Lune Rouge

Histoire des effets spéciaux

Par : Cyril Conforti , Lionel Allorge

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Essai d’histoire des effets spéciaux dans le cinéma occidental.

Attention : Ce texte est provisoire

Vos remarques et corrections sont les bienvenues.

Histoire des effets spéciaux :

-  Premier effet spécial : le cinéma lui-même qui utilise le principe de la persistance rétinienne pour tromper l’oeil et donner l’impression d’un mouvement à partir dune série d’images fixes.
L’invention du cinéma est faite par les frères Auguste et Louis Lumière à Lyon en 1895. Le premier film est "La sortie des usines Lumière". Voir Le cinématographe Lumière

-  Premier film qui n’est pas un documentaire et donc avec une histoire inventée de toute pièce (on dira plus tard un scénario) : "L’arroseur arrosé" de Louis Lumière. Certains historiens pensent que le premier film : "La sortie des usines Lumière" était déjà "mis en scène" par les frères Lumière.

-  Premier effet filmé : les frères Lumières filment de nombreuses choses dès les débuts de l’invention du cinématographe. Un jour, le film de la destruction d’un mur est projeté à l’envers, le film ayant été monté dans le projecteur par la fin. A la stupeur des spéctateurs, le mur semble se reconstruire à partir d’un tas de gravats. (J’ai lu cette anecdote quelque part mais je n’arrive pas à retrouver où...).

-  Pathé finance le premier film en décor artificiel en 1896.

-  Le Cinéorama-Ballon de Grimoin-Sanson est le premier à présenter des films sur un écran à 360 degrés, à l’Exposition universelle de 1900.

-  Mélies filme les meilleurs numéros de prestidigitation de son théatre Robert Houdin. Un jour, alors qu’il filme dans une rue, il arrête la caméra puis la relance. Il découvre à la projection que l’ambulance qui passait est remplacée soudainement par un corbillard. Il découvre ainsi les possibilités de permutations du cinéma par rapport à la prestidigitation.

-  Très vite, c’est le maquillage des acteurs qui est l’effet le plus utilisé (dans tous les films ou presque), pour corriger l’aspect de la peau en fonction de la pellicule choisie et de l’eclairage mais aussi pour masquer les défauts de la peau.

-  Dessin animé :
C’est en 1908 qu’apparait le premier véritable dessin animé : Fantasmagorie, série produite par le français Emile Cohl. Le premier dessin animé, qui marque les esprits, est celui de l’américain MC Cay, Gertie le dinosaure. Pour réaliser ce dessin animé, Mc Cay mit en scène un dinosaure face à un dompteur : il incarnait lui-même le dompteur, en chair et en os, mimant devant l’écran où Gertie seul évoluait. Gertie le dinosaure semblait lui obéir, réagir à ses ordres...et avalait même une citrouille que le dompteur lui lançait ! À la fin du film, le dompteur entrait dans l’écran et était emmené sur le dos de Gertie. Le film obtint un succès immense.
Face à ce type d’animation "lourde", qui autorise un dessin d’un réalisme étonnant, mais qui, nécessitant beaucoup de temps de travail, ne peut se faire que dans le cadre industriel de grands ateliers comme ceux de Disney, on trouve un grand nombre de techniques légères et peu coûteuses. La plus simple consiste à transformer, image par image, des dessins effaçables réalisés au pastel, à la craie ou avec diverses poudres ( comme le sel de cuisine). Une autre technique consiste à animer des éléments découpés dans des matières telles que papier, métal, carton, tissu. Il n’y a aucune raison de sous-estimer ces procédés apparemment rudimentaires : le résultat dépend de la créativité dont montre la réalisation. Mais il est aussi des techniques qui témoignent en elles-même d’une réelle inventivité : l’écran d’épingles, imaginé par le Français d’origine Russe, Alexandre ALEXEIEFF. Ce procédé consiste à modifier les ombres portées sur un écran de milliers d’épingles fichées dans un cadre alvéolé, en les enfonçant plus ou moins. Esthétiquement, l’intérêt de l’écran d’épingles est qu’il donne à l’image un aspect de gravure, art qu’aimait tout particulièrement ALEXEIEFF ; une nuit sur le mont chauve (1933), d’après MOUSSORGSKI, est sa plus grande réussite.
Ainsi encore, l’animation sans caméra, par travail direct sur la pellicule. L’invention en est parfois attribuée au Néo-Zélandais Len Lye, avec son color box. Mais c’est le Canadien Norman McLaren, chef du service d’animation (à partir de 1943)de l’office nationale du film du Canada, qui a fait de ce procédé un genre à part entière : non seulement parce qu’il en a exploré toutes les possibilités-dessin ou peinture sur une pellicule transparente (préalablement nettoyée de sa gélatine) ; grattage puis teinture sur une pellicule noire (préalablement exposée et développée) ; dessin respectant ou non le découpage en photogramme ; création du son par grattage de la piste optique-, mais aussi parce qu’il en a tiré les meilleurs résultats esthétiques, suscitant de la sorte de nombreux émules, notamment en Amérique Latine.

-  la technique de la transparence (ou rétroprojection) : ???

-  Arrivée du sonore en 1927, avec le film "Le chanteur de jazz" (The Jazz Singer), qui met au chômage de nombreux acteurs dont la voix passe mal.

-  Willis O’Brien crée des personnages animés image par image pour des films comme "Le monde perdu" (The Lost World) en 1925 et "King Kong" en 1933.

-  Arrivée de la couleur mise au point séparement par les allemands et les américains pendant la seconde guerre mondiale. De nombreux films documentaires, tournés pendant la guerre, le seront en couleur.

-  Front projection ?

-  Ray Harryhausen perfectionne les techniques d’animation image par image (Stop motion) et devient célèbre pour ses animations de créatures et de squelettes dans des films comme "Le Septième voyage de Sinbad" en 1958 et "Jason et les Argonautes" en 1963.

-  "2001 l’Odysée de l’espace" en 1968 présente les premières images réalistes de la conquête de l’espace. Les maquettes sont fixes et c’est la caméra qui bouge pour simuler le mouvement du vaisseau car les maquettes sont très grosses et très lourdes.

-  En 1977 "La guerre des étoiles" innove avec des scènes de combat entre vaisseaux spaciaux très dynamiques, inspirées par les batailles aériennes de la seconde guerre mondiale. Les maquettes sont filmé à l’envers, la tête en bas. La raison est la suivante, les cables se trouvent en bas de l’image (après avoir redressé le cadrage), le cerveau humain ne fait pas la colération entre les cables et le fait que les maquettes sont en faite suspendu.

-  Avec l’argent de "La guerre des étoiles", Georges Lucas crée son propre studio de tournage : le "Skywalker ranch", et la société d’effet spéciaux "Industrial Light and Magic (ILM)". Les inovations donnent le son THX et une nouvelle génération d’effets spéciaux d’abord classiques (animations, maquettes) puis numériques.

-  Mise au point de la caméra à mouvement contrôlé (motion control) qui permet de filmer plusieurs fois de suite exactement le même mouvement et ainsi de faire des incrustations d’objets comme des maquettes. C’est dans le film "Faux semblant" (1988) que cet outil sera très utilisé afin de simuler la présence de jumeaux joués par le même acteur.

-  Utilisation d’un système de projection frontale et d’une perspective forcée dans "Outland" en 1981 sous le nom de "Introvision". Avantage, l’ensemble de l’effet est directement réalisé en studio sans avoir recours à la post production. Le système ne perce pas.

-  "Evil Dead" en 1981, premier film de Sam Raimi, est une des réussites du film d’horreur. Ayant des moyens financiers très limités, les effets spéciaux sont très inovants, et aussi notamment des effets de caméra très complexes réalisés souvent à la main ou a moto ce qui valu un accident à l’acteur principal Bruce Campbell, qui lors du tournage fut percuté par la moto qui emportant le réalisateur/caméraman pour un travelling qui devait parcourir des bois, traverser une maison et se finir sur le visage de l’acteur pour le plan final.

-  Phil Tipet continue dans l’innovation du Go motion avec "Le dragon du lac de feu" (Dragonslayer) en 1981. Le dragon est une animation image par image assisté par ordinateur. Chaque axe de la marionette est assisté d’un léger moteur qui bouge au moment de la prise de vue.

-  "Tron" en 1982 présente 15 minutes d’images entièrement de synthèse. Une prouesse quand on considère qu’il s’agit deux société différentes qui se sont chargés des effets 3D (Magi et Triple I).

-  En 1983, "Le retour du Jedi" contient le plan d’incrustation optique à ce jour le plus complexe à ce jour losrque des dizaines de vaiseaux de l’alliance sont attaqués par de nombreux TeeFighters impériaux. On y trouve aussi le premier effet 3D incrusté dans un film avec les plan de l’étoile noire sous forme d’hologramme. Auparavant, d’autres présence de la 3D existent mais chacun a sa spécificité, c’est le cas de Tron.

-  "Le secret de la pyramide" (Young Sherlock Holmes) en 1985 présente le premier personnage virtuel dans un film. Une partie d’un vitrail représentent un soldat en armure du moyen age se détache et devient un guerrier en deux dimensions. Création numérique de ILM.

-  Mise au point par Phil Tippet du principe de Go Motion, animation image par image avec ajout de flou de mouvement pour "Robocop" en 1987. Phil Tippet pousse le vice à faire bouger ses maquettes durant la prise de l’image. L’animation parait alors légèrement floue et est donc fluide.

-  "Willow" en 1988 de Ron Howard est un fim fantastique qui comporte beaucoup d’effets spéciaux mais l’un d’eux est le précurseur d’un effet qui va devenir à la mode au début des années 90, le morphing. A l’image, le spectateur va voir une sorcière se transformer en tortue, en tigre, en autruche et enfin en femme sans coupure apparente.

-  "Abyss" de James Cameron en 1989 présente la première créature 3D nom mécanique avec un bras animé formé d’eau de mer qui duplique le visage des principaux acteurs.

-  "Terminator 2" de James Cameron en 1991 présente un robot liquide pouvant prendre forme humaine. La forme humaine est jouée par l’acteur Robert Patrick mais les parties liquides, métaliques ou plastiques sont faites en 3D par ILM. On se rapproche d’une animation d’une forme humaine.

-  "Braindead" de Peter Jackson en 1992 reste un des sommets du cinéma gore par son accumulation de scènes d’horreur sanguignolentes tout en conservant un humour décalé permettant de ne pas prendre tout cela trop au sérieux. Une vraie réussite dans un genre qui dérive généralement vers le sordide.

-  "Jurassic Park" de Steven Spielberg en 1993 montre les premiers animaux, des dinosaures, numériques et photoréalistes. Les dinosaures avaient 2 avantages par rapport à d’autres animaux. D’abord une peau type cuir assez facile à reproduire et aussi le fait que personne ne les ai vu vivant !
"Jurassic Park" présente un tournant dans l’histoire des effets spéciaux. A partir de ce jour, les effets numériques prennent le dessus et vont remplacer avantageusement de nombreuses techniques comme l’animation image par image, les incrustations, les mattes paintings, mais aussi le montage virtuel.

-  "Toy story" de John Lasseter en 1995 est le premier film entièrement numérique. Les humains du film sont encore assez grossiers mais les jouets, de par leur textures plus simples, sont très bien reproduits. Le studio Pixar, en association avec Disney, rencontre son premier succès. Ce n’est toutefois pas la fin de l’animation traditionnelle qui va continuer d’exister tout en intégrant des effets numériques.

-  "Jumanji" de Joe Johnston en 1995 présente les premiers mamifères virtuelles avec singes, élephants, rhinocéros... Les singes sont particulièrement difficiles à obtenir à cause de leur fourure difficile à reproduire par logiciel.

-  "Star wars Episode 1" de George Lucas en 1999 présente de nombreuses créatures virtuelles dont le mal aimé Jar Jar Binks. Les décors ne sont construit qu’en partie, les 3 premiers mètres environ, tout le reste étant développé en numérique ce qui posera un énorme problème lors de l’arrivée de l’acteur Liam Neeson, très grand, et dont l’équipe technique n’avait pas pris en compte la taille. Il fallu alors, à la hate, réhausser certains décors.

-  "Matrix" des frères Wachowski en 1999 est un film qui proposa une histoire basée sur un monde virtuel et des effets spéciaux spectaculaires. Même si l’histoire est inspirée de certains mangas et les effets spéciaux dit de Bullet Time avaient déjà été utilisés dans des publicités, l’ensemble forme un tout cohérent qui a beaucoup marqué. On le voit au nombre de films amateurs et pro. qui s’en sont inspirés.

-  "Final Fantasy" en 2001 est un film d’animation 3D qui présente les premiers humains photoréalistes dans un film entièrement numérique. Le scénario faible et largement copié sur "Aliens" fera de ce film un échec.

-  "Star wars Episode 2" de George Lucas en 2002 présente de nombreuses créatures virtuelles et des décors de plus en plus virtuels. De nombreuses scènes ont été tournées dans un décor dont les murs et le sol sont peint d’une couleur uniforme (typiquement bleu ou vert) et les acteurs doivent jouer dans le vide. Le décor est entièrement crée sur ordinateur ainsi que de nombreux personnages. C’est aussi le premier film à être tourné avec de nouvelles caméras numériques haute définition. Toutefois, le film français "Vidocq" de Pitof, dont le tournage démarra après, fut le premier film de ce type à sortir sur les écrans. Ces nouvelles caméras numériques annoncent un avenir proche où l’ensemble de la création cinématographique se fera sur un support numérique, de la rédaction du script sur un traitement de texte jusqu’à la projection via un projecteur numérique. L’abandon du film chimique va permettre une simplification des tournages, avec des caméras moins gourmandes en lumière, plus petites et faciles d’emploi, des films moins polluants, sans compter la possiblité de vérifier immédiatement la qualité des plans tournés.

-  "Terminal Damage" : Les effets spéciaux amateurs qui tuent ! smiley


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