Lune Rouge

MATHIEU Jean-Chrystian

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Les noces englouties

Jean-Chrystian MATHIEU

 

Où suis-je ? Un instant je suis dans mon lit et la seconde d’après je suis dans un autre monde. Est-ce un rêve ? Peut-être. Suis-je fou ? Tout me porterait à le penser, mais pourtant, quelque chose me dit que tout cela est vrai, trop vrai. Mais quel est cet univers ? Et que veut-il de moi ? !

Qu’est-ce qu’il m’arrive ? Je suis, apparemment, dans un temple aux dimensions cyclopéennes, gisant au fond d’une mer interdite. Curieusement, je peux respirer comme si j’étais à la surface dans la cours de ma petite maison de campagne. Des murs du temple semblent émaner une étrange lueur verte qui illumine tout autour de moi et donne à cet endroit un lugubre reflet. Je peux voir près de moi des créatures à la croisée de l’humain et du poisson, mais pourtant loin d’être des sirènes. Elles nagent tout autour de moi en me regardant et en riant. Elles font une sorte de danse affreuse et inhumaine et me regarde en continuant de se moquer de moi. Ces Choses sont si grotesque et affreuse qu’elles ne peuvent pas être de notre univers, que dis-je, de la même dimension que nous. Mon regard ne peut rester très longtemps sur eux sans projeter mon corps en d’horribles convulsions mentales. Est-ce que cela veut dire que je suis ailleurs ? D’un endroit où nul n’est allé, ou plutôt, jamais revenus ?

Je crois être au deuxième étage de ce temple gigantesque, car en dessous de moi je peux voir encore d’autres créatures, plus laides et plus hideuses les une que les autres, s’affairer autour d’un autel ténébreux ,suintant le mal et la pestilence dans cette lumière verte. Au-dessus de moi, et aussi loin que mon regard puisse porter vers les hauteurs infinies de ce lieu étrange, je vois les mêmes créatures en train de faire des choses qui échappe à ma raison. Mais que se passe t-il ? je perds le contrôle de moi-même...

Sur l’Autel, il est possible d’apercevoir deux objets. Un anneau gravé qui semble fait d’os et d’or, et une statuette si affreuse, aux formes si impossible et obscène, qu’il m’est impossible de la regarder plus que quelques secondes avant de sentir mon esprit tenter de se sauver pour se réfugier dans le réconfort de la folie et de l’oubli.

Puis, arrivant de nulle part, la chose la plus abominable et horrifiante que j’ai vu de toute ma vie fit son apparition. La chose ne devait probablement pas être plus que quatre ou cinq pieds de haut, mais peser plusieurs centaines de livres. Son obésité était répugnante. Je pouvais distinguer des bras et des jambes, mais la considéré comme humanoïde serait une insulte pour l’être humain. Sa silhouette n’était pas sans rappeler la curieuse statuette. Elle possédait les mêmes formes impossible à concevoir et dégageait une aura des plus maléfique. Dans les courants sous-marins, venait jusqu’à moi l’odeur de décrépitude qui se dégageait de la chose et pénétrer
tous les pores de ma peau jusqu’au plus profond de mon âme. Elle avança jusqu’à l’Autel. L’un des hommes poissons nagea vers elle et lui apporta une robe fait d’algues ou de quelques végétaux inconnus et recouverte d’inscription illisible. La bête habilla l’obèse horreur cérémonieusement et avec un respect gagné seulement dans la peur. Ensuite, une autre de ces épouvantables créatures la recouvrit d’ornement en métaux inconnus mais qui semblait être précieux et aussi étrange que l’habit que la chose portait.

Puis, une fois encore, une créature apparut de nulle part. Mais cette fois, c’était une créature de forme humanoïde, à la peau bleue et qui étaient magnifique. J’étais comme ensorcelé par cette créature et toutes les horreurs précédentes n’existaient déjà plus pour moi. La dame (car la créature était de sexe féminin sans aucun doute) nagea jusqu’à moi. Une fois rendues à quelques pas de moi, la dame me regarda droit dans les yeux. Elle possédait les yeux les plus magnifiques que je n’ai jamais vu, bleu comme un ciel d’été mais tout aussi vert que la mer. Les couleurs semblaient alterner et m’hypnotiser. Pour des yeux comme ça je serais prêt à tout. Aux plus horribles folies et bassesses les plus inhumaines. Les cheveux rouges écarlate, plus brillant que mille feux, de la dame faisaient contraste avec sa peau bleu et la rendaient plus merveilleuse encore. Elle me prit ensuite par les ailes, Mon dieu ! Des ailes !

Que suis-je devenue ? Sans m’en apercevoir, j’avais maintenant moi aussi la peau bleue et les cheveux presque aussi long que la dame, mais d’une couleur plutôt ocre doré. Sur mon dos, deux énormes ailes, semblable a celles d’une chauve-souris, mais avec une grâce que l’animal ne connaîtrait jamais. La dame me rapprocha à elle en me tirant délicatement par mes ailes et m’embrassa fougueusement . Je lui remit son baiser avec la même passion et même plus. Je n’étais plus moi-même, j’étais disparu sous cette entité. Après quelques minutes de ce baiser passionné, ses lèvres se séparèrent des miennes et elle se retourna pour faire face à l’Autel. En bas, toutes les créatures incluant l’énorme chose nous regardaient fixement, presque avec amour si cela est possible pour de telles horreurs. Je pris la dame dans mes bras et l’enveloppa avec mes ailes formant un cocon d’amour pur entre nos deux âmes. Tranquillement, je me laissa flotter jusqu’à l’Autel où toute idée du mal et de ces calamités était oubliée par mon esprit par l’amour que j’avais pour cette mystérieuse dame inconnue et par le sentiment de fraternité que je ressentais subitement pour cette univers merveilleux malgré le dégoût qu’il m’apportait.

Une fois rendues à l’Autel j’ouvrit mes ailes et la laissa sortir. Elle avança vers l’autel et s’agenouilla immédiatement, je fis de même sans me poser de question, sans savoir pourquoi. L’obèse monstruosité s’avança vers nous et pris l’anneau dans ses doigts énormes. Très délicatement, avec une souplesse qui me surprit pour un être de sa grosseur, elle prit la main de la dame et lui enfila la bague en os. Puis elle prit la grotesque statuette avec respect et la leva devant elle au-dessus de sa tête.
- Pour les yeux de la déesse Khojuin, je vous lis. Pour le visage de Ghujyrte, je vous lis. Pour le cœur de l’innommable je vous lis, pour l’éternitéc et ce qui s’en suivra. Pour la continuation du Panthéon vous existerez. Vous appartenez maintenant à la déesse et la déesse vous appartient. À elle maintenant d’assurer sa survivance. Elle reposa ensuite l’horrible figurine sur l’autel et elle disparut de la même manière dont elle était arrivée. Le reste des créatures se mirent à nager en rond autour d’eux formant une ronde d’effroi et de laideur, mais qui en radiait un amour et un bonheur infini envers nous. La dame m’embrassa de nouveau et je perdis connaissance.

Je me réveillais en sursaut vers 4 heures du matin, le cœur débattant, la tête en feu et mon lit détrempé, probablement par la transpiration. Depuis que j’avais aménager à Manheim Hill, ce genre de désagrément m’arrivait de plus en plus souvent. Quelque chose dans cette ville me causais les plus grand maux mental je crois. Je me levai donc pour changer mes draps lorsque j’entendis du bruit à la porte d’entré. Je me dirigeai immédiatement vers la porte, accrochant une robe de chambre en chemin, pour allé voir ce qui se passait. En ouvrant la porte une odeur horrible de poisson et de putréfaction me monta au nez, probablement quelques effluves de poissons de morts en train de pourrir sur les rives du lac en face de chez moi.

J’allais refermer la porte lorsque j’entendis un pleur d’enfant. Allumant la lumière du porche je vis à quelques mètres de moi, un bébé dans un panier fait de quenouille. Je m’approchai et remarqua que le panier était trempé, et que des traces de boue aux formes incertaines semblaient venir du lac jusqu’au panier et repartir vers le lac. Je pris le panier dans mes bras, le bébé ne semblait pas être vieux mais ses yeux étaient déjà d’un bleu éclatant et une étrange et inconfortable brillait en ses yeux. Il avait la tête déjà remplis de cheveux blonds et a ses pieds, sur un coussin d’algues, un anneau en os poli décoré d’or qui me semblait familier mais sans trop savoir pourquoi. Comme j’allais rentrer dans la maison avec le poupon, le vent se leva. A travers les branches des arbres, autour du lac, je crus entendre " Prends soin de lui ". Et le vent tomba aussi rapidement qu’il s’était levé.

2 mars 97, 4:18 am
retouché 15 janvier 02 00 :27 am
Merci Howie.

 

Texte © 2002 : Jean-Chrystian MATHIEU.

Jean-Chrystian MATHIEU
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