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Poisson d’Avril

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Poisson d’Avril

Jonathan COLLINS

 

Poisson d’avril venait de montrer son nez tandis que Pierre pénétrait dans le somptueux manoir de ses parents. Il en avait hérité quelques jours auparavant et ceci était sa première visite. Son père était déjà mort deux ans auparavant et sa mère avait suivie deux ans plus tard, c’est à dire samedi dernier. Hier, c’était les funérailles et il n’avait ressentit aucune tristesse. Il avait presque sourit, heureux de les voir enfin tous les deux sous terre, morts. Aujourd’hui, il était riche ! Et il savait déjà ce qu’il allait faire de ce manoir. Ce sera fabuleux !

SIX MOIS PLUS TARD

Cassie appuya violemment sur les freins de son automobile, surprise par la voiture noire venant en sens inverse. Aujourd’hui, accompagné de sa copine Nancy, elle se rendait au manoir hanté. Elle avait réussit à réserver l’endroit pour deux jours. Deux autres amis les suivaient derrières et faillirent les emboûtire. Cassie crut voir le poing de Jean - Claude surgir de la vitre. Puis, il sembla que lui et Benoît éclatèrent de rire.

- De vrais garçons ! commenta Nancy en reposant son regard sur la route. Cassie démarra et ils continuèrent leur chemin. Derrière elles, Jean - Claude klaxonna.

- Ce qu’il peut être con des fois ! soupira Cassie en secouant la tête. Je ne sais pas ce que j’ai fait pour me retrouver avec lui !

- Dis - toi que tu n’as pas Benoît au moins ! répliqua Nancy en blague. Je dois l’endurer à longueur de journées à la maison !

Soudain, surgissant de nulle part, le manoir apparut devant leurs yeux. C’était un imposant bâtiment de pierres de trois étages d’où les multiples fenêtres réfléchissaient les rayons du soleil. Il était tout en haut d’une montagne dont la pente prononcée aboutissait à une abrupte falaise.

- Woah ! Super ! T’as vu ça ? Incroyable !

- On va avoir ça seulement pour nous quatre ! Fantastique ! Et en plus, il est hanté !

Cassie frisonna à la remarque de Nancy qui semblait exitée d’arriver. Elle stationna le véhicule près de la porte et en sortit à toute vitesse pour voir de près l’établissement resplendissant.

- Ça n’a vraiment pas l’air hanté ! Je croyais que ça allais être vieux et pourri. Mais ce bâtiment a l’air neuf !

Les deux garçons arrivèrent à cet instant.

- C’est chic comme endroit ! Et t’as pu avoir ça pour deux cents dollars ?

- Ouais ! Super non ? Une véritable aubaine !

- Entrons ! s’exclama Nancy. Je veux voir de quoi ça a l’air à l’intérieur.

Benoît alla ouvrir la grande porte et fît entrer les deux jeunes filles puis dépassa Jean - Claude en le repoussant. Celui - ci grogna et entra à son tour. Benoît rit par l’apparence de Jean - Claude. Il semblait découragé.

Une femme vêtue d’une robe noire leur apparût. Elle semblait terrorrisée.

- Oh ! Partez ! Partez le plus vite possible avant qu’il ne vous tue ! Faîtes - vite !

Et l’inconnue repartit en un pas rapide par la porte de bois. Tout le monde se regarda et Nancy éclata de rire.

- Formidable ! C’est le premier avril et on est dans une maison hantée ! Cette femme était une actrice de l’endroit !

C’est alors qu’apparut un homme, vêtu d’un complet noir. Et dans sa main, il tenait un couteau de boucher sanglant. Une mince coulée de sang avait sèché sur son menton et il la frotta du mieux qu’il le pouvait. Une fois que cela fût fait, il s’essuya sur son veston et descendit les escaliers d’un pas rapide. Cassie voulue faire demi - tour mais Nancy la retint en disant d’une voix ricaneuse :

- C’est une mise en scène ! Aurais - tu peur par hasard ?

- Bienvenue chers invités, à mon manoir ! Si vous voulez bien me suivre, je vais vous conduire à vos chambres.

La bande le suivit, amusée.

Les pas de l’homme claquaient sur les marches de l’escalier tandis que, du bout de son doigt, allumait chacune des chandelles. Cassie était terrorrisée.

- C’est incroyable ce que la technologie d’aujourd’hui peut faire hein ?

- Nancy, veux - tu te la fermer ! Je n’ai pas besoin de commentaires à chaque évènement ! Tu m’énerves !

- Okay, okay ! N’empêches que j’ai raison !

Cassie soupira. La bande arriva aux chambres 204 et 205.

- Voilà, bon séjour ! fît l’homme.

- Je vais retourner en bas chercher les valises. fît Jean - Claude. Vous venez ?

- Oui. Je veux prendre une dernière bouffée d’air avant que ça ne commence.

- Je suis désolé, mais vous ne pouvez pas sortir...les portes sont vérouillées...vous êtes mes prisonniers.

- Quoi ? s’exclama Nancy, pour la première fois indignée. J’ai mes vêtements dans la voiture ! Et ma trousse de maquillage...vous nous séquestrez présentement monsieur ! C’est un crime !

- Et alors ? Vous ne pourrez pas le reporter puisque vous ne sortirez plus jamais d’ici.

- Ah non ! Il n’en est pas question !

Nancy tenta de contourner l’étranger mais celui - ci la retint de son bras ferme.

- N’essayez pas de partir ou je vais être obligé de voua tuer.

- Suffis les enfantillages ! Redonnez - nous notre argent ! Nous avons le droit de sortir si nous voulons !

L’homme plongea sa main dans sa poche et en ressortit un pistolet. Il pointa le canon sur Nancy et appuya sur la détente, faisant résonner le coup dans toute la maison. Le sang gicla tandis que la jeune fille tombait à la renverse dans les escaliers, déboulant marche après marche.

- NON ! NANCY ! hurla Cassie en tendant le bras pour la rattraper. Mais le maître de l’endroit la retint et la projeta sur le sol.

- Tu restes ici et tu passes ces foutus deux jours ici comme prévu ! Est - ce bien clair ? Je te rembourserai le prix de ton amie tantôt...le temps de la transporter à la cave...

Cassie se boucha les yeux de ses deux mains tremblantes.

- Non...non...

L’homme descendit les marches mais Jean - Claude fonça dessus et le poussa. L’espace d’un instant, Cassie crût qu’il allait reprendre l’équilibre mais ce ne fût pas le cas. Le maître d’hôtel déboula les marches deux à deux jusqu’à ce qu’il atterrisse en bas en un craquement sinistre - un son que Cassie n’oubliera jamais.

- C’est fini...c’est fini..

C’est à cet instant que Nancy fît apparition devant Jean - Claude.

- Qu’as - tu fait imbécile ! Ce n’était qu’une blague ! Un poisson d’avril ! Et tu viens de tuer mon oncle !

- Quoi ? Tu te fiches de moi !

- Non ! Tu as tué mon oncle ! Tu l’as tué enfant de pute !

Elle lui envoya de violents coups à la poitrine. Benoît la tira vers l’arrière, l’empêchant d’atteindre Jean - Claude.

- Il a tué mon oncle le salaud ! Retenez - moi où je le tues !

Cassie se plaça entre ses deux amis et d’une voix tremblante dit :

- Que faisons - nous avec le corps maintenant ?

Nancy s’arrête brusquement, surprise par la question.

- Quoi ? Tu ne veux pas appeller la police ?

- Pour que Jean - Claude soit inculper pour meurtre ? Jamais de la vie Nancy ! Un coup parfait pour que l’on se retrouve tous en cour !

- Alors, commença Benoît, ammenons - le à la cave. C’est le seul endroit où...

Il fût interromput par un cri venant du hall d’entrée.

- Oh non ! J’espère que personne n’est entré dans le manoir et a vu le cadavre sur le plancher !

Tout le monde descendit à pleine vitesse et ils durent effectivement s’appercevoir qu’une femme était là, la même que tantôt, celle vêtue de noire. Son regard croisa celui de Cassie qui détourna les yeux, terrorrisée par ce qui se passait.

- Vous l’avez tué...non ! C’était une blague...

- Nous ne savions pas...je...

- Meurtriers ! hurla la femme. Je vais prévenir les autorités et ils vont vous mettre au cachot bande d’imbéciles !

C’est alors que Benoît s’empara du pistolet et tira. La balle alla toucher la jambe de la femme qui s’écroula sur le sol.

- Vous, vous restez là ! Il n’est pas question que vous alliez prévenir la police !

Il alla à la hauteur de la femme et, sous le regard horrifié de Cassie, lui tira dans la tête.

- NOOOOOOONNNN !!!!!!! hurla Cassie. Elle grimpa deux à deux les escaliers, poursuivit par Jean - Claude qui tentait de l’attrapper.

- On ne peut faire autrement Cassie ! Cette femme va nous foutre dans la merde ! Reviens !

Mais Cassie ignorait les cris de son petit ami et continua à courir. Mais, ne regardant pas où elle allait, elle fonça sur quelqu’un et tomba sur le sol.

- Ouch !

Elle leva les yeux vers l’étranger et tomba face à face avec ses parents.

- Coucou chérie ! Poisson d’avril !

- Hein ?

C’est alors que ses trois amis, la femme et le maître du manoir apparurent.

- POISSON D’AVRIL !

- C’était une mise en scène ! s’exclama Cassie furieuse.

- Eh oui ! Super non ? Un excellent poisson d’avril n’est - ce pas ?

- Ce n’est pas drôle ! J’ai eu la peur de la vie !

- Oh ! Attendez...j’ai oublié quelque chose ! s’exclama le maître du manoir en entrant dans la chambre 209.

Il en ressortit avec un immense gâteau d’où des chandelles brillaient.

- Puisque c’est ton anniversaire mercredi, on a pensé te fêter maintenant !

Cassie remarqua que l’homme était étrange. Il semblait attendre...attendre quoi ?

C’est alors que, subitement, il y eût une violente explosion. Une bombe dans le gâteau ! Les flammes allèrent calciner le visage de l’inconnu et du même coup, celui de Nancy. Les deux corps tombèrent sur le sol.

Cassie sourit malicieusement et, tout en se levant dit :

- Poisson d’avril ! On se reverra en enfer !

FIN

 

Texte © : Jonathan COLLINS.


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