Lune Rouge

MARCOU Olivier

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LA MAISON-MONT

Olivier MARCOU

 

Introduction à un nouvel univers

(style : Fantastique Labyrinthique)

 

Préface

Cette courte histoire est l’une des conclusions d’une immense aventure de SF que j’ai rêvé et améliorer depuis que j’ai été en âge de structurer des histoires de façon logique. Le style et maladroit car je ne suis en aucun cas un écrivain ! Je ne suis qu’un rêveur qui veux partager une partie de ses visons.

C’est aussi le premier texte que j’ai finalisé.

Pour mieux comprendre cette histoire il vous faut juste savoir deux ou trois choses : Premièrement les Darks Winds sont des humains de la terre ayant subit une effroyable mutation neurale dut à une vie d’excès physiologique et mental. Lors de l’apparition de la première génération des Darks Winds, ils ravagèrent avec de puissants vents emplis de débris la presque totalité de la terre. Puis parmi les décombres apparut une seconde génération qui chercha à réparer les dégâts (surnommés les orphelins des vents). Quelques milliers d’années plus tard la troisième génération de ses êtres aux pouvoirs immenses peuplaient la terre. Regroupés en une société plus ou moins structuré ou chaque enfant naissait avec d’énormes capacités, tant physiques que neurales, qui pouvaient croître infiniment.

 

Première partie :

Le simplement complexe.

 

Je suis dieu | Je suis dieu | Je suis dieu

Je suis dieu | Je suis dieu | Je suis dieu

Voici la première énigme : Cette inscription est ma description.

 

- Quel vent implores-tu ?

- Celui de la très profonde roche liquide.

- C’est un vent sombre !

- Non ! Lorsqu’il plongea dans les profondeurs, il aurait pu tout détruire, mais ne le fit pas. Une respiration. "Car il comprit Univers, Malgré son très grand trouble."

- Je ressens ta personnalité. Continuons de tourner sur cette voie.

 

La route qu’ils suivaient était bien droite, mais elle semblait ne pas posséder le mot fin. Des monts aux crêtes blanches se dressaient à l’est et à l’ouest, poussant ainsi le vent nordique à descendre vers le sud.

Les deux voyageurs zigzaguaient sur la plaine lisse et glacée, depuis plus d’un jour. Le paysage-impasse n’avait accepté aucun changement, jusqu’à ce que Certo, le petit brun, Aperçut une nuance au sud. Il y avait comme une ligne sombre qui séparait l’horizon bleu pastel de l’étendue glaciale.

- Vois ami ! La fin du froid.

Certo désigna l’apparition du doigt.

- Oui ami. Nous avons pris le bon guide, rien ne peut nous bloquer désormais. Cessons de tourner, cette plaine n’est pas une impasse.

L’index tendu de Certo vers l’horizon commençait à se lasser de sa fonction de flèche, car le vent passant sur la chaire en soufflait la vitale chaleur.

Certo le remit en poche.

Cisif le châtain trapu, croyant en la sortie, ordonna à ses cuisses, mollets et pieds de l’entraîner à grandes foulées vers le sud.

Certokapi l’imita.

Cisif est un cercle.

Certokapi est un évolutif.

La course se fit longue et lente. Cisif ne voyant pas d’évolution, se lassa de cette action inutile. Il retira donc son poids de la gravité terrestre et parti en lévitation à vitesse du vent, ce qui sembla arrêter son souffle. Certokapi l’imita.

Les deux balles de chaire fonçaient vers horizon la lointaine, et celle-ci en grandie.

Une immense barrière s’étendait maintenant d’est en ouest, voilà ce qu’était la ligne sombre.

- Certokapi ceci semble être une impasse !

Pas une réaction ne surgit de son compagnon de lévitation.

- Certokapi m’entends-tu ?

- Oui Cisif.

- Cela parait être une impasse.

- Oui Cisif.

Le mur noir aux reflets kakis ne cessait de grandir, vu sa hauteur surréaliste, ils pensaient en être proche, mais aucuns détails de constructions n’apparaissaient. Seul des dizaines de trous rectangulaires, de diverses tailles et postures, incrustaient la paroi, comme des meurtrières pour géants fous.

Cisif, déconcerté, s’adressa à son compagnon sans quitter sa trajectoire des yeux.

- Le contourner me semble impossible. Il prend appui sur les montagnes !

- Cela semble être... Certokapi hésita. "Un piège à vent. D’un mont à l’autre !"

Cette remarque satisfit Cisif.

- Nous allons entrer par un de ces rectangles.

- Il est le passage noir qui mène au feu blanc. Récita Certokapi.

º

Maintenant au pied de la structure en arc de lune, les voyageurs entrèrent en ses murs par une immense "porte" rectangulaire. De l’extérieure l’édifice leur avait paru faire six à huit kilomètres de haut. Une façade lisse, marron kaki, Incrustée de gouffres rectangulaires.

La première genèse fut, la matière,

La seconde, la vie,

La troisième, les Darks Winds,

La quatrième, la voici...

L’inscription paraissait très vieille à cause de l’usure des caractères, mais les angles du mur dans lequel elle était gravée était nets, parfaits.

- J’ai déjà lu une inscription semblable, dit Cisif.

Certokapi ne s’y intéressa pas.

- Bien, que faisons-nous ?

Le vent lui pénétrait courageusement et bruyamment dans l’édifice.

- C’est simple Certokapi, nous entrons par le nord...

Cisif désigna les ténèbres du bras gauche.

- On va donc au sud.

- Mais cette structure nous en empêchera.

Leurs yeux se faisant à l’obscurité, ils voyaient maintenant le fond du rectangle porte, c’était en fait une façade trouée de plusieurs tunnels. Un à droite, l’autre à gauche menant à une fourche de trois nouveaux chemins. Il en apparaissait sans cesse à leurs yeux qui oubliaient le jour pour percer la nuit. Vers le haut, le bas, plans inclinés ou puits de ténèbres infinies. Rectangles mais aussi ronds, ovales, triangles, tuyaux emplis de pics aux géométries complexes.

- Au premier plan du fond, j’en compte bien une vingtaine ! S’exclama Certokapit.

- Prenons les plus importants cela semble logique.

- Rien n’est logique ici. Comment peut-on expliquer qu’une structure aussi grande, trouée de partout puisse défier la gravité si elle n’est pas...

- Chaotique ?

- Non magique !

Cisif, légèrement troublé, avança jusqu’aux premières galeries. Il s’aperçut d’abord que sur le mur de droite, de gauche, au sol et au plafond, naissant plusieurs centaines de nouveaux tunnels. Ne s’étant avancé que de quelques mètres, il se retourna pour faire part de sa découverte. Alors un choc le saisi, la silhouette de Certokapit se tenait à plus de deux cents mètres et s’éloignait encore, comme avalée par la lumière glaciale du rectangle porte. Le sol s’allonge !

- Est-ce un rêve ? s’exclama Cisif.

Après ses mots, la silhouette de son ami, disparut. Puis un coup sur l’épaule, une main, celle de Certokapit. Il lui parle. Tout d’abord n’entend pas, ne perçoit pas. Enfin ses sens reprennent leurs fonctions.

- ...Parais troublé !

- Comment ?

Cisif regarda dans toutes les directions cherchant une trace de sa vision, mais les dimensions étaient redevenues normales.

- Qu’est-ce que tu as ?

Certokapit s’inquiéta de l’état de son ami, mais sans véritables convictions. Cisif s’en aperçut, et répondit donc simplement.

- La fatigue du voyage. Juste un peu de fatigue.

- Alors continuons. Nous prendrons ce passage.

Certokapit désigna un corridor ovoïde à peine plus haut qu’eux. Il paraissait horizontal et s’enfonçait dans les ténèbres du sud.

- Il ne semble pas tourner et me paraît la seule voie simple à emprunter.

- Et de plus il nous montre le sud.

Cisif s’y engouffra en premier, mais en vérité il n’était pas le premier, oh non ! Car l’éternel vent nordique les avait précédés de quelques siècles. Ils y entrèrent donc tous les trois.

L’obscurité s’accru très rapidement. Elle devint si présente qu’on pouvait la toucher, elle était les murs et l’air, mélangés et séparés. Puis vint la sensation illusoirement insignifiante d’un son, bien plus que lointain. Cisif le ressenti dans ses doigts puis dans ses jambes, comme une vibration de l’obscur, et enfin il l’entendit. Un bourdonnement. La lumière apparut de même, d’abord illusion puis réalité.

Le souffle strident du vent avait disparut, aucun des deux voyageurs ne put se souvenir à quel moment.

Cisif brisa le rythme de leurs pas.

- Tu entends ?

- Je ressens plutôt. Il y a comme une lumière devant.

- Et plus de vent. Nous sommes proches d’une sortie.

- Espérons.

Ou bien nous somme là où va le vent, pensa Certokapit.

La lumière gagnait en puissance. Ils s’aperçurent bien vite, qu’il y avait un reflet sur le sol, mais pas de source lumineuse. En fait le bourdonnement semblait créer la lumière.

- Une lueur fantôme !

Cisif pensait tout haut.

Ils continuèrent à avancer et le reflet impossible aussi. Maintenant ils voyaient les murs, mais pas leur fin.

Malgré l’air vibrant tout paraissait inerte, voilà pourquoi la vue d’un écoulement d’eau devant eux les surpris tant. Le plic des gouttes s’écrasants au plafond les fit accélérer le pas. Arrivé devant la fuite, il décidèrent de ne pas toucher à ce liquide noir qui défiait la gravité.

- Evitons d’y toucher.

Cisif désigna la petite fuite avec un rictus de dédain.

- Ceci me parait pourtant anodin.

- Sa couleur ne me plaît pas !

Ils passèrent donc collés contre la paroi pour éviter cette source de vie. Mais l’inévitable arriva. Lorsque Certokapit passa, une goutte sortie du chaos liquide, toucha une des mèches noires qui couronnaient le front de l’humain.

- Ce liquide ne me semble pas caustique ou acide, mes cheveux y on survécus.

Cisif rétorqua.

- Ce n’est pourtant pas de l’eau. Mais presse-toi, je vois la fin du tunnel.

º

Ah ! Que la vie est belle...

Les voyageurs du labyrinthe étaient maintenant sortis du premier tunnel Un vent frais et bruyant (était-ce le bruit du vent) voyait la chaleur de leurs joues. Ils se tenaient maintenant dans un corridor, devant eux deux trous circulaires impraticables leur adressaient de nouvelles ténèbres. Une lumière illogique et froide baignait ce nouveau corridor, dont le plafond était fait de brumes grises.

Cisif se tourna vers son ami qui ouvrit la bouche pour parler, mais l’action est impossible sans mâchoire inférieure, celle-ci se détacha et se brisa tel du verre en heurtant le sol.

- O nom des vents ! Que... Qu’est-ce qui...

Les mots de Cisif eurent pour effet de faire se briser le bras gauche du pauvre Certokapitak. Brisé comme une image sur un miroir porteur de malheur. L’hémorragie vitrale se propagea à tout le corps-image. Dans l’éclat final il ne put même pas émettre un son, car là où devait être sa bouche, il n’y avait que Vent et ses poussières.

Le chapiteau chaotique s’effondra finalement. Les yeux emplis de souffrances et de terreurs tombèrent en derniers, fixant dans leur chute l’ami impuissant, submergé de détresse et de vie.

Choqué Cisif se rapprocha en clopinant du tas de verre brisé. Il n’y avait plus d’image, plus l’image de son compagnon, seul des reflets propres au verre. Il prit conscience de son isolement et se mit à regarder partout, criant le nom de son ami perdu. Il s’adressa même à la brume et au vent.

- Je suis seul désormais !

º

Ah ! Que la mort est surprenante.

Cisif décida de suivre le vent, se laisser porter par son souffle.

Le bourdonnement c’était transformé en un grondement sourd, presque aigu. Il arpentait la maison-montagne suivant les chemins des vents les plus puissants.

Hartim est en son coeur.

º

Cur et Zor y étaient entrés de la même façon, ils avaient lu aussi l’inscription, mais cela faisait déjà huit jours. Leurs vivres étaient depuis longtemps épuisés.

- Cur, vois les murs, ils changent.

- Oui ça ressemble à de la pierre taillée, comme dans ces anciens monuments religieux.

- Une église oui, mais très sombre !

Cur se tourna vers son ami et lui adressa un large sourire, qui n’arrivait pourtant pas à dissimuler sa fatigue.

- Voilà la solution, ce lieu est une église.

le sursaut de gaieté de Cur ne fut pas non plus transmit à Zor. Un voile noir s’était posé sur ses yeux. La tristesse de son âme résonnait avec les murs.

- J’en doute Cur. C’est un labyrinthe.

- Non tu crois !

- Ne me prend pas pour un simple d’esprit. Je parle d’un labyrinthe comme on en voit en rêve, avec un dragon en son coeur.

- Ah ! Oui Zor. Le monstre qui tue tout intrus. Bon, si on croise un dieu cruel, de cent fois notre taille, au corps en perpétuelle transformation, alors...

Un mur venait d’apparaître instantanément devant eux, ce qui stoppa la discussion. non pas un mur, plutôt une porte de pierre. un losange bleu gris ressortait du coté gauche.

L’apparition leur bloquait le passage. Ils avaient donc un choix simple, rebrousser chemin, trente kilomètre d’un couloir monotone sans autre issue, ou ouvrir.

Cur et Zor se regardèrent brièvement.

- Ouvrons. Je pense qu’il faut appuyer ici.

Zor poussa sur le losange avec la paume de la main. Le losange s’enfonça, la porte monta lentement et disparu dans le plafond.

- Tu pense juste. Alors le choix est toujours possible, retourner sur nos pas et crever d’épuisement, ou entrer dans ce... Cette...

La porte était maintenant assez haute pour voir ce quelle cachait.

- ...Pièce !

Une nouvelle salle cubique s’ouvrait à eux, faite des même pierres maçonnées.

- Non ce n’est pas une pièce, regarde.

Zor désigna du doigt un autre losange sur le mur du fond. Une porte identique à la première invitait les marcheurs épuisés à l’ouvrir.

Cur et Zor entrèrent dans la pièce-cube et la porte ouverte se referma lentement.

- Quelque chose veut qu’on avance Zor.

Un choc sourd derrière eux, la lourde porte s’était refermée, leurs semblaient-ils un peu plus vite que l’ouverture.

Cur pensa : "La gravité forcement."

º

Il n’avait qu’un désir, qu’une pensée, pendant que son espoir coulait de ses veines ; "je veux être dieu !"

Cisif le trouva ainsi, détruit. Il s’en approcha pour le soigner avec ses mots.

- Tu es humain, tu peux devenir un dieu ! Car il n’y a qu’une solution : Se battre, se battre, se battre. Et si tu tombes, tu dois te battre, te battre, te battre. Et si tu meurs, tu dois te battre, te battre, te battre, car tel est le cercle de Cisif. TEL EST UNIVERS !

- Et Univers-Univents est dieu.

- Oui mon ami. DEBOUT !

Le jeune dieu-homme se redressa. Il était blanc, mais par cet acte devint, rose de peau.

Ses plaies refermées, il put se présenter : "Je me nomme, celui qui crée." Et Cisif lui répondit.

- Je t’appellerai Rêv.

- Je suis Rêve.

- Eloignons-nous de ton lit-cerceuil, car un nouveau dieu va naître de toi.

º

Zor appuya sur le second losange et pensa à Catilna. Cur aussi.

Tout n’est pas toujours assez rapide. La porte disparue instantanément, laissant place à un mur liquide qui se rua sur les deux marcheurs. Le liquide leur toucha d’abord les pieds qui se liquéfièrent dans un nuage de fumée blanche. A ces quatre points le fluide livide devint rouge. Tout à coup la masse d’acide paru se déverser anormalement lentement.

N’ayant plus que deux os rongé pour le faire tenir debout, Cur tomba à genou, criant de concert avec Zor, à s’en arracher la langue. Ses genoux fondirent. L’acide le submergea rapidement. Sa tête fondit comme une aspirine, Rencontrant les tripes de Zor qui jouaient au serpent, bouillonnantes, Déguelantes, fumantes. Le reste de Zor porté par le flux lâchait des geysers de bouillie organique. Il fut comblé, car son cerveau se dissout en dernier et put donc savourer toute l’ampleur chaotique de la souffrance extrême.

La soupe étant préparée, la seconde porte réapparut aussi rapidement qu’elle avait disparue, non sans créer de terribles remous. Il ne restait plus qu’à consommer.

º

Rêv avait récupéré toute sa jeune énergie et même plus. Il déambulait l’esprit libéré. Cisif de temps à autre lui jetait le regard du sauveur. J’ai refait couler la vie en lui, se mit-il à penser.

Au bout de plusieurs heures de marche dans les tunnels gris, Rêv s’arrêta et s’assis dans une alcôve rectangulaire. Cisif fit de même. Le refuge où ils se reposaient leur avait tout d’abord paru petit et étroit, mais l’espace se dilatait. Ils pouvaient maintenant s’abriter du vent, tout en ayant un certain confort.

Le lent souffle et le lent bourdonnement berçaient l’esprit des voyageurs. Rêv s’agita un peu et émit des souffles articulés.

- D’où vient le vent Cisif ?

- De l’extérieur, du nord. Mais si tu ne le sais pas.

Cisif le fixa. "Par où es-tu entré ?"

- Je suis né ici.

Les sourcils de Cisif en firent un bond, Rêv devait avoir vingt-cinq, trente ans !

- Cela explique ton malheur.

- Non, j’aime ce lieu ! Enfin je ne connais rien d’autre.

- L’extérieur est magnifique ! N’as-tu jamais essayé de s...

- L’extérieur n’est pas pour moi ! Je suis né ici, dans la maison-mont.

- La maison-mon, c’est le nom de cet édifice ?

La question de Cisif était plus une confirmation qu’autre chose, alors Rêv ne répondit pas.

L’alcôve devenait lentement pièce, et leur banc était désormais sol. Ce qui força Cisif à discuter de nouveau.

- Tu connais bien ce lieu.

- J’suis né.

- Tu y es né.

- Bientôt nous pourrons emprunter cette nouvelle galerie, elle sera plus facile.

- Bien. Un silence. "Pour aller où ?"

- Voir les miens.

- Ah ! Bien, êtes-vous nombreux à vivre ici.

- De moins en moins. Une poignée.

 

Un éclat de lumière perça le mur opposé à l’entrée et vint frapper les yeux gris de Cisif, ce qui le força à baisser le regarde.

- On dirait le soleil.

- Non Cisif c’est le sang de la maison-mont.

Les yeux plissez de Cisif furent étonnés, mais sa bouche ne questionna pas. Peut être à cause de sa fatigue émotionnelle.

Rêv se lève avec peine.

- C’est ouvert, Empruntons le corridor.

Le corridor en question était gorgé de lumière jaune, Cisif pensa en s’en approchant, "le sang de la maison-mon."

º

Hartim est en son âme.

Certokapitak s’éleva dans le coeur sombre et y découvrit ses voix. L’enseignement qu’il avait reçu de l’ordre de la lave vive avait façonné son esprit aux solutions doubles. La seconde énigme surgit des limbes : "Par la voie du troisième on peut découvrir un nouveau rêve." Certokapitak comprit qu’il s’agit de l’insertion d’un troisième élément dans l’équilibre de formules et de néants qui gère Univers. Une troisième branche à la balance universelle, un nouveau rêve, un nouvel Univers...

º

- Ami, si tu cherche à comprendre la maison-mont, il faut que tu saches que tout est contre logique et illogique.

Cisif regarda le dos de Rêv, les yeux emplis des spectres de la lumière jaune et le corps réchauffé par son contact.

- La maison-mon n’est pas tout.

- Pardonne-moi, mais je t’ai déjà avoué que je ne connais rien d’autre.

Dès que Cisif était rentré à la suite de Rêv dans la veine lumineuse, il avait senti les pensées les plus présentes de son compagnon coulées dans le sang de lumière. Il profita donc de cette chance, fort probablement volontaire, pour mieux comprendre Rêv. Un enfant égaré dans un labyrinthe.

- Non Cisif ! Je ne suis plus un enfant !

Cisif ne s’étonna pas, Rêv aussi lisait ses pensées directes.

- Me conduis-tu à tes amis.

- A ma famille, oui.

Des multiples veines de moindres diamètres venaient s’unir à leur artère, ce qui en augmentait progressivement la taille.

- Non Cisif, nous n’allons pas vers un coeur, plutôt un organe.

 

 

 

Deuxième partie :

Haldama ! Que la lumière est belle !

La troisième énigme est : Le nom de la création absolue.

Lorsque Cisif reçu cette pensée, il ne sut pas définir son origine, elle ne venait pas de Rêv car celui-ci questionna.

- Es-tu troublé ?

Rêv se retourna après avoir posé sa question, pour voir la réaction de Cisif. Mais l’homme de l’extérieur avait un regard vide, puis il y eut un éclair de lucidité.

- C’est une partie de Univers. C’est l’entité dieu ! S’exclama-t-il en écarquillant les yeux.

Rêv répondit avec la voix d’un enfant.

- J’ai souvent pensé ça aussi, mais si tu viens de l’extérieur c’est que c’est faux.

- Je ne parle pas de la maison-mon. N’as-tu pas... Perçu la troisième énigme ?

- Non Cisif.

Un silence, les regards se croisent et naît la terreur.

- Tu me fais peur Cisif !

Cisif senti son envie de fuir. Rêv fit un pas en arrière sans tourner le regard. Son ami lui tendis une main innocente.

- Je suis ton ami Rêv.

- Non !

Le jeune dieu-homme s’élança dans la lumière et Cisif reçu encore quelques-unes de ses pensées : "La négation est l’outil le plus usité pour mettre fin à la communication." Puis, "La guerre n’a pas de fin, l’amour n’est pas plus fort, il en fait parti..."

Cisif de nouveau seul, dans l’artère de lumière, agit avec une grande violence, il baissa son bras.

º

Certokapitakima s’éveilla du mauvais côté de l’écran. Des images défilaient, il en faisait parti, mais, comme un fantôme, vapeurs.

Il vit un dragon, à l’intérieur d’un dôme de cristal prit dans les glaces. Le dôme se déforma et un filet de lumière frappa la rétine de son oeil ouvert. Puis se fut le vent, allié de la respiration. Swork le dragon s’éveille, se dresse, regarde le fantôme et lance sa voix en un son déchirant : "Aïkane ! " Puis l’image disparue. Certokapitakima remarqua des formes du bon côté de l’écran, là ou se tenait la réalité ; une pièce et au centre une armure de lumière.

º

Cisif ouvrit la porte et eut une impression de déjà vu. Il "découvrit" une petite pièce baignée de diverses lumières, un passage rectangulaire menait à un autre espace. En fait les deux pièces avaient un mur en commun. Non, pas un mur, mais un écran éteint.

Le déjà vu se transcenda :

- Je connais ce lieu, je l’ais visité en rêve.

Cisif savait que dans l’autre pièce se trouvait l’armure de lumière sur sa stèle de pierres. Son corps s’y déplaça, trouva la stèle mais elle était vide...

Il se réveilla, quelque chose lui touchait la joue droite, un lambeau de tissu.

- Bien.

Le silence. Cisif regarde le plafond-brume.

- Je ne peux pas errer sans but.

Il se leva et la brume parut réagir, du gris poudré jaillit des reflets bleutés, comme si des ailes d’aciers se mouvaient dans l’éternel vaporeux. Ceci attira momentanément la conscience de Cisif, puis il se mit en marche. Suivant un corridor gris bleu ou parfois un trou rectangulaire brisait la perfection des murs. De ceux-ci provenait un grondement sourd.

Noir, gris, bleu, le marcheur solitaire regrettait d’avoir quitter la veine de lumière. Après une heure de marche il s’aperçut d’un changement, le grondement s’amplifiait. Levant la tête il remarqua des ondes régulières dans le chaos des brumes.

- Peut-être le coeur !

Devant, à la limite du discernement le mur de droite semblait disparaître. Cisif allongea ses pas, accéléra son rythme. L’air vibrait maintenant. S’étant grandement rapproché, ses yeux confirmèrent ce qu’il avait cru deviner ; le mur et le plafond disparaissaient bien pour laisser place au noir. Néant sur la droite, falaise sur la gauche constituée de grandes plaques métalliques fixées par de gros rivés.

Le couloir se transformait en corniche. Cisif s’y risqua. De nouvelles vibrations venaient se mêler au bourdonnement de l’espace. Plus il avançait sur la corniche plus les sons se multipliaient. L’ensemble maintenant faisait naître un bruit derrière les bruits, un son étrangement aigu. Le sol, l’air et même les os de Cisif vibraient.

Maintenant tout était noir. L’humain avançait prudemment, les mains collées aux murs, à la recherche de prises, ses pieds tâtant le sol au cas ou celui-ci voulait disparaître. Parfois la force des grondements lui faisait perdre l’équilibre et il se plaquait contre le mur comme une araignée. Mais sa curiosité était trop forte. Alors il continua.

- Le coeur ! C’est le coeur, je le sens !

Une lueur fantomatique apparue progressivement devant lui. Il avançait maintenant en perpétuel déséquilibre, un souffle pouvait le faire basculer dans le noir, mais il progressait toujours. La lueur emplissait l’air devant lui, sans pour autant lui permettre de voir où poser les pieds. C’est donc du bout de la semelle qu’il découvrit le rebord de la corniche, et du bout des doigts qu’il sentis l’arrête parfaite délimitant la façade ; ça tournait à gauche, en angle droit. Le tremblement sonore déplaçait ses mains et faisait glisser ses pieds.

La lumière s’amplifia de nouveau. Farineuse, poussiéreuse, elle pulsait autant que l’air et Cisif passa enfin la tête au-delà de l’arrête du mur. Le coeur lui apparut. La lumière était une pulsation. Une langue de lave jaune remontait les abîmes pour y pénétrer. L’humain, dark wind de la troisième génération, fut arraché de son angle de pierre et aspiré par le coeur. Les tissus qui cachaient son corps se désagrégèrent et l’homme flèche plongeât dans le trou, noir de sons, suivant la langue de lave. Le bourdonnement intense rentra enfin en lui, le perçant, lui parlant. Il y apprit les lois ainsi que la première énigme : Six, six, six, un très ancien symbole, le chiffre de la bête, le néant. Il possédait donc deux réponses, le néant base de l’univers et la création absolue, le corps de tout univers, les formules.

Puis la seconde énigme lui vint, par une autre voix, ou plutôt la réponse à l’énigme qui lui manquait : une troisième branche à la balance universelle, la magie, l’interaction pure. Le bain de compréhension fit germer la solution.

- Une de plus ! Univers est la solution double, le néant et les formules. La maison-mon est la solution triple !

Cisif cria à la lave.

- La maison-mon est une porte sur ce nouvel univers !

Et celle-ci s’ouvrit donc. Un rectangle de lumière blanche se dessina dans les ténèbres. La langue de lave devint des millions de bulles fonçant vers l’apparition. Cisif fit de même, à cause d’un mouvement insignifiant il fut projeté vers la lumière blanche. Le rectangle ne semblait pas se rapprocher pourtant il y entra, lui et les bulles de lave.

Le changement fut total, Il atterrit dans la poussière d’un des sols de la maison-mont. Son corps ne cessait de trembler, il se remit difficilement sur pieds. Le lieu de son atterrissage semblait très banal. Un sol gris, trois murs gris et un vrai plafond.

- Enfin plus de brumes.

Devant lui, un large couloir noir. Mais à droite il reconnut une porte familière, une porte en bois.

Il s’y dirigea péniblement et l’ouvrit. Une impression de déjà vu l’assailli. Il redécouvrit une petite pièce baignée de diverses lumières. Devant un passage rectangulaire menait à l’autre salle. sur la droite, le grand écran était à sa place, servant de mur commun aux deux pièces.

- Et revoici mon rêve !

Cisif avança au milieu de la première pièce et l’écran s’alluma pour devenir bleu univers. Puis il franchit le passage de la seconde pièce et redécouvrit la stèle hexagonale, avec en lévitation au-dessus, l’armure de lumière.

Sur l’écran apparurent des rectangles kakis et bleus océan, bordés de fils d’or. Il s’agenouilla devant la stèle, fixa les formes impossibles de l’armure, ses bleus, ses jaunes, ses rouges, ses noirs...

De l’autre coté de l’écran Certokapitakima regardait son ami. Il pleurait des ondes. Une des ondes atteint la surface de sa prison, un parallélépipède sorti de l’écran et interpella Cisif qui lui tournait le dos.

- Mets vite cet habit de magies ! soufla la géométrie.

º

Une voix suppliante surgit derrière Cisif. Il se retourna en un sursaut, près à déstructurer l’intrus. Une pensée noire. Mais seul une forme sortie de l’écran semblait l’avoir appelé. La petite géométrie frémit et se résorba dans un dernier souffle.

- Aide-moi Cisif !

Il reconnut la voix.

- Certokapitakima ? Où es-tu ?

Cisif jeta un bras vers la géométrie fuyante et celle-ci s’enfonça, attirant le membre dans l’écran. Cisif ne prit pas peur, il avait comprit trop de choses dans le coeur. Il bougea son bras dans l’écran pour saisir quelque chose, mais à chaque fois qu’il allait toucher une des faces intérieures du parallélépipède celui-ci se déplaçait ou de nouvelles formes se créaient.

CertokapitakimaTil observait le membre plongé dans le néant, protégé par des géométries changeantes. Chaque mouvement du bras en faisait naître de nouvelles. Puis le bras se retira. Cisif découragé, soupira et se détourna. L’écran s’éteint. CertokapitakimaTil aussi.

º

L’armure-lumière attendait toujours sur son socle. Cisif, nu depuis son voyage dans le coeur, monta sur le socle, traversa l’armure et se retourna face à l’écran, celle-ci s’empara de son corps. Il y eut des éclairs jaunes et CertokapitakimaTil jaillit de l’écran. Cisif et son corps de lumière se mirent à sourire, lorsque l’homme fraichement éjecté s’adressa à la lumière.

- Je m’excuse de t’avoir quitter si tôt.

La lumière descendit de son trône et redressa son ami.

- Que fait-on maintenant Cisif ?

- As-tu les trois énigmes ?

- Non, juste la seconde. Je t’ai crié la réponse.

- Je l’ai reçu.

- Alors trouvons la sortie.

Les deux voyageurs du labyrinthe sortirent des deux pièces et prirent l’unique couloir noir qui s’ouvrait sur leur droite. Après une longue marche dans des ténèbres brisées par l’armure-lumière, un souffle glacial les toucha au visage. Puis vint la fin du couloir, en fait un corridor rectangulaire leur indiquait deux nouvelles directions. CertokapitakimaTil désespéra, mais Cisif irradiait de joie, au point de briser les ténèbres sur plus de cent mètres.

- Pourquoi cette joie Cisif ?

- Je vois la fin, la sortie.

- Tu te trompe, c’est un autre couloir.

- Celui-ci a une fin. Vois cette lueur blanche devant et le vent. Ça sent la neige !

Cisif de lumière se mit à courir à une vitesse folle. CertokapitakimaTil dut léviter pour le rejoindre. En une pensée Cisif avait atteint la fin des ténèbres. Une fois dans le nouveau corridor, il se tourna lentement sur la droite et aperçu un autre rectangle de lumière blanche, qui contenait des nuages de hautes altitudes ainsi que les pics enneigés de deux massifs montagneux. Cisif si précipita sans attendre son ami.

- Attends Cisif, l’impasse la plus courante et une porte donnant sur les nuages.

Cisif de lumière était déjà hors de la maison-mont. Il se tenait sur une corniche noire, perdu dans les nuages et les montagnes qui les soutenaient. Respirant à pleins poumons de lumières l’air d’une terrifiante liberté. Il se tourna pour appeler son ami mais la façade de la maison-mont n’était plus à ça place. Grâce à la magie des cauchemars la corniche s’était allongée d’un bon kilomètre. Cisif se tenait sur une arche noire au-dessus des montagnes glacées. A sa droite se tenait l’immense maison-mont, à sa gauche, un saurien humanoïde apparut comme tombé du ciel sur la maigre arche noire.

Le monstre de Tarnax grogna une légende.

- Voici l’épreuve, Cisif.

Le saurien en armure d’acier sorti de son dos un impressionnant sabre tarnaxien. Une arme si vieille, plus vieille que la terre elle-même, pourtant munie d’une centaine de faisceaux découpeurs. L’armure de Cisif réagit aussitôt en faisait naître un bâton de lumière jaune entre ses mains. Et le combat commence. Le tarnaxien frappe d’un violent coup de haut en bas. Cisif bloque l’assaut en dressant son bâton, mais les faisceaux du sabre s’enclenchent et lacèrent la chaire lumière de ses bras, de son torse, de son visage...

Le tarnaxien ramène son arme contre lui et s’apprête au second assaut Cisif de lumière fait tournoyer son bâton au-dessus de lui. Le saurien frappe, cette fois à l’horizontal. Cisif s’abaisse et plus vite qu’une étoile explose, envoie son bâton de lumière dans le "torse" du saurien qui se brise en deux. L’être devenu double d’une façon dont la vie ne peut admettre, Traverse l’air glacial et s’écrase deux kilomètres plus bas en un double cratère. Il eut un silence violé uniquement par le vent, puis Cisif couru vers la maison-mont. Une fois plus proche il s’aperçut que la porte avait disparue, l’arche noire était l’unique chose brisant l’uniformité de l’édifice.

- Je ne peux pas rentrer !

º

Lorsque Cisif avait franchi la sortie une lourde porte était apparue silencieusement et instantanement. CertokapitakimaTil n’eut même pas le temps de prévenir son ami. De nouveau séparés. Il comprit vite pourquoi, Cisif avait oublié de lui dire les deux autres énigmes, il était donc le seul à pouvoir s’enfuir d’ici.

- Que faire maintenant ?

Seul les murs pouvaient lui répondre, alors ils le firent.

- Tu es attendu ailleurs. CertokapitakimaTil, toi et les seize autres surhumains de la maison-porte.

Le concerné fut plus qu’étonné par cette soudaine clarté dans les propos de l’édifice.

- Où dois-je me rendre ?

- Dans l’autre univers.

º

Un léger choc fit vibrer l’arche noire. Cisif se retourna et aperçu au bout du vide un autre tarnaxien, ou peut être le même. La créature tombée du ciel se mit à grogner.

- Voici l’épreuve, Cisif.

A ces mots l’humain se mit en colère, sa lumière aussi.

- Je refuse mon nom !

La créature malgré la distance répondit :

- Alors meurs !

Et le tarnaxien fonça sur Cisif qui chargea aussi en poussant un terrible cri. Lorsqu’il aperçut le rouge des yeux du saurien, il s’élança dans le ciel et fit retomber son bâton lumière comme la foudre sur la tête triangulaire du lézard. Le corps de celui-ci ne ralentis même pas le coup, sa chaire verte fut expulsée aux quatre vents et lorsque le bâton lumière percuta l’arche, les deux kilomètres de la structure firent naître le tonnerre des dieux.

Un peu plus tard et beaucoup plus bas, une pluie de chaire s’abattit délicatement sur la poudreuse.

-  Dieux darks winds, dieux des vents écoutés moi ! Je me renie. Je me refuse. Il n’y a plus de cercle.

Cisif comme un croyant attendit une réponse qui ne vint pas. Il décida de se jeter dans le vide. Et au moment ou il allait se lancer, la terre trembla. Il se ravisa. La secousse sismique semblait ne pas affecter l’arche, mais toutes autres choses en subissaient les spasmes. Puis le cataclysme devint visuel. Le centre de la maison-mont, au milieu de l’immense vallée, s’effondra. La vallée fut striée de failles noires, sortant des ruines. Un second épicentre visuel apparu, puis deux autres, encore trois... La quasi totalité de l’immense édifice s’effondrait, créant un fabuleux chaos. Une seule partie ne bougeait pas, c’était celle où prenait naissance son arche noire. Le sommet de la maison-mont se brisait en d’immenses bloques qui semblaient ne pas vouloir chuter. Mais lorsque au bout d’une minute ils touchaient enfin le sol, la plaine disparaissait et les montagnes s’effondraient. L’onde sonore qui s’en suivait devait être perçue à l’autre bout du monde. Cisif comprit que son armure le protégeait de toutes agressions. "Me protégerait-elle de ma peur ?"

Une haute montagne derrière lui éclata et s’effondra dans un nuage de poudre blanche, secoué par les spasmes de la terre mourante. Puis vint le calme, après une éternité de chaos et de ses contre coups. Les ondes sonores avaient dégagé le ciel de tous nuages, mais au sol une brume de poussière et de glace recouvrait le pied des ruines.

º

Aux dix-sept épicentres du cataclysme se produisit un nouvel événement, les débris se mirent à bouger. Quelque chose semblait vouloir en sortir. Les mouvements s’amplifièrent puis dix-sept formes identiques apparurent et s’élevèrent au-dessus du sinistre. Des navires célestes. Cisif examina le plus proche, une tête hexagonale, un corps de formes géométriques complexes, des tubulures de toutes sortes et des tuyères de toutes tailles s’enchevêtrant autour de puissants propulseurs. Les navires silencieux s’élevèrent progressivement et l’éloignement effaça leurs détails.

Cisif put les suivre des yeux bien au-delà de l’atmosphère car chaque navire faisait bien un kilomètre de long et leurs blindages reflétaient par endroits le soleil. Après quelques minutes les dix-sept nouvelles étoiles disparurent. Une terrible solitude pesa sur terre, Cisif la perçue, plus que tout autre, assis sur son arche noire. Alors les dieux lui donnèrent de la compagnie. Une créature verte tomba du ciel pour atterrir au bout de l’arche. Un spasme de glace et de rage secoua Cisif lorsqu’elle dit :

- Voici l’épreuve, Cisif !

Haine et destruction naquit...

Cisif de lumière excédé rassembla, appela toutes ses forces, son armure fit de même. Par magie il s’éleva dans les aires cristallines.

- Je t’accepte !

Et l’armure lui répondit :

- Nous sommes un !

Pendant ce temps le tarnaxien n’avait pas bougé, peut être par crainte. Au moment ou Cisif perdait son nom, la gravité l’appela brusquement et il s’abattit à la fois météore et soleil, sur l’arche. Le choc par sa terrible violence n’émis aucun bruit perceptible, mais les conséquences furent visibles ; le milieu de l’arche explosa, la partie sans attache se souleva violemment puis retomba. Le tarnaxien était instantanément retourné dans les cieux, en oubliant quelques morceaux.

Sans nom de lumière lévita quelques instants au même endroit pour savourer sa nouvelle liberté, puis il regarda derrière lui, là où naissait le résidu de l’arche un rectangle noir l’attendait. Il y lévita et sa lumière emplis de nouveau la maison-mont Alors les murs lui parlèrent.

- Zolomon de lumière, le dix-huitième, tu es attendu sur un nouveau monde.

Le dernier morceau de la maison-mont s’effondra et Zolomon parti pour le nouveau monde. Mais les quelques minutes d’écart qu’il avait sur les dix-sept autres, comptèrent pour mille ans, une fois arrivé en vu d’A...

 

Texte © : Olivier MARCOU.


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