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Kaluchua - Cultures, techniques et traditions des sociétés animales

Par : Lionel Allorge

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Kaluchua - Cultures, techniques et traditions des sociétés animales est un livre du journaliste Michel de Pracontal, publié aux éditions Le Seuil dans la collection « Science ouverte » en 2010.

Il y décrit une série d’observations par des scientifiques qui permettent de penser l’existence de cultures animales, c’est-à-dire le passage d’informations entre les générations successives qui ne se fasse pas par la génétique [1]

Le livre présente ces différentes observations. Voici le résumé des chapitres :
1. L’invasion silencieuse de la primatologie japonaise
Ce chapitre montre les difficultés qu’ont les scientifiques à accepter existence de cultures animales, en opposition avec la culture populaire qui prête facilement aux animaux des comportements humains.
2. Mémoire de brebis
Ce chapitre détaille le comportement des montons de race Herdwick, des montages du sud de l’Écosse, qui sont hefted c’est-à-dire qu’ils connaissent les dangers et les abris de leurs pâturages habituels et les mères les enseignent à leurs petits sans que les fermiers ne s’en occupent. « Le hefting n’est pas génétique, c’est un comportement appris » précise Geoff Brown le secrétaire de l’association des éleveurs de Herdwicks.
3. Vols en série à Swaythling
Dans le village anglais de Swaythling ( smiley) en 1921, des mésanges bleues (Cyanistes caeruleus) découvrent qu’elles peuvent percer la capsule des bouteilles de lait déposées chaque matin devant les maisons des habitants et ainsi en boire la crème. Ce savoir se transmet progressivement dans toute la région puis à toute l’Angleterre en 1949. Le phénomène fut étudié par les éthologues James Ficher et Robert Hinde ( smiley) qui conclut que le vol de lait « a commencé avec un petit nombre d’individus et la grande majorité des mésanges l’ont appris de leurs congénères d’une manière ou d’une autre ».
4. Révo cul chez les macaques
Ce chapitre présente les observations de Kinji Imanishimacaques qui découvrent qu’ils peuvent nettoyer des pommes de terre qui leur sont apportées dans l’eau de mer. Cette habitude se transmets dans le groupe de proche en proche. Kinji Imanishi est le premier scientifique à proposer cette notion de transmission du savoir animal par la culture et fabrique le néologisme «  Kaluchua » à partir de la prononciation japonaise du mot culture.
5. Une nouvelle façon d’étudier le comportement animal
Jane Goodall est l’une des trois femmes engagées par le zoologue Louis Leakey pour étudier les grands singes dans leur milieu naturel. Elle est chargée d’étudier les chimpanzés de la région du lac Tanganyika en Tanzanie. Elle découvre l’utilisation d’outils, des baquettes de bois pour aller chercher les termites, dont le maniement est enseigné par les adultes aux petits. Elle déclare : « Il semble donc probable que l’usage des baguettes, branches et feuilles [...] représente une série de traditions culturelles primitives passées d’une génération à l’autre dans la zone du fleuve Gombé ».
6. La soif du mal
Ce chapitre passe en revue la « théorie du singe tueur », qui tente d’expliquer l’agressivité humaine par le fait que l’homme serait un singe chasseur, proposée par l’anthropologue australien Raymond Dart en 1925 et son parallèle avec le comportement très agressif de rats mis en présence d’un rat venant d’un autre groupe.
7. La résistible ascension du singe nu
Le zoologue britannique Desmond Morris avec son livre Le singe nu parru en 1967 invite les scientifiques à penser l’homme comme un simple animal qu’il faut étudier comme tel mais il ignore les cultures animales.
8. Pacifiques babouins de Pumphouse
Les travaux de anthropologue américaine Shirley Strum sur les babouins du Kenya à partir de 1972 lui permettent de mettre en évidence le fait que les babouins sont des animaux sociaux organisés non pas autour d’un mâle dominant mais autour d’un groupe stable de femelles ce qui contredit « théorie du singe tueur ». Pour arriver à leurs fins, les mâles doivent utiliser des stratégies complexes qui varient au fil du temps.
9. Grandeur et limites de l’esprit de Sarah
Sarah est une femelle chimpanzé étudiée par Anne et David Premack (en) à qui ils enseignèrent des rudiments de langage grâce à des mots en plastique. Ils mirent en évidence une capacité à l’abstraction mais avec de nombreuses limites comme l’incapacité de construire une phrase ou de poser des questions.
10. Le casse-noix de Taï
Ce chapitre présente les découvertes de Christophe et Hedwige Boesch sur l’utilisation de pierres pour casser des noix de panda (Panda oleosa) par des chimpanzés sauvages dans la forêt de Taï en Côte d’Ivoire. Ces noix son très résistantes et les enfants mettent sept ans, au contact de leur mère, avant d’en maîtriser l’ouverture. Il faut en effet réunir 3 éléments pour réussir : une enclume, la noix et un marteau. Le singe doit donc mémoriser les emplacements de plusieurs pierres dans l’espace pour aller chercher celle qui se trouve la plus prêt. Un autre groupe de chimpanzés à moins de 30 kilomètres de là ne pratiquent pas cette technique. Les deux scientifiques décrivent l’utilisation de 26 sortes d’outils différents, généralement liés à l’alimentation.
11. Scènes de chasse en forêt
Les mêmes scientifiques ont étudié les techniques de chasse en groupe des chimpanzés contre les colobes qui demandent des années d’apprentissage et sont spécifiques aux singes de cette forêt. Il faut prêt de trente ans pour que les manœuvres les plus sophistiquées soient maîtrisées. Le partage des proies est fonction de la participation de chacun à l’action de chasse.
12. Le chien descend-il de l’homme ?
Les chercheurs en psychologie Brian Hare et Michael Tomasello ont> fait le point sur les travaux récents qui montrent que le chien déchiffre la communication humaine aussi bien qu’un petit enfant et bien mieux qu’un chimpanzé. Il est notamment capable de comprendre où est caché de la nourriture qui lui est désignée par un humain d’un simple regard. Le chimpanzé ne réussit pas de tels tests alors que son intelligence est supérieure à celle du chien. Leur hypothèse est que l’homme a contrait le chien à évoluer en s’humanisant.
13. Communication
Toujours dans la forêt de Taï, ce chapitre décrit les communications des chimpanzés par les sons, qu’il s’agisse de vocalisations ou de coups sur des arbres. Ces sons peuvent leur servir à indiquer la direction à prendre pour la troupe. Leur cri, le « hululement haleté » (panthoot) est spécifique de chaque chimpanzé mais à la disparition d’un des chefs, un autre peut reprendre le cri de son prédécesseur. L’étude précise de ces cris par Christophe Boesch et Catherine Crockford permet de mettre en évidence l’existence de dialectes dans les différentes communautés.
14. L’école des suricates
Les suricates sont des mangoustes du désert du Kalahari qui ont développé un enseignement pour leurs petits de la manière de tuer les scorpions venimeux en leur présentant d’abord des scorpions morts, puis des scorpions vivants mais a l’aiguillon arraché. Il semble donc que les « professeurs » savent analyser si leur « élève » à compris sa leçon.
15. Une leçon de casse-noix
Ce chapitre présente le cas d’une mère chimpanzé qui montre à sa fille comment tenir un gourdin pour casser des noix. Selon certains scientifiques il n’y a pas véritablement d’enseignement mais simplement une redécouverte de la bonne méthode par chaque singe. Mais une expérience avec des singes du zoo de Berlin ignorant les techniques de casse à qui ont avait mis à disposition tout le matériel nécessaire a montré qu’ils étaient incapables de retrouver la bonne méthode par eux-même.
16. Controverse sur la « théorie de l’esprit »
Un désaccord entre scientifiques sur la « théorie de l’esprit » des grands singes apparaît entre ceux qui étudient ces animaux en laboratoire, dans des conditions maîtrisées, et qui trouvent des limites importantes dans les capacités cognitives des singes, et ceux qui les étudient dans leur milieu naturel et qui découvrent aux contraire des facultés insoupçonnées notamment dans le cadre de la chasse coopérative qui implique d’anticiper les actions des autres membres du groupe.
17. Dans la peau d’un chimpanzé
Le chercheur Frans de Waal défend l’idée que des animaux comme les grands singes, les baleines, les dauphins ou les éléphants peuvent ressentir de l’empathie pour leurs proches qui va au-delà d’une aide mutuelle et qui suppose la capacité à se mettre à la place d’un autre. Notamment en cas de décès, Christophe et Hedwige Boesch rapportent des comportements de veille du défunt pendant plusieurs heures.
18. La position du missionnaire
Desmond Morris dans son livre Le singe nu présente la sexualité humaine comme monogame car mieux à même de perpétuer l’espèce, au contraire des grands singes, bien que les faits semblent le contredire notamment dans le cas de la « position du missionnaire » qui est une pratique culturelle et non innée.
19. Le bonobo et le puritain
L’étude des chimpanzés Bonobo, notamment par Frans de Waal montre que le sexe est une pratique sociale omniprésente et ne sert pas, la plupart du temps, à la reproduction mais à la gestion des conflits au sein du groupe.
20. La saga de Lingga
Certaines femelles Orang-outan abandonnent leur petit à la naissance notamment dans le cas de femelles élevées en captivité loin de leur mère et n’ayant pas eu de modèle familial. L’instinct maternel des Orang-outan semble donc acquis et non inné.
21. Charognard et cuisinier
Ce chapitre présente les hypothèses sur les ancêtres de l’homme actuel qui descendrait d’un ancêtre « homme charognard » ou d’un « homme cuisinier ».
22. La world music des baleines
Les baleines à bosse mâles utilisent un chant sous-marin pour attirer les femelles. Ces champs évoluent au cours du temps et un champ utilisé par seulement quelques mâles peut devenir majoritaire en quelques années. Le scientifique Hal Whitehead estime que « aucune cause génétique ou environnementale ne peut expliquer l’évolution continue des chants chez les baleines à bosse ».
23. Le rayonnement culturel du pinson de Darwin
L’étude des chants des mâles chez les pinson de Darwin montre qu’ils jouent un rôle dans la séparation des différentes espèces. En effet, selon les travaux des ornithologues Peter et Rosemary Grant (en), les pinsons chantent comme leur père et leur grand père paternel mais jamais comme leur grand père maternel ce qui devrait être le cas s’il s’agissant d’un caractère génétique. Quant à la femelle elle préfère les mâles qui ne chantent pas comme leur père. Ce chant permet aussi d’éviter les hybridations avec d’autres espèces.
24. Éloge de anthropomorphisme
Ce chapitre fait le bilan de la difficile acceptation par nombre de scientifiques de l’existence de cultures animales par rejet d’un possible anthropomorphisme.
25. Kaluchua
La notion de Kaluchua est remise en cause par les développements de la biologie et de la génétique qui cherchent à expliquer tous les comportements animaux (et même humains) par les gènes sans prendre en compte les nombreux exemples de transmission culturelle chez les animaux.


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