons finalement réussi à trouver une faille dans le système de défense de la station. Il s'agit d'une bouche d'égout au bout de la tranchée centrale... Si ça ne vous intéresse pas, Jenkins, vous pouvez prendre la porte !

- Général, glissa à l'oreille de Dandinna un officier. Son père finance en grande partie notre cause.

- Ah ! Bon, Jenkins, vous pouvez continuer à bavarder, mais pas trop fort. Les autres se taisent... Alors, le problème est le suivant : sachant que l'Etoile Noire mesure 120 kilomètres de diamètre, que la profondeur maximum de la tranchée est de 12 mètres, que vous volerez à 180 de moyenne et que nous sommes situés à environ 20 parsecs de l'Etoile Noire, combien faudra-t-il de chasseurs pour éliminer la station, sachant que la bouche d'entrée n'excède pas 2 mètres de large. Données supplémentaires : l'Etoile Noire est insuffisamment protégée contre les attaques de petits chasseurs et sera à portée de tir dans trente minutes... Porkins, vous voulez mon doigt ? Je sais qu'aucun d'entre vous n'est capable de le faire, mais au moins on ne pourra pas nous reprocher de ne pas avoir essayé.

- C'est idiot. Deux mètres de large, même Guillaume Tell ne pourrait pas le faire, dit un pilote assis à côté de Luke.

- Moi j'dis que c'est possible. A la maison, j'arrivais à cracher sur ma tante à 5 mètres de distance. Et elle n'avait pas beaucoup plus de 2 mètres de large...

- Quel frimeur ce Skywalker ! Et fayot en plus !

- MATRICULES SKYWALKER ET ANTILLES, FERMEZ-LA ! On n'entend que vous. Tiens d'ailleurs, si la première escouade foire son coup, c'est vous qui irez, Skywalker. On verra si vous rigolerez toujours autant.

- C'est vraiment trop injuste, dit Luke en s'ébouriffant une fois de plus. C'est toujours sur moi que retombent les corvées...

- Debout les hommes. Et que la Force soit avec vous. Heu... nous. Enfin voilà quoi.

- Allez les gars, lança un pilote. On pousse notre cri de guerre et on y va : Atchic', atchic', atchic' !

- Aïe, aïe, aïe ! répondirent en coeur tous les autres.

L'Etoile Noire était déjà en approche de Yavin et le personnel se préparait à détruire la planète.

- Seigneur Tartine, nous serons bientôt en orbite autour de Yavin.

- Bien. Vous avez quelques cacahuètes, capitaine ? Ou des crackers au bacon ?

- Heu... Tout le monde se prépare à attaquer...

- Bon, bon, tant pis...

Dans le hangar où les vaisseaux rebelles étaient entreposés, les mécaniciens s'activaient. Ils devaient prendre garde à ne pas pénétrer dans la zone rouge où il était interdit de stationner alors que la zone blanche était réservée à l'embarquement du personnel. A moins que ce ne soit l'inverse, mais les règlements étaient tellement compliqués, que personne ne les connaissait.

A l'écart dans un coin, Salo chargeait des liasses de billets dans la soute du Pigeon, en les passant un à un dans une machine à ultraviolets pour vérifier s'ils étaient vrais. A défaut d'avoir été payé en nature, il avait dû se contenter de cette modeste compensation. Luke, qui passait par là, s'approcha du corellien.

- Yan ? Mais qu'est-ce que tu fous ?

- Ben, j'me tire, p'tit gars.

- T'as eu le pognon que tu voulais et tu te casses ?

- Pour commencer, je te rappelle que ce n'est pas l'accord que nous avions passé !

- Non, mais tu ne te rends pas compte ? ça serait super que tu nous files un coup de main. Tu pilotes au moins aussi bien que moi.

- Tu parles d'un compliment. Moi je te dis que j'en ai assez fait comme ça.

Trouvant par hasard au milieu de ses billets, un ticket de millionnaire, Salo le gratta machinalement et sourit.

- De toutes façons, j'ai trois télés. Je vais pas rater ça, quand même. Mais toi... tu te débrouilles plutôt bien, tu pourrais venir avec Chewie M'gum et moi pour faire le ménage sur le Pigeon. Ou préparer quelques desserts.

- A mon avis, tu es resté trop longtemps célibataire, dit Luke en quittant le corellien.

- Hé... Luke... Que la Force soit avec toi, gamin.

Luke s'ébouriffa et se dirigea vers son vaisseau. En chemin, il croisa Léia accompagnée de Dandinna.

- Qu'est-ce qui ne va pas, Luke ? C'est le fait de ne pas encore avoir eu votre rancor en peluche ?

- Oui... mais surtout, c'est Yan. Il se barre et plus personne voudra jouer avec moi.

- Oui, je sais, moi aussi j'aurais bien aimé qu'il reste un peu plus longtemps. Nous n'en avons pas beaucoup profité, avec tous ces événements... C'est dommage parce que son pantalon moulant semblait receler de nombreux trésors.

A cette pensée, Léia qui était en manque d'affection depuis des heures, ne put s'empêcher d'embrasser une nouvelle fois Luke.

- Vous ne vous êtes toujours pas lavé les dents, dit-elle en détournant le visage écoeurée.

Elle abandonna Luke, qui s'ébouriffa les cheveux, vexé d'avoir perdu une si bonne occasion, et partit en compagnie de Dandinna vers le PC des opérations.

Un peu à l'écart des autres rebelles, un pilote moustachu discutait avec d'autres.

- Lorsque j'étais sur Tatooine, on était toute une bande de copains et on passait notre temps à déconner. Il y en avait un, il était con comme la lune de Yavin. Un jour, on lui a fait croire que les Banthas étaient équipés de siéges éjectables. Il a tout gobé et il est monté sur l'un d'eux pour vérifier. La bestiole s'est cabrée et il s'est planté dans sa bouse. Qu'est-ce qu'on a pu se foutre de sa gueule ! Il passait son temps à s'ébouriffer les cheveux...

- Ah, ouais. Un peu comme l'abruti, là-bas.

- Merde ! C'est lui.

- Eh, Biggs, comment ça va, mon vieux ? dit Luke en arrivant.

- Ah, Luke. Ça tombe bien, je parlais justement de toi. Comment vont la Tante Verrue et l'Oncle Owen ?

Luke se mit à pleurer.

- J'vous l'avais dit, ce mec est une vraie lavette, dit Biggs en s'adressant aux autres. Qu'est-ce qui ne va pas Luke ?

- Ils sont morts.

- Oh, je suis désolé.

- Oh, ça m'est égal, mais ils me devaient du pognon.

- Skywalker ! dit un officier en s'adressant à Luke.

Etant plus vieux que les jeunes recrues de l'Alliance, on le surnommait "Pépé". De petite taille, il était très nerveux et passait son temps à provoquer le chef mécanicien et se battre avec lui.

- Lorsque j'ai appris de qui vous étiez le fils, j'ai tenu personnellement à venir vous voir. Je préfère vous dire que si vous êtes là pour foutre autant de bordel que votre père, je vous casserai moi-même toutes les dents... Bon, c'est pas tout ça, mais ces foutus appareils ne sont pas encore prêts. Où est le chef mécano ? hurla-t-il.

- C'est moi que vous cherchez, Pépé ? Eh bien vous m'avez trouvé. Tout officier que vous êtes, dans ce hangar, c'est moi le chef !

- C'est ce qu'on va voir.

Ils partirent tous les deux se battre dans un coin. Il était probable que cela se finirait comme d'habitude autour d'une bonne bouteille de Brandy Corellien.

Les hauts parleurs donnèrent l'ordre de départ. En entendant cela, les pilotes rejoignirent leur vaisseau et cessèrent de s'entraîner au lancer de nains. Ces derniers en profitèrent pour se faufiler dans leur costume de droïd astromécanique. On comprenait mal l'intérêt d'une telle pratique, à part l'amusement que procure la torture des nains engoncés dans un accoutrement trop étroit, étant donné que les progrès de la technique permettaient de se passer de leur présence. Mais les syndicats de nains étaient très puissants, malgré leur taille, et risquaient de paralyser toute l'activité rebelle.

Dans la base rebelle, les visages étaient mornes et la présence des Pom-Pom rebelles qui faisaient leur numéro pour donner du courage aux vaillants pilotes avant leur départ n'y changeait rien. En effet, un homme bizarrement accoutré et qui se prétendait descendant à la 84ème génération des bâtisseurs du temple, avait prédit la fin de la rébellion dans l'explosion de Yavin. Il avait une vision très précise des évènements.

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Une pluie de météorites devait parachever le travail et éliminer les éventuels derniers survivants. Malgré ces élucubrations et pour tromper le mauvais sort, la petite flotte de vaisseaux rebelles décolla sous une pluie de confettis et de guirlandes en papier. Les civils présents, restés à quai, applaudissaient les courageux hommes, sans songer que beaucoup d'entre eux ne reviendraient probablement pas. Mais au moins, on en ferait des héros, avec une jolie médaille et un drapeau rebelle soigneusement plié en triangle par la garde d'honneur que l'on remettrait à leur famille.

Alors que les vaisseaux étaient en approche de l'Etoile noire, Pépé, qui avait gagné son combat par six dents contre quatre, passa ses troupes en revue.

- EFcadrille 214, rapport de posiFion. Et remuez votre cul, on Fa pas perdre de temps aFec toutes Fes formalités à la con.

- Red 10, tout est paré.

- Red3, ça roule aussi.

- Red6, j'ai faim, mais tout est paré.

- Raid 8, tou tes parré.

- Bonnans, faites un effort, pour une fois !

- Red 5, tout est...

- Bon Fa va, Fa va, interrompit Pépé. On Fa aller plus vite. Y en a-t-il un pour qui tout n'est pas paré ?

- Qu'est-ce que vous voulez dire au juste ? demanda Luke.

- Fi Ve ne tiens pas compte de Fette dernière remarque, Ve prends Fe FilenFe pour une réponFe négatiFe. Allez les gars, enclenFez Fos ailerons en poFiFion d'attaque, on y Fa !

Plus habitué à piloter son T16, Luke ne maîtrisait pas encore bien les commandes de son appareil. Il appuya au hasard sur une touche pour voir ce qui allait arriver. Son chasseur commença par dessiner un W, puis en R avant d'arriver à faire un beau X. Le jeune homme avait le tournis.

La petite flotte rebelle approchait de plus en plus du tubercule géant.

- Nous entrons dans le Famp magnétique de la patate. AccroFFez-vous, Fa va Fecouer un peu. On va Fe fritter avec l'ennemi ! Ferrouillez vos déflecteurs, les mecs.

A l'approche de l'Etoile Noire, un phénomène étrange se produisit : d'un dôme sortit une sorte de miroir rectangulaire à l'intérieur duquel, semblait-il, trois personnages étaient emprisonnés. Cet objet céleste tournait sur lui-même et continua sa course folle dans l'espace. Pour s'arrurer qu'il n'avait pas eu une vision, Wedge sortit un gel et commença à l'étaler sur son pare-brise qui était plein de buée. Il en mit une couche si épaisse que cela fit l'effet d'une loupe.

- La vache, ce machin est gigantesque ! dit-il en voyant l'Etoile Noire ainsi grossie.

- ExFellente remarque, Antilles. Vous avez le Fens de l'obFervaFion.

- Pépé ? On a un pépin. Red 7 a oublié son casque.

- Il y a touVours un petit malin pour oublier un truc. Quel eFcadron de Fous-pilotes ! Bon Fang, mais qui m'a refilé des gars pareils ?

- Ici Gold Leader. On y va oui ou non dans cette foutue tranchée ?

- Un peu de calme, Gold Leader. Quand on aura réuFFi à faire quelques dégâts Fur leurs FyFtèmes de défenFe, on enverra les bombardiers pour atteindre la Fible. Fa roule?

Comme un seul homme, les pilotes répondirent en coeur : " Escadron Red toujours prêt ! ".

Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal, tels des oiseaux de proie prêts à fondre sur leur cible, les petits vaisseaux rebelles décrivaient des cercles concentriques de plus en plus étroits. Le spectacle avait débuté. Ils déclenchèrent les fumigènes situés aux extrémités de leurs ailes et commencèrent à se croiser à des vitesses incroyables, tout en dessinant de jolies figures aériennes. Le balais aérien était encadré par les lasers provenant d'un tireur isolé sur l'Etoile Noire. De sa console en forme de piano, il envoyait des raies d'énergie vers les pilotes qui, trop rapides pour lui, parvenaient à les éviter sans peine.

Dans la salle de contrôle de Yavin, Léia, Dandinna, Z-6PO et quelques autres types insignifiants, qui ne faisaient là que de la figuration, regardaient ce spectacle.

- C'est vraiment top fun, dit Dandinna. On se croirait à la fête foraine.

- Ne criez pas victoire trop tôt, Général. Ils nous réservent peut-être une mauvaise surprise. Essayons plutôt de trouver un moyen pour les motiver.

- Oui, tout à fait, Princesse. C'est top cool, les gars. Continuez ! Ceux qui reviendront auront leur journée de repos demain, et n'auront même pas à assurer les corvées.

A ces mots, Luke ne se sentit plus de joie, et pour montrer sa grande force, il décrivit un large cercle et fonça sur sa proie.

- Pas de corvée ! Youpii ! J'amorce l'attaque !

Ajustant son tir du mieux qu'il pouvait, il fonça droit sur un canon laser qui protégeait la tranchée de l'Etoile Noire.

- Putain, Luke ! Qu'est-ce que tu fous ? hurla Biggs. Tu veux te faire descendre ou quoi ? T'as franchement aucune notion de ce qui est dangereux.

- Crotte ! Ils me tirent dessus, ces méchants. ça fait mal, dit Luke en essayant, sans trop de succès, de s'ébouriffer les cheveux à travers le casque.

- Tu n'as rien, Luke ?

- Nan nan. ça sent un peu le cramé, mais moins que tonton l'autre jour, c'est bon signe.

Sur Yavin, le soir tombait. La lutte était ardente et noire. Ils avaient l'offensive, et presque la victoire. Ils tenaient l'Empire acculé sur l'Etoile Noire. Pourtant, le match était serré et ne tournait pas vraiment à l'avantage des rebelles. L'Empire avait un set d'avance et menait 6-2 dans le quatrième.

- IFi Red Leader. V'ai repéré une batterie lourde à droite de la tour que vous Furvolez, Biggs. Si vous la cramez, vous aurez un bon point.

- Ok, j'y vais. Porky, couvre-moi, j'ai froid... Porky ?

- Criik... Criiik !

- Règle ton Intercom, je ne comprends rien.

- Grouin, grouin, grouin.

- Ah oui ! C'est beaucoup mieux comme ça... Attention ! Derrière toi ! Dégage-toi.

- Grouin, grouin. Y'a pas le feu. GrouuuiiiK ! Je suis touché !

Manque de pot, il y avait... le feu. Le petit vaisseau de Porky explosa dans un nuage de méthane.

Sur Yavin, dès l'annonce de la perte du premier vaisseau, des mesures d'urgence furent prises : une équipe décolla pour aller récupérer les boîtes noires des appareils et justifier ainsi la non responsabilité de l'Alliance dans cet accident auprès des assurances.

Il fallait faire vite. L'Etoile Noire se rapprochait dangereusement de Yavin, et les prévisions du prophète fou risquaient de se réaliser.

- L'obFectif est programmé dans les games-boy que nous avons viFFés à vos ordinateurs de viFée. L'Étoile Noire Fera à portée de tir dans 5 petites minutes. Grouillez-Fous !

Vador avait compris les plans des rebelles. Il alla à la recherche de pilotes encore capables de voler. En passant dans un couloir, il tomba sur un garde rose qui n'était sans doute plus trop familier des salles de sport - à en croire son ventre qui débordait de partout - et qui passait de la cire sur le sol.

- Stormcarlus ! lança Vador. Ou ces sols sont propres, ou je te jette au Rancor.

- A vos ordres, Seigneur Vador... Euh, je vois que vous êtes sur le point de partir. Que diriez-vous de signer une petite assurance vie...

Vador ne lui laissa même pas le temps d'achever son exposé. Il l'empoigna par la gorge et le balança contre un mur. Poursuivant sa route en prenant garde de ne pas glisser sur le sol trempé, il croisa un officier qui lui fit son rapport.

- Par-dessus l'Etoile, soudain j'ai vu, passer les X-Wings. Ils s'en allaient, vers le milieu, la tranchée principale. J'aurais bien aimé tous les déglinguer à chacun de leur passage. Mais ce n'est pas possible, ils sont trop rapides...

- Fort bien. Puisque c'est comme ça, nous ferons du vaisseau à vaisseau. Faites décoller la chasse.

Dans le couloir, des lévriers se mirent à aboyer. Derrière eux, des cavaliers en costumes de velours sonnèrent le cor et se mirent à tirer en l'air avec leur blaster.

- Mais non ! Sombres idiots! PAS UNE CHASSE A COURRE ! Les TIE-craie-ions !

Les impériaux avaient compris que la partie n'était pas jouée. Les rebelles avaient encore des cartes en main. Leur principal atout résidait dans leur détermination et ils ne cherchaient pas d'excuses. Ils étaient conscients qu'un échec leur serait préjudiciable, mais les dés étaient jetés. Et rien ne pouvait plus interrompre cette partie de poker, qui devrait s'achever par la victoire de l'un ou l'autre camp. Sauf si l'un des deux sortait un joker de sa manche.

Depuis Yavin, Dandinna donna l'ordre au premier groupe de chasseurs de monter sur le plus haut tremplin de la station pour plonger dans la tranchée.

- Allez, Steeve, go ! A vous l'honneur, dit -il.

- Reçu, Général... Moteur !... Danger niveau trois.

- Ramenez point zéro.

- Correction alpha sans résultat...

- Sélecteur de secours !

- Les commandes ne répondent plus... Je perds de l'altitude... Rupture de circuit... Rupture de......

 

Crrriiiiiishhhh!

L'appareil expérimental s'écrasa sur la surface de l'étoile noire avec Steeve à son bord. Avec un peu de chance, on pourrait le récupérer et le reconstruire de toute pièce. L'Alliance en avait la possibilité technique. Elle était capable de donner naissance au premier pilote bionique. Il serait supérieur à ce qu'il était avant l'accident : plus fort, plus rapide, plus résistant que les autres. En un mot : le meilleur.

Mais pour l'heure, c'était à Pépé qu'il revenait de trouver une solution et tenter d'atteindre lui-même l'entrée de la bouche d'égout. Le groupe qu'il dirigeait était déjà dans la tranchée et se rapprochait de son objectif.

- J'ai déjà le signal, répondit Gold 7. Je sors ma brosse à dents.

- Les gars, on va pouvoir en faire de la purée, de Fette groFFe patate.

- Pépé... Heu... C'est peut-être une remarque stupide, mais la D.C.A. ne tire plus. Je le sens vraiment mal.

- Pigé. Trois chaFFeurs à 9 heures 32. Ils vont se poFitionner derrière nous dans la tranFFée. On aura cette bouFFe d'égout avant qu'ils ne nous faFFent la peau.

Vador, escorté de deux autres Tie-cray-ions, arrivait pour les prendre par derrière, et cela allait faire très mal. Les ailes des vaisseaux impériaux se mirent en rotation autour de leur axe et découpèrent deux engins rebelles. Pépé qui était en tête essayait de rester concentré sur son objectif. Arrivé à portée de tir, il envoya ses torpilles et dégagea prudemment la zone. Au moment où elles allaient pénétrer dans la bouche d'égout, elles furent déviées par un geyser qui jaillit en propulsant à l'extérieur de la station un policier impérial en débardeur, qui effectuait sans doute une inspection de contrôle.

Une grande tension régnait à bord de l'Etoile Noire. Les officiers commençaient à être conscients du risque que représentaient les rebelles.

- Seigneur Tartine, nous avons analysé leur attaque, et il y a un risque de contamination.

- Que voulez-vous dire ?

- La bataille fait rage, et vous n'êtes pas vacciné. Souhaitez-vous être mis en quarantaine et rejoindre Coruscant ?

- Abandonner la partie? Quand vient l'heure de la victoire ? Je crois que vous surestimez nos adversaires.

Heureusement pour lui, le groupe auquel Luke appartenait, disposait des dernières informations que le PC de Yavin lui communiquait en regardant la bataille sur Alliance-CI la chaîne 100% infos, qui diffusait le combat en direct-live.

- Red Leader ? Ici la base de Yavin 4. Votre mère a appelé, elle embrasse son p'tit poussin. Sinon, je voulais que vous sachiez qu'un groupe de chasseurs ennemis fonce dans votre direction.

- Je les vois pas, dit Biggs. Ils sont où ?

- Là ! répondit Luke. Moi j'les vois ! Moi j'les vois !

- Mais dis-moi où, bon sang !

- Hou !

- Mais, non, crétin ! Où sont-ils ?

- Oups, pardon ! Ils sont à 22h41 au dessus de ta tête. Fais gaffe, Biggs, ils ont l'air plutôt agressifs.

- Agressifs ? Moi, môssieur, si j'avais un tel vaisseau, il faudrait sur le champ que je le sabordasse.

Biggs ouvrit la vitre de sa portière et sortit son Blaster pour tirer sur son poursuivant, qui, bien trop rapide pour lui, parvint à le toucher. Son vaisseau alla s'écraser lamentablement sur l'Etoile Noire.

- Noooon ! Biggs ! dit Luke, désespéré. Je ne saurai jamais où se trouve le bouton du siège éjectable sur les Banthas.

La situation semblait devenir critique pour les rebelles, et dans la base de Yavin, on s'attendait au pire.

- C'est pas cool, Princesse Léia, dit le général Dandinna d'un air grave. C'est peut-être la fin du monde. Nous pourrions en profiter pour assouvir une dernière fois nos désirs ?

- Vous avez raison, Général. Vous avez du Viagra, ou ça ira comme ça ?

- ça dépend de vous, Princesse.

- Dans ce cas, je vais vous donner matière à fantasmer, répondit la Princesse en se déshabillant.

Elle partit à l'écart en compagnie de Dandinna pour s'offrir à lui. C'était sans doute pour elle la dernière occasion et elle tenait à ne pas la gâcher. Elle avait discrètement vidé deux tubes complets de Viagra dans le verre qu'elle allait proposer au vieux général.

Un deuxième groupe se lança dans la tranchée. Lorsque les impériaux envoyèrent du gaz moutarde pour tenter de les arrêter, Bonnans, qui faisait partie de cette vague, eut alors une idée qu'il pensait être géniale (il n'y avait bien que lui d'ailleurs pour penser cela) : utiliser une bombe de Baygon jaune pour éliminer son adversaire dont le casque lui rappelait la tête d'un insecte. Il sortit sur le toit de son vaisseau et en aspergea une grosse quantité sur son poursuivant. Ayant, hélas pour lui, mal lu la notice, il dépassa franchement la dose et le nuage ainsi formé s'embrasa de lui-même. Au plein milieu de la fournaise, le malheureux eut encore le temps de voir son visage et ses mains fondre sous l'effet de la chaleur, avant d'expirer dans un dernier râle.

- AAAAAAA !

- Pauvre Bonnans. Jusqu'au bout, il n'aura pas été fichu d'être bon en orthographe.

Ses autres équipiers ne furent pas plus chanceux, car Vador les avait pris en chasse et s'accrochait à leurs basques. Le Seigneur Noir tira alors sur un levier situé au plafond du cockpit supérieur de son vaisseau. Son siège effectua un demi-tour, disparut dans un couloir d'accès menant au module de combat et finit par une autre rotation avant de se retrouver en position.

- Retro-lasers, dit Vador en appuyant sur un bouton.

Les malheureux rebelles n'eurent pas le temps de réaliser ce qui leur arrivait. Leurs vaisseaux furent disloqués par le rayon provenant de l'engin de Vador.

- Princesse... Léiaaahhh, dit Dandinna en travaillant la jeune femme au corps à corps, il faudrait... peut-être... faire quelque choOOOse.

- Vous avez raison, général. Changeons de position. Je commence à avoir des fourmis dans les jambes.

- Non... Je parlais de l'Etoile Noire. C'est pas top. Il ne nous reste plus que Skywalker. Faut-il envoyer...

- Oh oui ! Oh oui ! Envoyez la sauce !

- Dois-je lui dire de prendre la tête de la prochaine vague ?

- Oh, ouuuiiii ! une autre vague ! répondit Léia haletante.

- Skywalker, dit Dandinna dans son intercom. Vous sauriez vous servir des torpilles ?

 

- Non, général.

- Dans ce cas, corvée de patates ! Allez a l'assaut de ce gros tubercule et faites m'en de la purée !

 

- C'est toujours sur moi que ça retombe.

- Luke, ajouta la Princesse, qui reprenait ses esprits. Si vous réussissez, vous aurez le plus gros Rancor en peluche que vous puissiez imaginer.

Luke, qui dans le feu de l'action avait complètement oublié cette promesse, se jeta à toute vitesse dans la tranchée de l'Etoile noire. Il ne savait pas vraiment pourquoi, mais il faisait comme les autres. Les deux derniers chasseurs rebelles encore intacts l'escortaient. Il entendit soudain une voix lui murmurer à l'oreille : " Souviens-toi, l'été dernier. Luke, la Force est avec toi, à tout jamais ". Le jeune garçon se retourna pour vérifier si quelqu'un n'était pas monté dans son vaisseau sans qu'il s'en aperçoive. Il éjecta la cassette du lecteur pour s'assurer que tout était en ordre.

- D2, dit-il au petit droïd qui avait tenu à l'accompagner sur son vaisseau. Tu peux vérifier les têtes de lecture ? Elles ont l'air poussiéreuses. J'entends des trucs bizarres.

Pendant que le droïd s'acquittait de cette tache, Vador et les deux pilotes qui l'accompagnaient se rapprochaient du groupe de Luke. En commandant de bord averti, il maniait avec dextérité son gouvernail. Du gaillard d'avant de son vaisseau, sortit une gigantesque lame avec laquelle il éperonna les deux équipiers de Luke. Le jeune garçon était maintenant à sa portée. Mais Luke pilotait si mal, qu'il avait du mal à le garder dans son collimateur. Il parvint toutefois à le toucher, du moins D2 qui rendit l'âme dans un dernier râle.

Vador était en train de déboucher une bouteille dans son cockpit pour fêter l'événement et Luke se voyait déjà mort, lorsqu'un fait inattendu se produisit : le chasseur de Vador partit dans les décors, heurté par le Pigeon Voyageur de Salo.

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La moutarde lui était monté au nez. Certes les crédits que l'Alliance lui avait versés allait mettre du beurre dans ses épinards, mais il sentait que pour lui, les carottes étaient cuites. Jabba n'avait pas l'intention de mettre de l'eau dans son vin et comptait bien lui faire bouffer les pissenlits par la racine.

Bien que le corellien considérait que l'Alliance n'était pas ses oignons, il préférait couper la poire en deux et rejoindre temporairement ses rangs. Ce ne serait sans doute pas de la tarte de mettre la pâtée à l'Empire, mais après tout, on ne faisait pas d'omelette sans casser d'oeufs. Même s'il risquait d'en prendre plein la poire, il l'aurait sûrement, en fin de compte, sa cerise sur le gâteau. Surtout s'il réduisait en bouillie lui-même l'Etoile Noire.

En se retournant pour voir ce qui se passait, Luke appuya par inadvertance sur la commande des torpilles qu'il cherchait vainement jusque là. Les projectiles partirent s'engouffrer dans la bouche d'égout. Salo était vert ! Il espérait que ACI avait transmis les images lorsqu'il avait éliminé cette ridicule menace fantôme, qu'était le vaisseau de Vador. Au moins cela lui permettrait toujours de justifier son retour.

- Allez, Luke, dit-il. Vaut mieux mettre les bouts avant que cette patate ne passe au mixeur.

Luke et les pilotes rescapés de la bataille suivirent Yan vers Yavin, alors que l'engin de Vador n'en finissait pas de jouer les toupies volantes. A l'instant même où l'Etoile noire explosa, une sorte de vaisseau en étoile composé de cristaux translucides s'envola et partit à toute vitesse traverser les 22 galaxies connues.

La Rébellion avait gagné. Elle était venue à bout de l'arme absolue de l'Empire. Certes, elle avait subi des pertes importantes, mais qui se souciait de Porky ou Bonnans ? Vraiment personne !

A peine sortit de son appareil, Luke se précipita vers Yan.

- Yan ! Je savais que tu allais revenir. Mon petit doigt me l'avait dit.

- Tu croyais quand même pas que j'allais te laisser la Princesse pour toi tout seul ! En plus... l'idée de la prendre à rebrousse poil ne me déplaisait pas.

- Félicitations, Yan, dit Léia qui arrivait à leur hauteur. Je crois qu'en définitive, vous aurez peut-être ce que vous souhaitiez.

- Oh, non ! Messire Luke, interrompit Z6-PO. Pauvre D2.

Des techniciens tentaient d'extraire le petit droïd de son logement, en utilisant un ouvre-boîte. Sérieusement endommagé pendant la bataille, il faisait peine à voir.

- Si mes circuits peuvent servir à le réparer, n'hésitez pas.

- Ne t'inquiète pas, dit Léia. Nous avons des équipes qui vont s'en charger.

Immédiatement, des ambulanciers arrivèrent pour brancarder le robot.

- Je veux NFS, chimie standard et analyse des gaz, dit leur chef. A trois, on dégage.

Quelques heures plus tard, dans la grande salle du temple où les rebelles avaient établi leur base, l'ensemble des troupes était réuni. Sur l'estrade étaient présents les principaux leaders de la Rébellion. Derrière la Princesse, se tenait le Général Dandinna qui, encore sous l'effet des pilules que Léia avait glissées dans son verre pendant l'attaque de l'Etoile Noire, se tenait tout raide. Il ne cessait de pleurer, car comme le lui avait dit la Princesse quelques temps plus tôt, il serait temps de pleurer les morts plus tard. Il estimait que cet instant était venu. " Comme c'est cool, comme c'est cool ! ", ne cessait-il de répéter.

Luke et Yan montèrent les marches. La Princesse était resplendissante. Un cigare à la main, un petit plaisir qu'elle s'offrait depuis qu'elle avait été stagiaire au sénat, elle s'approcha de Luke pour lui remettre un énorme Rancor en peluche. Se tournant vers Salo, elle lui glissa un mot à l'oreille, tout en lui remettant un délicieux gâteau surmonté d'une cerise bien juteuse.

Luke était aux anges. Yan souriait. Luke lui fit un signe discret de la main.

- Quoi ?

- T'as des poils coincés entre les dents.

Finalement, chacun avait eu satisfaction. L'Alliance avait remporté une victoire sur l'Empire, Luke avait eu son Rancor en peluche, Yan sa friandise préférée. Quant à Léia, Yan l'avait pleinement comblée.

Ecrit par

Darth Sionac'h & Gabrielle Zimmerman

Produit par

HOBBY ONE

 

AVEC

Luke Skywalker Geoffrey Montfort

Yan Salo Sylvain Viatte

Princesse Léia Orgasma Gabrielle Zimmermann

Seigneur Dark Vador Darth Sionac'h

Chewbacca Pascal Daugeron

Grand Moff Tartine Thierry Liboz

Ben (Obi-Wan) Kenobi Benjamin Daras

Z-6PO (feu) Benoît Doucet

D2-R2 Thibaut du Chélas

Général Dandinna Armin Chaput

Oncle Owen Didier Montfort

Tante Verrue Lucia Montfort

Dc. Evasan Olivier Picard

Walrus Man Guillaume Martinet

SPECIAL GUEST STAR

Thomas Bonnans dans son propre rôle

- Atendé ! Je ne suit pat maure. J'es pacé quelque eures dent une cuve a bacta et je reviendrais aidé Luc dans le prochin volais de ces avanturs. Dayeur, je vai vou raconté sa, dent une laitre de 120 page hou je m'escuse de phaire temps de fotes et... ARRRRGGLL !

- Excuses acceptées, Thomas Bonnans !

 

 


Copyright © : Darth Sionac'h et Gabrielle Zimmermann.

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Lune Rouge
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