Lune Rouge

L’éclairage

Par : Lionel Allorge

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Les projecteurs, les spots, les déflécteurs, la lumière réelle smiley :
projo07.jpg Que la lumière soit !


Pour filmer et obtenir une image correcte, il faut impérativement de la lumière.
Pour les films chimiques (Super8, 16 mm ...) si la lumière est faible on n’obtiendra rien !
C’est-à-dire une image complètement noire.
Pour la vidéo, il est possible de filmer avec moins de lumière car les capteurs sont plus sensibles mais cela se fait au détriment de la qualité de l’image :
les couleurs sont fades et du grain apparaît.

Dans tous les cas, il faut mieux avoir le plus de lumière possible. En intérieur, la lumière devient généralement obligatoire.

Les spots Halogènes :

Il faut une lumière dont la couleur soit proche de cette du soleil (lumière du jour). Les lampes halogènes sont une bonne réponse tout en restant d’un coup faible.

Le spot halogène de jardin est souvent le moins cher. Il existe différents modèles sur pied ou sur trépieds à partir de 20 Euros.

projo01.jpg Exemple : un spot halogène de jardin avec pied court. Utile pour poser sur un meuble ou un bureau mais aussi pour faire un éclairage par en dessous pour rendre inquiétant le visage d’un acteur par exemple.

On prévoira de grandes rallonges et des prises multiples pour brancher les différents spots qui doivent souvent être loin les uns des autres.

Attention : les spots halogènes chauffent beaucoup et deviennent brûlants ! Faire attention à ne les toucher que par leurs pieds. Il faut aussi faire très attention en manipulant les ampoules qui ne sont pas en verre mais en quartz. Il ne faut jamais les prendre à main nue car sinon, les graisses de la peau vont rendre le quartz poreux ce qui va permettre alors à l’air de rentrer à l’intérieur. L’ampoule grille alors en quelques secondes. Il faut aussi laisser ces ampoules à l’horizontale car sinon, elles grillent aussi ! On utilisera donc des gants spéciaux qui permettent de manipuler des objets brûlants.

Il est aussi recommandé d’attendre que les lampes se soient refroidies avant de les déplacer, sinon, on risque de faire claquer les ampoules.

La balance des blancs :

Avec une caméra vidéo, une fois les projecteurs mis en place, il faut penser à réaliser une balance des blancs.

Soyont bien clair : il ne s’agit pas d’un remake raciste du lancé de nain !

Cela consiste à régler le caméscope en fonction de la lumière ambiante. On place une feuille de papier ou de polystyrène blanc devant la caméra, légèrement inclinée vers le haut (pour capter la lumière du soleil) et l’on appuie sur un bouton prévu a cet effet sur le caméscope. Le caméscope se règle pour que ce qu’on lui présente apparaisse blanc. On peut bien sur dérégler volontairement cette balance en présentant devant la caméra une feuille de couleur différente. De nos jours, on aura intérêt, dans la mesure du possible, à filmer avec des couleurs correctes que l’on pourra toujours modifier plus tard avec un banc de montage vidéo ou sur ordinateur. Il existe aussi parfois des préréglages lumière électrique et lumière du jour.

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Image prise en intérieur avec de la lumière électrique et un préréglage lumière du jour.

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La même image prise avec un préréglage lumière électrique.

Les filtres :

Voici une amélioration rapide pour pouvoir accrocher des filtres devant le spot pour adoucir la lumière ou pour en changer la couleur.

On achète dans un magasin de bricolage une équerre et deux plaques ainsi qu’un écrou. On réalise le montage de la photo. Il est parfois nécessaire, selon les modèles de spots, d’élargire le trou pour viser le montage sur le spot. On utilisera une perceuse munie d’une mèche spéciale métal pour agrandir ce trou.

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projo03.jpg Avec des pinces à linge en bois (celles en plastiques résistent moins bien à la chaleur), on peut alors fixer différentes matières devant le spot.

Ici, il s’agit d’une feutrine vendue dans les magasins spécialisés (FNAC, etc...), résistante à la chaleur, et qui adoucie la lumière du spot. On l’appelle du Spun. Très utile pour bien diffuser la lumière et éviter les ombres très fortes typiques de l’éclairage halogène.

Si l’on ne dispose pas de Spun, on peut le remplacer par du papier calque mais qui risque de fondre.

On peut aussi effectuer un éclairage indirect vers un mur ou un plafond clair qui renverra la lumière vers le sujet.

On peut aussi réaliser des effets d’éclairages avec des gélatines colorées, vendue dans les magasins spécialisés (FNAC, etc...) résistantes à la chaleur.

Ici des exemples de bleu et de rouge.

Pour Acheter du spun ou les gélatines, voir notre page Carnet d’adresses pour les SFX

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Les déflécteurs :

Pour obtenir des effets d’éclairage naturel, il faut augmenter la réflection de la lumière sur l’environnement. On utilise pour cela des déflecteurs qui vont renvoyer la lumière des spots de manière diffuse.

projo06.jpg On utilise couramment des plaques de polystèrène expansé.

Ces plaques sont en général vendues comme décoration de plafond ou bien comme plaques d’isolation que l’on peut rélier entre-elles et sur le décor par du gaffer (ruban adhésif détachable).

 

On peut aussi faire appel à toute sorte de surface réfléchissante comme ici un vieil écran de projection qui sert de déflecteur d’appoint. ecran01.jpg

L’éclairage réel :

projo08.jpg Il est souvent utile pour composer son image, d’utiliser l’éclairage réel du lieu. En extérieur, on utilise bien sûr le soleil. En intérieur, on peux utiliser toute sorte de luminaire. Leur lumière est trop faible, généralement, pour se passer de spots, mais cela permet de créer des taches luminieuses qui participent à l’atmosphère du plan.

Les dangers :

En plus des risques de brûlure évoqués plus haut, il faut faire attention a ce que les câbles et les prises électriques utilisés aient la capacité suffisante pour le nombre de Watts utilisés.
En effet, les câbles comme les prises peuvent laisser passer une quantité d’énergie limitée. Cette limite est indiquée sur le câble ou la prise. Il faut alors faire la somme des lampes branchées sur ce câble pour vérifier que l’on ne dépasse pas la limite.
Exemple : si vous avez branché sur une prise multiple 2 spots de 500 W et une mandarine de 800 W, vous avez un total de 1800 W. En général les prises multiples ont des limites dans les 3000 W ce qui est suffisant dans cet exemple.
Si vous dépassez la limite, la prise ou le câble risquent de fondre et de provoquer un court circuit voir un incendie !

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Le second problème est illustré par la photo ci-dessus. C’est la chaleur dégagée par le passage du courant dans le fil de cuivre qui doit pouvoir s’évacuer dans l’air. Il y a aussi un effet moindre de self inductance dans les bobinages.

Donc, lorsque vous avez des câbles électriques qui sont enroulés sur une bobine, il faut toujours défaire tout le câble de la bobine avant de l’utiliser.

Faute d’avoir respecté cela, nous avons détruit une partie du câble et subit un court circuit smiley
Pourtant nous avions respecté la puissance maximum du câble mais comme il n’était qu’en partie déroulé, le câble a chauffé plus que prévu et a fait fondre non seulement la gaine plastique du câble mais aussi l’enrouleur.


Il ne vous reste plus qu’à développer d’autres applications de ce procédé, selon vos propres besoins.

Textes, dessins et photos © Lionel Allorge.


A vous de jouer !

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